Dossier d’œuvre architecture IA00027595 | Réalisé par
Bussière Roselyne (Rédacteur)
Bussière Roselyne

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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Métais Marianne (Rédacteur)
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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  • patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
Château de Méridon
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Stéphane Asseline, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton aire d'étude de la région Ile-de-France
  • Commune Chevreuse
  • Lieu-dit Méridon
  • Adresse chemin de Bonnelles
  • Cadastre 1819 C 275  ; 2025 C 485
  • Précisions
  • Dénominations
    château
  • Précision dénomination
    château de villégiature
  • Appellations
    Château de Méridon
  • Destinations
    château

« De cet endroit [...], le paysage est admirable. Le regard, passant par-dessus les cimes des arbres du coteau, plonge dans la vallée profonde, verdoyante et pleine de lumière, puis, remontant, embrasse d’un seul coup le beau massif de la propriété du duc de Luynes et la puissante silhouette de la forteresse des seigneurs de Chevreuse. La vue s’étend ensuite sur le large plateau borné au loin par la forêt de Rambouillet et se perd dans les têtes violacées de l’horizon » (Bruneau, Encyclopédie d’Architecture, 1891-1892) : la terre choisie par le héros de cette histoire, ou plutôt par sa mère, était décidément parfaite pour y installer sa maison aux champs.

Le château de Méridon a été construit par Pierre Marques di Braga (1847-1908) sur une très vaste et ancienne propriété acquise en 1867, par sa mère, Marie-Anne Grandemange (1830-1880), veuve de Jose Antonio Marques di Braga[1] et dont il a hérité en 1880. L’histoire du commanditaire est fascinante : à sa naissance, il est de père inconnu et sa mère est ouvrière en linge ; légitimé en 1854 par le mariage de ses parents, il entre à l’École polytechnique en 1866 et suit une belle carrière publique : auditeur au Conseil d’Etat en 1870, il devient maître des requêtes en 1879 et conseiller d’Etat en 1885[2]. Il est aussi sous-gouverneur du Crédit Foncier.

L’édifice, construit en 1883[3], est le symbole de cette réussite sociale. Il est réalisé par l’architecte Eugène Bruneau (1836-1925) dans un style original qui marque la transition entre le style gothique du XVe siècle et la Renaissance. Il est difficile de savoir comment s’est fait ce choix : on sait que Bruneau, élève de Labrouste, était attaché de la Commission des monuments historiques et qu’il deviendra en 1897 architecte en chef des monuments historiques[4]. Des dessins de sa main du château de Coucy montrent qu’il s’intéressait à l’architecture médiévale[5]. Son influence a peut-être été prédominante.

A la mort de Marques di Braga, le château est acheté en 1909 par un voisin, le marquis de Breteuil, dont on voit les armes sur la cheminée du salon, « d’azur à épervier essorant d’or » avec la devise « nec spe nec metu »[6]. Il s’agissait probablement d’un rendez-vous de chasse[7]. C’est aujourd’hui un lieu de réceptions et de séminaires[8].

Roselyne Bussière

[1] AD 78 3P3 460 Matrices cadastrales folio 117 et 118.

[2] Base Léonore, L0381063.

[3] Il porte la date et les initiales EB de l’architecte.

[4] Base Léonore, L0381061.

[5] MPP, 78N00287.

[6] « Ni par espoir ni par crainte ».

[7] AD 78, 3P3 465 matrices cadastrales. Case 192. Comme l’atteste la présence d’un chenil et d’une faisanderie.

[8] https://www.chateaudemeridon.com/-

A l’esthétique médiévale du XVe siècle se rattache l’allure générale du château avec une sorte de donjon, qui domine de ses deux étages la façade, l’escalier en vis hors-œuvre qui se détache en vis-à-vis et les éléments décoratifs : arcs en accolade, choux frisés, fleurons, arcs tréflés, meneaux, rosaces, hautes lucarnes aux frontons sculptés et encadrés de fleurons ou de dragons. Comme le château de la Madeleine qui lui fait face, Méridon est entièrement construit en meulière, extraite sur place, et en pierre du Poitou. Sauf pour les jambages et les pierres d’angle, la meulière a été utilisée en petits moellons saillants largement jointoyés, pour animer la façade d’un jeu d’ombre et de lumière[1].

Si, à l’intérieur, le Moyen Âge est évoqué par les lambris et les portes à « plis de serviette », la recherche du confort inscrit bien le château dans son époque. Les cuisines et dépendances se trouvent dans l’étage de soubassement, bien éclairé du côté du jardin grâce au dénivelé du terrain. Une longue galerie faisant office de vestibule dessert toutes les pièces du rez-de-chaussée. Deux escaliers de service la relient l’un avec le sous-sol, l’autre avec les chambres de l’étage. La salle à manger et le cabinet de travail sont tournés vers le parc. La pièce principale au bout de la galerie est dénommée selon la mode anglaise de l’époque « hall ». C’est une vaste pièce traversante de près de 80 m² dans l’angle nord-ouest de laquelle un petit escalier en vis conduit à la chambre de la maîtresse de maison. Elle était, à l’origine, entièrement couverte de boiseries en chêne foncé. Le plafond a conservé ses caissons, aujourd’hui peints, qui évoquent le style flamboyant : un cercle rempli de six mouchettes aux contours très étirés.

Que le lieu soit dévolu à la villégiature se manifeste par le nombre de chambres : quinze au total, dont certaines sont qualifiées de « chambres d’ami », et cinq chambres de domestiques. Les cabinets de toilette sont nombreux et dans le hall on voit encore les grilles du chauffage à air pulsé. L’accueil de ces invités se faisait depuis la base de la tour d’escalier où une large marquise leur permettait de descendre de leur véhicule à couvert et de monter dans la galerie.

[1] Eugène Bruneau, « Château de Méridon près de Chevreuse », Encyclopédie d’Architecture, 1891-1892, p. 134.

  • Murs
    • meulière moellon
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés, étage de comble
  • Couvrements
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée sans travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
    • croupe
    • noue
    • terrasse dôme circulaire
  • Escaliers
    • escalier de distribution : escalier en vis avec jour en charpente
  • État de conservation
    bon état
  • Techniques
    • sculpture
    • vitrail
  • Représentations
    • dragon, mascaron, chou, chêne, portrait, pli en serviette
  • Précision représentations

    Les façades sont décorées de tout un peuple de dragons de différentes tailles, ponctués de feuilles de chou et ornements végétaux. Des profils féminins en médaillon et des mascarons complètent l'ensemble.

    Les plis de serviette sont sculptés sur les boiseries du hall.

  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Sites de protection
    site inscrit

Documents d'archives

  • Matrices cadastrales, 3P3 460-Matrice des propriétés foncières, folios 1 à 576, table alphabétique des propriétaires, 1822-1913, folio 117-118

    Archives départementales des Yvelines, Montigny-le-Bretonneux : 3P3 460
  • Matrices cadastrales, 3P3 465, matrices des propriétés bâties, 1910-1935, case 192

    Archives départementales des Yvelines, Montigny-le-Bretonneux : 3P3 465
  • Dossier de Légion d'honneur d'Eugène Bruneau

    Archives nationales, Pierrefitte-sur-Seine : LO381061

Périodiques

  • Eugène Bruneau, « Château de Méridon près de Chevreuse », Encyclopédie d’Architecture, 1891-1892

    Bibliothèque nationale de France, Paris : PI-1279
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Bussière Roselyne
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Métais Marianne
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Plessis Laura
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Stagiaire à l'inventaire en 2025-2026

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