Ce monumental portrait en pied, présenté au Salon des Champs-Elysées de 1894[1], a été réalisé alors que Juliette Adam avait 58 ans. Journaliste et écrivain depuis longtemps engagée en politique, veuve pour la seconde fois depuis presqu’aussi longtemps[2], Juliette Adam vit en femme libre et engagée. Elle dirige son journal, La Nouvelle revue, depuis 1879 et son salon, haut lieu politique et mondain, est toujours le rendez-vous des plus grands noms de la scène culturelle et politique. Dans ces années 1890, elle s’engage dans un féminisme plus affirmé en publiant des femmes et en écrivant elle-même sur leur place dans la société.
C’est une personnalité forte et sûre de sa position que représente Charles Henri Michel Franzini d’Issoncourt[3] (1862-1948[4]), « jeune et distingué portraitiste », élève de Cabanel[5].
[1] Le Figaro, « Hors Paris », 9 avril 1894, p. 4.
[2] Juliette Lambert épouse à 16 ans Alexis La Messine, avocat, qui décède en 1867. Elle se marie alors avec Edmond Adam, homme politique républicain, qui décède à son tour en 1877.
[3] Franzini par son père. Le nom d’Issoncourt, qu’il juxtapose à son nom de naissance, est celui de sa mère, Baudon d’Issoncourt.
[4] Avis de décès, L’avenir normand : hebdomadaire de la fédération communiste de Seine inférieure, 26 mars 1948, p. 3.
[5] Le Figaro, op. cit.
Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France