Édito

Service de l’Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Île-de-France

 

 

Découvrez la documentation la plus importante sur le patrimoine d’Île-de-France constituée par le service de l’Inventaire depuis 1982 : plus de 18.600 dossiers sur des bâtiments et objets, 200.000 photographies argentiques et numériques couvrant plus de 250 communes. Les dossiers d’inventaire rassemblent aussi bien des informations historiques que de nombreuses données concernant la description ; la datation et les matériaux des édifices ou des objets répertoriés. Ils se composent de photographies, de plans, de cartes, de reproductions de documents anciens et de cartes postales.

Ce portail donne accès à 3.600 dossiers documentaires. Vous pouvez également consulter les dossiers antérieurs à 2012 sur la Plateforme Ouverte du Patrimoine du Ministère de la Culture, POP, les bases nationales Mérimée pour les bâtiments et Palissy pour le mobilier.

 

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Service Patrimoines et Inventaire de la Région Île-de-France
Email : inventaire-patrimoine@iledefrance.fr
Tel. : 01 53 85 59 93

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Eglise Notre-Dame et Saint-Sulpice, place de l'Eglise, 12e-15e siècles. Vue de la façade occidentale.
Lumière sur

Sur la Seine et la Marne les loisirs nautiques et la baignade sont pratiqués dès la fin du XIXe siècle et connaissent un engouement croissant jusqu’au milieu du XXe siècle. Ainsi, des cercles nautiques liés à la pratique de l’aviron sont fondés à Meaux en 1882, à Lagny-sur-Marne en 1905 et à Melun en 1912 et plusieurs plages artificielles sont aménagées à partir des années 1930 afin de faciliter la baignade, à l’instar de la plage de Meaux-Trilport, qui connaît ses heures de gloire dans les années 1950. En 1970, la pollution de la Marne est devenue telle que la baignade y est interdite et la plage fermée au public – elle a depuis été reconvertie en hôtel. Au même moment, la ville de Meaux connaît une transformation urbaine conséquente à l’est du centre ancien avec la construction de la ZUP de Beauval par l’architecte Marcel Lods. Ce nouveau quartier répond à la démographie galopante des Trente Glorieuses : entre 1945 et 1975 la population de Meaux a triplé. Dès les années 1960, la municipalité envisage l’aménagement d’un vaste parc des sports afin d’équiper le quartier, en commençant par la construction de la première piscine couverte de la ville, en réaction à la fermeture de la plage de Trilport.

S’inscrivant dans la création d’une ZUP, la nouvelle piscine de Meaux doit répondre à des critères économiques stricts, être mise en œuvre rapidement et pouvoir faire face au probable accroissement du nombre d’usagers. C’est pourquoi la municipalité choisit de mettre en œuvre un plan-type agréé par le secrétariat d’Etat à la Jeunesse et des Sports. En effet, afin d’encourager la construction sportive, l’Etat met en place un système clé en main permettant la construction d’équipements en série. Entre 1966 et 1971, 66 modèles de piscines sont agréés par le ministère de la Jeunesse et aux Sports, dont la piscine dite PIAM, signée par les architectes Henri-Pierre Maillard et Paul Ducamp en collaboration avec l’ingénieur Michel Bancon. Les trois hommes, déjà responsables de la construction de la piscine de Melun (1960-1967), imaginent des « Piscines industrialisées à accroissements multiples » (PIAM) dont trois modèles différents font l’objet d’un agrément dès 1966. Les piscines sont pensées selon un mode de construction évolutif travée par travée permettant une extension postérieure du bâtiment. Les travaux, menés par la société GERPIAM, commencent en 1969 et sont achevés en 1972.

Edifiée sur une structure préfabriquée en béton, la piscine est particulièrement remarquable par sa façade scandée de sept travées de hauteurs différentes selon l’espace nécessaire à l’intérieur. Ce système de construction permet l’agrandissement futur de la piscine par l’ajout de modules. Les travées sont largement vitrées, accordant une place importante à la lumière naturelle et à la transparence du bâtiment. L’ensemble est couvert par une coque en berceaux en béton précontraint. Le décalage des travées en plan et en élévation, ainsi que le contraste du béton brut et du verre, constituent la signature esthétique des architectes, affirmant la modernité de l’équipement et sa valeur plastique. Cet effet est renforcé par la présence d’une rampe extérieure oblique en béton brut, contrebalançant la verticalité de la façade.

A l’intérieur, la piscine Georges-Tauziet comprend deux bassins, l’un de 25 m pour la natation, et l’autre de 20 m pour l’apprentissage, couverts par une charpente en bois lamellé-collé, figurant alors comme un matériau particulièrement novateur et apportant une teinte chaleureuse. L’ensemble reçoit un éclairage naturel abondant grâce aux baies vitrées mais également grâce aux panneaux translucides en polyester moulés qui forment la jointure des travées. Une mezzanine, accessible depuis la rampe extérieure et l’escalier intérieur, permet aux spectateurs d’obtenir une vue d’ensemble sur les bassins et de rejoindre les tribunes du bassin sportif. Enfin, les architectes ont accordé une grande attention au second œuvre, forçant les contrastes entre les parois de béton brut, les murs de cloison en briques, les panneaux de polyester, les vitres, et les menuiseries peintes de couleurs primaires.

Bien que la piscine Georges-Tauziet soit réalisée selon un plan-type, chacune des piscines PIAM est unique en son genre, chaque commune ayant pu faire adapter le modèle selon ses besoins, ses moyens financiers et le terrain disponible. Ainsi, en Île-de-France, des piscines PIAM ont été notamment réalisées à Orsay (91), à Bois-Colombes (92) et à Longjumeau (91), sans qu’aucune ne soit parfaitement identique. Parmi ces dernières, la piscine de Meaux est probablement l’exemple le plus abouti et le mieux conservé, et demeure l’équipement phare du complexe sportif Georges-Tauziet, lui-même site d’entraînement pour l’escrime et le breaking lors des Jeux olympiques de Paris 2024.

Vue d'ensemble, depuis l'avenue Salvador-Allende.