• enquête thématique régionale, Architectures du sport en Ile-de-France
Piscines, centres nautiques et bassins
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    aire d'étude de la région Ile-de-France

Dans le cadre de la sélection de 100 sites sportifs emblématiques pour les Jeux de Paris 2024, la Région Ile-de-France a sélectionné et étudié 24 piscines et centres nautiques qui illustrent la variété des constructions mise en œuvre pour accompagner le développement de la natation. S'y ajoutent 16 autres sites étudiés par le service depuis le début des années 1990.

Comme pour toutes les pratiques d’activités physiques, l’histoire de la natation commence en plein air. La baignade en rivière a précédé l’aménagement de bassins dédiés, souvent installés à même la rivière, dans des barges flottantes ou sur ses rives immédiates. Ces installations n’apportaient pas nécessairement d’apports luxueux. Pour exemple, l’eau des premiers bassins de la piscine Rouvet, installée à Paris en 1891 resta longtemps froide. Sa proximité avec le canal de l’Ourcq évitait néanmoins une baignade trop dangereuse dans cet espace industrieux. 

Il faut attendre l’entre-deux-guerres pour voir émerger de grands programmes de piscines, d’abord par des investisseurs privés (Christmann à Château-Landon par l’architecte Lucien Bessières, « Les belles piscines de France » à Molitor) puis par les municipalités[1].

Dans le même temps, les bassins d’apprentissage prennent des formes nouvelles dans les établissements scolaires.

Au sortir de la seconde Guerre mondiale, la connaissance de la nage par les Français était encore très en retard sur bon nombre de pays européens et il fallut plusieurs impulsions officielles pour faire naître de nombreux bassins à travers le pays. L’Etat mis en œuvre trois lois-programmes successives pour améliorer les infrastructures de sports et loisirs. La seconde loi de programme (1966-1970) permis l’avènement du modèle de Piscines Industrialisées à Accroissements Multiples (PIAM) dont la piscine Tauziet de Meaux est un remarquable exemple, encore préservé. 

La troisième et dernière loi de programme coïncida avec l’opération « Mille piscines » (1973-1976). Comme les autres territoires, l’Ile-de-France bénéficia du succès relatif de ce programme qui vit l’avènement de plusieurs prototypes (Iris, Tournesol, Caneton, Plein soleil et Plein ciel) dans l’ensemble des départements[2]. Rares sont ceux qui ont aujourd’hui gardé leur entière physionomie d’origine. Parmi les bassins issus de ces modèles, on peut notamment relever les bassins des Lilas, de Bondy et d’Eragny.

Outre ces modèles de série, aux coûts extrêmement contraints, il faut citer les grands programmes démonstratifs qui ont permis de donner une nouvelle dimension à la natation. Le stade nautique Youri Gagarine de Paul Chemetov et Jean Deroche à Villejuif est un exemple à la croisée de ces deux familles. D’abord pensé comme un modèle pour répondre aux lois de programme et refusé par les instances de certifications, il connut une réalisation légèrement éloignée de cette standardisation. Les travaux de modernisation entre 2005 et 2009 ont apporté des structures métalliques à un bâtiment jusqu’alors réputé pour sa mise en œuvre soignée des bétons (coulé et précontraint).

La piscine-patinoire de Franconville fit aussi l’objet d’une commande singulière. L’emploi d’une structure en bois lamellé-collé relie cet équipement aux recherches de la grande portée observée dans les gymnases et autres halles sportives.

Parmi ce corpus de piscines, il convient de distinguer certaines architectures remarquables : les piscines protégées au titre des monuments historiques (six dans notre corpus dont cinq à Paris) ; cinq autres équipements ont obtenu le label « Architecture contemporaine remarquable » (ACR) en 2023. Elles venaient rejoindre le centre nautique Marlène-Peratou d'Aubervilliers, labelisé en 2018. La piscine municipale de Saint-Denis, en attente de reconversion, bénéficie quant à elle du label « Patrimoine d'intérêt régional ». L'exceptionnelle qualité architecturale des piscines d'Ile-de-France explique également la proposition de huit autres équipements au label ACR, dans l'attente de l'accord des collectivités propriétaires.

[1] Antoine Le Bas, Architectures du sport :  1870-1940 Val-de-Marne, Hauts-de-Seine. Paris : l’Inventaire Éd. Connivences Association pour le patrimoine de l’Île-de-France, 1991. p. 57

[2] Élise Nale, « L’État et architecture. Le cas des piscines publiques construites en France (1961-1976) », dans Éléonore Marantz (dir.), L’Atelier de la recherche. Annales d’histoire de l’architecture, 2015, actes de la journée des jeunes chercheurs en histoire de l’architecture du 22 octobre 2015, Paris, site de l’HiCSA, mis en ligne en juin 2016, p. 48-64.

  • Période(s)
    • Principale : 20e siècle , daté par travaux historiques
Date(s) d'enquête : 2021; Date(s) de rédaction : 2022
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