Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
- patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
aire d'étude de la région Ile-de-France
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Commune
Gif-sur-Yvette
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Adresse
9 square de la mairie
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Cadastre
1809
B
148
;
2015
CK
40
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Dénominationsmaison
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Précision dénominationmaison de villégiature, maison de plaisance
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Appellationschâteau de l'Ermitage, château de l'Hermitage
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Destinationsmaison
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Parties constituantes non étudiéesjardin
Gif était en 1821 un village de 738 habitants, desservi par l'une des routes de Chevreuse à Paris, au site remarquable, très propice à la villégiature. Il s’étirait le long de la vallée de l’Yvette, entre deux coteaux boisés. Oudiette signale le château de Button, reconstruit de 1756 à 1771, ainsi que la belle maison de campagne du hameau de Courcelles. C’est dans leur voisinage que le baron de Menneval, ancien premier secrétaire de Napoléon, acquiert une propriété en 1831 et, dans la perspective d’y aménager un grand parc, il achète aussi la « prairie » qui va jusqu’à l’Yvette. C'est là qu'il fait construire son "Ermitage".
L'Ermitage est labellisé Patrimoine d'intérêt régional.
Claude François de Méneval (ou Menneval, 1778-1850)[1], d’abord journaliste, devient secrétaire de Joseph Bonaparte, frère aîné de l’empereur, avant de prendre en 1801 les fonctions de secrétaire de portefeuille de Napoléon, puis de premier secrétaire. Il suit son maître dans toutes ses campagnes, et jusqu’à l’île d’Elbe. Il en est l’un des mémorialistes[2]. Retiré de la vie politique et publique à la chute de l’Empire, il est assigné à résidence dans sa maison de campagne de Vaucresson[3]. Il la revend en 1825 et acquiert en 1831 une propriété à Gif-sur-Yvette, au cœur du village. En 1835, il déclare une nouvelle construction[4] qu’il dénomme l’Ermitage. Elle vient remplacer un premier logis, qui longeait la rue et que le baron fait raser[5].
Méneval est conseiller municipal de Gif de 1831 à 1848. A sa mort, en 1850, le domaine est acheté par Louis Charles Debonnaire de Gif, maître des requêtes au Conseil d’État qui vient d’être mis à la retraite. Ce notable avait hérité du château de Button et l’avait vendu en 1835[6]. Il était passionné d’horticulture, ce qui explique la visite du parc en 1851 par Pierre-Denis Pépin pour le compte de la Société centrale d’horticulture de France, qui en publie une description détaillée[7]. Dessiné à l’anglaise, le parc couvre 20 hectares, bordés par deux rivières, la Mérantaise et l’Yvette. L’eau y coule à profusion et une « magnifique rivière anglaise » y a été aménagée. Les arbres, dont beaucoup d’essences américaines, produisent « des tableaux pittoresques où sont ménagés d’incomparables points de vue ». À l’eau et la vue, deux éléments incontournables de la villégiature s’ajoute le jardin d’utilité : pas moins de trois potagers couvrent un hectare. Ils sont fermés de murs le long desquels des espaliers produisent des fruits. On trouve même une treille « à la Thomery »[8]. Massifs de fleurs, orangers, légumes de toute sorte, rien ne manque. C’est au baron de Menneval que revient le mérite de cet aménagement puisque la visite a lieu un an après l’acquisition du domaine par Debonnaire.
La propriété est vendue en 1889 par la veuve de Debonnaire à Arthur Raffalovich, diplomate russe qui a joué un rôle central dans la diffusion des emprunts russes. Il passe de longs séjours d’été à Gif, comme l’atteste une lettre de sa main du 17 octobre 1898 qui commence de la façon suivante « Sur le point de rentrer à Paris pour l’hiver… »[9]. Après sa mort en 1922, la propriété est rachetée par l’industriel Léon Schulmann puis en 1929 par les frères Givaudan qui la vendent à la ville sous l’impulsion du maire Arthur Levasseur[10]. La mairie s’y installe en 1939.
Roselyne Bussière
[1] AM Gif-sur-Yvette, Le baron de Méneval, secrétaire de Napoléon 1er et le château de l’Ermitage à Gif, Catalogue d’exposition, reprographié, p. 41.
[2] Il publie entre autres : Sur le retour du général Bonaparte de l’Egypte, 1840, Récit d’une excursion de l’impératrice Marie-Louise aux glaciers de Savoie en juillet 1814, 1847, Souvenirs littéraires de l’Empire. Le secrétaire de l’empereur et son bibliothécaire, 1846.
[3] Marc Allégret, « MENEVAL Claude François, baron de l’Empire, dit aussi de Méneval (1778-1850), secrétaire intime de Napoléon (1802-1813) », Revue du souvenir napoléonien, n°457, fév.-mars 2005, pp. 67-68.
[4] AM Gif-sur-Yvette, 1 G 3 matrice des propriétés foncières, numéro 173.
[5] Elle est visible sur le cadastre napoléonien (1809, AD 91, 3P/805) et sur la carte d’état-major des environs de Paris (1818-1824, Géoportail).
[6] AM Gif-sur-Yvette, 2 Z 120, Mérault-Debonnaire.
[7] M. Pépin, « Notice sur l’Ermitage et les cultures de cette propriété appartenant à M. le Vicomte Débonnaire de Gif », Annales de la Société centrale d’horticulture de France, 1851, AM Gif-sur-Yvette, 2 Z 012. L.C. Débonnaire était l’un des membres fondateurs de cette société.
[8] Du nom du village de Thomery où en 1730 fut introduite la culture du chasselas conduit en treilles.
[9] AM Gif-sur-Yvette, 2 Z 012.
[10] https://www.ville-gif.fr/histoire-et-patrimoine/le-patrimoine-bati/chateau-de-l-hermitage.htm.
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Période(s)
- Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source
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Dates
- 1835, daté par source
La silhouette blanche de la maison qui se détache sur le fond boisé du coteau pourrait être l’archétype de la maison de campagne de l’époque de la monarchie de Juillet. Dans sa grande simplicité et son élégance, elle rappelle celles construites par l’architecte Charles Duval, notamment à Maisons-Laffitte à la même époque[1]. En effet, Duval affectionne les façades blanches et étagées, animées de niches allongées ou circulaires, et les toits aplatis. Les persiennes sont aussi systématiques chez lui[2].
Très habilement, l’architecte, dont on ignore le nom, utilise pour la composition de la façade sur jardin, un corps central en saillie très légère, dont l’axe est marqué par la porte du salon, la niche avec statue en pied et la niche circulaire de la pièce en belvédère du comble. La statue en pied est un moulage du « petit faune Borghese » dont on trouve maints exemplaires au XIXe siècle car il était exposé dans la Galerie Napoléon au Louvre[3]. Un étage de soubassement rachète la déclivité du terrain et la meulière rocaillée de l’escalier qui conduit au rez-de-chaussée surélevé de ce côté apporte une touche rustique. Les autres façades, y compris celle d’entrée, sont encore plus sobres.
Au sous-sol se trouvaient la cuisine et les caves. Au rez-de-chaussée, qui conserve ses dispositions d'origine et presque l'ensemble de ses portes et parquets, le vestibule dessert en face le grand salon, à droite un petit salon et la salle-à-manger et à gauche l’escalier[4] et deux petits salons. Les chambres étaient nombreuses : encore en 1938 on en comptait douze « à feu », c’est-à-dire à cheminée, dont trois « lambrissées » au dernier étage[5].
Comme il se doit, la propriété était close de murs et comportait deux grilles d’entrée, une sur la Grande rue, l’actuelle rue Henri-Amodru, et une sur la rue Alphonse-Pécard. Dans cet espace clos, les communs étaient importants : logement du concierge, écuries, serres et orangerie aujourd’hui transformés en cinéma et salle de réunion.
Roselyne Bussière
[1] Sophie Cueille, Maisons-Laffitte 1630-1930, Paris, Inventaire général du patrimoine culturel, Cahier du patrimoine, 2008, p. 90 à 106.
[2] Alors que Normand, dans la publication Paris Moderne (Paris, Bance, 1837), les ignore.
[3] Joseph Lavallée, Galerie du musée Napoléon, Paris, Gillé Fils, 1810, T. VII, n°474.
[4] Selon l’acte de vente de 1938. AM Gif-sur-Yvette, 513 W 167.
[5] Ibidem.
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Murs
- pierre moellon enduit (incertitude)
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Toitsardoise
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Plansplan rectangulaire régulier
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Étagesétage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
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Couvrements
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Élévations extérieuresélévation à travées
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Couvertures
- toit à longs pans croupe
- toit en pavillon
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Escaliers
- escalier de distribution extérieur : escalier symétrique en maçonnerie
- escalier dans-oeuvre : escalier en vis avec jour
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Techniques
- sculpture
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Représentations
- faune
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Précision représentations
La sculpture du Faune Borghèse est placée dans une niche sur la façade sud.
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Statut de la propriétépropriété de la commune
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Intérêt de l'œuvreà signaler
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Sites de protectionsite inscrit, abords d'un monument historique
Labellisé Patrimoine d'intérêt régional par la Région Île-de-France le 30 janvier 2025.
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
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Documents d'archives
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Archives municipales de Gif-sur-Yvette : 513 W 167
Acte de vente Mérault-Debonnaire, château de Button
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Archives municipales de Gif-sur-Yvette : 1 G 3
Matrice des propriétés foncières de Gif-sur-Yvette
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Archives municipales de Gif-sur-Yvette : 513 W 167
Acte de vente de 1938
Bibliographie
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Joseph Lavallée, Galerie du musée Napoléon, Paris, Gillé Fils, 1810
-
Bibliothèque nationale de France, Paris : 8-H-457
Charles Oudiette, Dictionnaire topographique des environs de Paris, jusqu'à 20 lieues a la ronde de cette capitale, Paris, chez l'auteur 1817, rééd. Paris J.-L. Chanson, 1821.
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"Le baron de Méneval, secrétaire de Napoléon 1er et le château de l’Ermitage à Gif", catalogue d’exposition, 1979
p. 41 -
Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine
Roselyne Bussière, Marianne Métais, et alii, Châteaux, villas et folies, Villégiature en Ile-de-France, Région Île-de-France, Lieux Dits Editions, 2024
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