Dossier d’œuvre architecture IA95000579 | Réalisé par
Métais Marianne (Rédacteur)
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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  • patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
Maison de villégiature dite maison Raclet
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Philippe Ayrault, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton aire d'étude de la région Ile-de-France
  • Hydrographies Oise
  • Commune Jouy-le-Moutier
  • Adresse 23 rue Gabriel Lainé
  • Cadastre 1812 B 199  ; 2018 AC 170 (anciennement Grande rue)
  • Précisions
  • Dénominations
    maison
  • Précision dénomination
    maison de villégiature, maison de plaisance
  • Appellations
    Maison Raclet
  • Destinations
    maison
  • Parties constituantes non étudiées
    jardin, fabrique de jardin, allée, lavoir, kiosque, communs

La maison Raclet, labellisée Patrimoine d'intérêt régional, doit son nom à son dernier propriétaire, l'inventeur de la tente de camping en toile, avant que la commune n'en reçoive donation. La maison règne sur un vaste parc à fabriques qui descend jusqu'à l'Oise. A l'instar des plus aristocratiques maisons de plaisance, cette villa bourgeoise du XIXe s., qui gagne en dignité au fil des ans et des propriétaires, jouit ainsi d'un horizon spectaculaire.

Telle que nous la connaissons, la maison du parc Raclet a été édifiée dans la dernière décennie du XIXe s. Elle a connu plusieurs transformations, voire même plusieurs implantations.

La première mention d'une maison sur cette parcelle remonte à 1840, avec l'enregistrement d'une nouvelle construction[1]. La propriété, qui appartient à un certain Didier Goisier, résident à Jouy, se limite alors à la parcelle contigüe à la grande rue du village[2]. Ce premier bâtiment connaît différentes modifications et agrandissements dans la seconde moitié du XIXe siècle, sans que l'on puisse savoir en quoi ils ont consisté exactement.

En 1859, Ursin Chirade, originaire de Gien mais vivant de ses rentes à Jouy, achète la maison, où il vit avec sa mère[3]. On lui doit une "construction nouvelle" l'année même de l'acquisition de la parcelle[4]. En 1868, lui succède son cousin, Pierre Paul Chirade, vivant à Paris[5] où il possède probablement un commerce de vente d'œufs et beurre en gros[6]. Il entreprend un notable agrandissement de sa maison de campagne en 1869 et achète les parcelles permettant d'accroître le domaine jusqu'aux bords de l'Oise[7]. La propriété prend les dimensions que nous lui connaissons aujourd'hui.

La maison et son parc sont achetés en 1875 par le libraire-éditeur parisien François Aubry (1821-1878). Sa veuve en devient propriétaire en 1882 et une nouvelle augmentation de construction est indiquée cette année-là[8].

En 1890, Jules Henri Bonnaud (1846-1897), « propriétaire à Paris », achète le domaine. Il entreprend d’importants travaux de démolition et de construction dont les matrices rendent compte[9]. Ces modifications successives autant que l’analyse stylistique donnent à penser que la maison a pris à cette époque son aspect actuel. Une nouvelle maison est construite en 1894, puis un bâtiment annexe et une serre[10]. Jules Bonnaud, banquier[11] désormais rentier, venait d’épouser en secondes noces une dame Delafouge[12]. Devenue veuve, celle-ci possède la maison de 1899 à 1910. Plusieurs propriétaires se succèdent, tous parisiens[13]. En 1946 le négociant en toiles lourdes Charles Raclet (inventeur et développeur de la tente de camping et de la caravane-tente) achète le domaine, qui prend son nom. Le fils de Charles Raclet en fait don à la commune de Jouy-le-Moutier en 1987.

 [1] AD 95, 3P423, p. 6/287

[2] Parcelle B199

[3] AD 95, 9M 627-1861, p. 4/30 

[4] AD 95, 3P423, p. 10/287

[5] AD 95, 3P425, p. 65/270

[6] Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration, Firmin Didot frères, Paris, 1866, p. 200

[7] AD 95, 3P423, p. 12/287. Il s’agit des parcelles B197, 196 et 195.

[8] AD 95, 3P425, p. 65/270

[9] ibidem

[10] AD 95, 3P421, p. 53/76

[11] AM de Paris, V4E 2604, p. 24/31 : lors de son premier mariage, en 1873, il est « associé de banque ». Il divorce en 1885 et se remarie en 1887 avec Zoé Delafouge.

[12] AM de Paris, V4E 6211, p. 8/31.

[13] 3P 1258, p. 32/99 : Gérard Dufour de 1910 à 1913, Pascal Badon de 1913 à 1919, Gustave Dyckhoff de 1919 à 1938, Armand Marck de 1938 à 1940, Raymond Weill de 1940 à 1946 et enfin Charles Raclet.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
  • Dates

Cette maison, qui a connu de multiples transformations, agrandissements et reconstructions, que les matrices cadastales permettent d'entrevoir sans les préciser, présente, sous son dernier avatar, un aspect souvent proposé par les architectes et répertoires de modèles à partir des années 1850. Elle correspond à une typologie de maisons de campagne fréquente en Île-de-France, destinée à une sage bourgeoisie qui manifeste son aisance dans une certaine conformité. Ici le répertoire ornemental évoque la seconde Renaissance française, avec ses alternances de corniches droites et cintrées notamment.

Comme souvent mais d'une façon très marquée ici, la façade principale se trouve côté jardin. La villa de cinq travées ordonnancées est parfaitement symétrique et s'élève sur quatre niveaux, dont un soubassement (plus encaissé côté rue) et un étage de comble à larges lucarnes découpées sur le brisis en ardoise d'une toiture à la Mansart. Entre les deux se déploient un rez-de-chaussée surélevé abritant les espaces de réception et un étage carré destiné aux chambres à coucher des maîtres et des invités. Le soubassement est en meulière tandis que les façades sont enduites et les encadrements des baies soulignés par un enduit blanc. Les fenêtres sont rehaussées de décors sculptés, différenciés entre les niveaux. L'axe central est marqué par un perron à deux volées à balustres, convergentes et cintrées, surmonté d'une marquise en fer forgé. La fenêtre centrale du premier étage se détache entre deux pilastres.

La façade sur rue est à peine en retrait par rapport à cette dernière. L'étage de soubassement est nettement sous le niveau de la chaussée. Cette façade est plus simple que celle sur le jardin, quoiqu'elle lui fasse écho dans ses dispositions essentielles. L'axe central, qui correspond à l'escalier, est percé d'ouvertures étroites et variées, témoignant d'un moindre soucis d'apparat de ce côté. Une étroite porte de service ouvre au premier niveau, surmontée d'une fenêtre rectangulaire soulignée d'un fronton triangulaire, plantée au beau milieu de la façade, et enfin une petite baie cintrée au niveau de l'étage des chambres couronne l'ensemble. Le comble est percé de deux lucarnes à ses extrémités et d'un bel oculus à l'encadrement élégamment sculpté en son centre. Les deux larges souches des cheminées, invisibles côté jardin, sont ici prégnantes et placées symétriquement de part et d'autre de l'oculus central.

Les façades latérales, symétriques, à trois travées, reprennent la composition de la façade sur jardin avec, au premier niveau, de grandes baies surmontées de frontons cintrés, un simple linteau en ressaut sur consoles pour les fenêtres du deuxième niveau, et enfin de grandes lucarnes donnant sur le comble.

A l'intérieur, les dispositions d'origine peuvent encore être devinées au rez-de-chaussée. Un couloir central formant un petit vestibule devait conduire du perron à l'escalier, placé dans l'axe. De part et d'autre du vestibule, donnant sur le jardin, deux grandes pièces devaient servir l'une de salon, au nord, et l'autre de salle à manger, côté sud. La cuisine se trouvait derrière celle-ci, sur la rue. L'entrée de service donnait à l'arrière de l'escalier central.

  • Murs
    • pierre moellon crépi moucheté (incertitude)
  • Toits
    ardoise, zinc en couverture
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe brisée
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
    • escalier de distribution extérieur : escalier en fer-à-cheval en maçonnerie
  • Énergies
  • Jardins
    arbre isolé, massif d'arbres, parterre de gazon, rocaille de jardin
  • Typologies
    (4e quart 19e siècle)
  • État de conservation
    remanié, bon état
  • Techniques
    • ferronnerie
    • sculpture
  • Représentations
    • ornement architectural, pilastre, fronton, balustre, volute
    • ornement végétal, fleuron, guirlande
  • Précision représentations

    Les baies de la façade principale, sur jardin, sont surmontées d'une traverse d'imposte formée d'une corniche supportée par deux consoles décorées et une agrafe centrale à volutes et guirlandes. Les baies du premier niveau carré sont couronnées de frontons cintrés, hormis la porte, au centre de la composition, dont le fronton est triangulaire. Au premier étage, seule la fenêtre centrale, encadrées de deux pilastres ornés de fleurons et tables, a reçu un fronton cintré, les autres en sont dépourvues. Les lucarnes de l'étage de comble sont surmontées de frontons triangulaires, à l'exception de la lucarne centrale surmontée d'un fronton en ailerons.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune, Acquise en 1987
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    jardin public

La maison Raclet et son parc ont été labellisés Patrimoine d'intérêt régional par la Région Île-de-France le 25 janvier 2023.

Documents d'archives

  • Matrices cadastrales, folios 1 à 518, 1831-1913, Archives départementales du Val d'Oise, 3P423

    Archives départementales du Val d'Oise, Cergy-Pontoise : 3P423
  • Matrices cadastrales, folio 1033 à 1560, 1854-1913, Archives départementales du Val d'Oise, 3P425

    Archives départementales du Val d'Oise, Cergy-Pontoise : 3P425
  • Dénombrement de la population, 1861, Archives départementales du Val d'Oise, 9M627

    Archives départementales du Val d'Oise, Cergy-Pontoise : 9M627 - 1861
  • Dénombrement de la population, 1866, Archives départementales du Val d'Oise, 9M627

    Archives départementales du Val d'Oise, Cergy-Pontoise : 9M627 - 1866
  • Matrice des propriétés bâties, folios 1 à 240, 1882-1911, Archives départementales du Val d'Oise, 3P421.

    Archives départementales du Val d'Oise, Cergy-Pontoise : 3P421
  • Matrices cadastrales des propriétés bâties, folios 1 à 333, 1913-1961, Archives départementales du Val d'Oise, 3P1258, p. 32/99.

    Archives départementales du Val d'Oise, Cergy-Pontoise : 3P1258
Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2023
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Métais Marianne
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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