Dossier d’œuvre objet IM91001785 | Réalisé par
Métais Marianne (Rédacteur)
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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  • patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton aire d'étude de la région Ile-de-France
  • Commune Gif-sur-Yvette
  • Adresse 9 square de la mairie
  • Cadastre 2015 CK 40
  • Emplacement dans l'édifice Salle à manger
  • Dénominations
    peinture
  • Titres
    • L'Alsacienne
  • Appellations
    Juliette Adam en Alsacienne

Fervente républicaine, Juliette Adam, ne cesse de déplorer la perte de l'Alsace et de la Lorraine à l'issue de la défaite de 1870. Bien qu'elle n'ait pas prêté ses traits, comme le veut la légende, à cette toute jeune Alsacienne, le peintre Jean Benner dédie son tableau à Mme Adam.

Militant pour une revanche contre l’Allemagne et la reprise de l'Alsace et de la Lorraine perdues, Juliette Adam[1] trouve en Jean Benner (1836-1906), originaire de Mulhouse, un pinceau ami. Il dédie cette jeune Alsacienne "à Mme J. Adam".

Le tableau est présenté au Salon de 1883 accompagné de ces vers :

Dédaignant caresse et menace,

Restant fidèle à mes amours,

Je conserve, quoi que l’on fasse,

Mon cœur à la France toujours.

(E. Ducros)

Le livret indique qu’il « appartient à M. G. Trèves »[2].

Benner a réalisé plusieurs œuvres liées à la guerre de 1870, notamment « A la France toujours », conservée au musée des beaux-arts de Mulhouse et représentant une jeune Lorraine très similaire à l’Alsacienne de Gif. Benner devait fréquenter le salon de Juliette Adam, comme tant d’autres artistes et écrivains.

[1] Elle publie notamment en 1907 un ouvrage qui justifie ses positions : Mes angoisses et nos luttes, 1871-1873, Paris, A. Lemerre.

[2] Société des artistes français pour l’exposition des beaux-arts de 1883, Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure des artistes vivants exposés au Palais des Champs-Elysées, Paris, E. Bernard et Cie, 1883.

Sur un fond ocre, peint en aplat non uniforme, se détache une figure de jeune fille peinte à mi-hauteur qui se tient de trois-quarts, regard levé vers le ciel. Son bras droit relevé, elle tient près du cœur un petit bouquet composé de trois fleurs, un bleuet, une marguerite et un coquelicot, qui symbolisent la France et son drapeau, et auxquelles s'ajoute une fine tige, de graminée peut-être. La jeune fille, à la pose très digne, porte une étole noire sur ses habits traditionnels alsaciens, corset brodé sur une chemise blanche froncée au col et aux manches, et jupe sombre, violet foncé. Sa tête est couronnée du grand nœud apparu un peu plus tôt dans le siècle dans le centre de l’Alsace, le "Schlupfkàpp". La taille de la coiffe, assez réduite, et la couleur de la jupe sont celles des alsaciennes protestantes, comme l'était Benner. Les alsaciennes catholiques portaient une jupe rouge et une coiffe volumineuse, rouge ou blanche, fleurie ou à carreaux, brodée d'or ou de rouge[1], sauf bien sûr pendant le deuil. Or cette Alsacienne est avant tout une veuve, drapée dans son étole noire. Elle porte le deuil de la séparation d'avec la France dans un costume qui, augmenté de la petite cocarde, devient l'image stéréotypée de l'Alsace endeuillée.

 La peinture est encadrée dans un cadre à décor de stuc.

[1] Marguerite Doerflinger, Le livre d’heures des coiffes d’Alsace : Wie s'Elsass unter d'Hüb kumme-n-isch" !, Strasbourg, Oberlin, 1981.

  • Catégories
    peinture
  • Structures
    • encadrement
  • Matériaux
    • toile, peinture à l'huile
  • Mesures
    • h : 83 cm
    • l : 67 cm
  • Précision dimensions

    Dimensions avec cadre.

  • Iconographies
    • deuil, allégorie, figure
  • Précision représentations

    Figure allégorique de l'Alsace endeuillée sous les traits d'une jeune fille en costume traditionnel de la région du Kochersberg.

  • Inscriptions & marques
    • dédicace, sur l'oeuvre
    • signature, sur l'oeuvre
  • Précision inscriptions

    En bas à gauche :

    A Mme J. ADAM

    JEAN BENNER

  • État de conservation
    • bon état
  • Précision état de conservation

    Le cadre, qui n'est sans doute pas celui d'origine, en stuc doré, est très usé. Les manques sont nombreux.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune, l’œuvre a été offerte à la commune par les descendants de Juliette Adam.

Bibliographie

  • Juliette Adam, Mes angoisses et nos luttes, 1871-1873, Paris, A. Lemerre, 1907

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 8-LN27-53110

Périodiques

  • Aldo D’Agostini, « L’agency de Juliette Adam (1836-1936), des lieux, des rôles et des combats pour agir en politique », Rives méditerranéennes, n°41, 2012, revue en ligne.

Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Métais Marianne
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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Édifice
Maison de villégiature dite château de l'Ermitage

Maison de villégiature dite château de l'Ermitage

Commune : Gif-sur-Yvette
Adresse : 9 square de la mairie
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