Fervente républicaine, Juliette Adam, ne cesse de déplorer la perte de l'Alsace et de la Lorraine à l'issue de la défaite de 1870. Bien qu'elle n'ait pas prêté ses traits, comme le veut la légende, à cette toute jeune Alsacienne, le peintre Jean Benner dédie son tableau à Mme Adam.
- patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
aire d'étude de la région Ile-de-France
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Commune
Gif-sur-Yvette
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Adresse
9 square de la mairie
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Cadastre
2015
CK
40
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Emplacement dans l'édifice
Salle à manger
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Dénominationspeinture
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Titres
- L'Alsacienne
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AppellationsJuliette Adam en Alsacienne
Militant pour une revanche contre l’Allemagne et la reprise de l'Alsace et de la Lorraine perdues, Juliette Adam[1] trouve en Jean Benner (1836-1906), originaire de Mulhouse, un pinceau ami. Il dédie cette jeune Alsacienne "à Mme J. Adam".
Le tableau est présenté au Salon de 1883 accompagné de ces vers :
Dédaignant caresse et menace,
Restant fidèle à mes amours,
Je conserve, quoi que l’on fasse,
Mon cœur à la France toujours.
(E. Ducros)
Le livret indique qu’il « appartient à M. G. Trèves »[2].
Benner a réalisé plusieurs œuvres liées à la guerre de 1870, notamment « A la France toujours », conservée au musée des beaux-arts de Mulhouse et représentant une jeune Lorraine très similaire à l’Alsacienne de Gif. Benner devait fréquenter le salon de Juliette Adam, comme tant d’autres artistes et écrivains.
[1] Elle publie notamment en 1907 un ouvrage qui justifie ses positions : Mes angoisses et nos luttes, 1871-1873, Paris, A. Lemerre.
[2] Société des artistes français pour l’exposition des beaux-arts de 1883, Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure des artistes vivants exposés au Palais des Champs-Elysées, Paris, E. Bernard et Cie, 1883.
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Période(s)
- Principale : 4e quart 19e siècle
- Principale
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Dates
- 1883, daté par source
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Auteur(s)
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Auteur :
Benner JeanBenner JeanCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Élève d'Isidore Pils (1815-1875) à l'école des beaux-arts de Paris. Il est le frère jumeau du peintre Emmanuel Benner (1836-1896).
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Auteur :
Sur un fond ocre, peint en aplat non uniforme, se détache une figure de jeune fille peinte à mi-hauteur qui se tient de trois-quarts, regard levé vers le ciel. Son bras droit relevé, elle tient près du cœur un petit bouquet composé de trois fleurs, un bleuet, une marguerite et un coquelicot, qui symbolisent la France et son drapeau, et auxquelles s'ajoute une fine tige, de graminée peut-être. La jeune fille, à la pose très digne, porte une étole noire sur ses habits traditionnels alsaciens, corset brodé sur une chemise blanche froncée au col et aux manches, et jupe sombre, violet foncé. Sa tête est couronnée du grand nœud apparu un peu plus tôt dans le siècle dans le centre de l’Alsace, le "Schlupfkàpp". La taille de la coiffe, assez réduite, et la couleur de la jupe sont celles des alsaciennes protestantes, comme l'était Benner. Les alsaciennes catholiques portaient une jupe rouge et une coiffe volumineuse, rouge ou blanche, fleurie ou à carreaux, brodée d'or ou de rouge[1], sauf bien sûr pendant le deuil. Or cette Alsacienne est avant tout une veuve, drapée dans son étole noire. Elle porte le deuil de la séparation d'avec la France dans un costume qui, augmenté de la petite cocarde, devient l'image stéréotypée de l'Alsace endeuillée.
La peinture est encadrée dans un cadre à décor de stuc.
[1] Marguerite Doerflinger, Le livre d’heures des coiffes d’Alsace : Wie s'Elsass unter d'Hüb kumme-n-isch" !, Strasbourg, Oberlin, 1981.
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Catégoriespeinture
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Structures
- encadrement
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Matériaux
- toile, peinture à l'huile
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Mesures
- h : 83 cm
- l : 67 cm
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Précision dimensions
Dimensions avec cadre.
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Iconographies
- deuil, allégorie, figure
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Précision représentations
Figure allégorique de l'Alsace endeuillée sous les traits d'une jeune fille en costume traditionnel de la région du Kochersberg.
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Inscriptions & marques
- dédicace, sur l'oeuvre
- signature, sur l'oeuvre
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Précision inscriptions
En bas à gauche :
A Mme J. ADAM
JEAN BENNER
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État de conservation
- bon état
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Précision état de conservation
Le cadre, qui n'est sans doute pas celui d'origine, en stuc doré, est très usé. Les manques sont nombreux.
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Statut de la propriétépropriété de la commune, l’œuvre a été offerte à la commune par les descendants de Juliette Adam.
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
Bibliographie
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Bibliothèque nationale de France, Paris : 8-LN27-53110
Juliette Adam, Mes angoisses et nos luttes, 1871-1873, Paris, A. Lemerre, 1907
Périodiques
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Aldo D’Agostini, « L’agency de Juliette Adam (1836-1936), des lieux, des rôles et des combats pour agir en politique », Rives méditerranéennes, n°41, 2012, revue en ligne.
Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
Maison de villégiature dite château de l'Ermitage
Adresse : 9 square de la mairie
Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France