Stagiaire à l'inventaire en 2025-2026
Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
- patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Ile-de-France
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Commune
L'Isle-Adam
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Adresse
6 rue de Nogent
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Cadastre
1826
B
385
;
2025
AI
241
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Dénominationspavillon de jardin, déversoir de superficie
« En 1819, j’habitais une chaumière au sein de la délicieuse vallée de l’Isle-Adam. Mon ermitage était voisin du parc de Cassan, la plus suave retraite, la plus voluptueuse à voir, la plus coquette pour le promeneur, la plus humide en été de toutes celles que le luxe et l’art ont créées. Cette verte chartreuse est due à un fermier général du bon vieux temps, un certain Bergeret, homme célèbre par son originalité [...], revenu d’Italie si passionné pour les sites de cette belle contrée, que par un accès de fanatisme, il dépensa quatre ou cinq millions à faire copier dans son parc les vues qu’il avait en portefeuille » (Honoré de Balzac, Physiologie du mariage, 1829). Ne demeure aujourd'hui de ce parc extraordinaire que le pavillon chinois, récemment restauré.
Le pavillon de Cassan est à la fois l’illustration du bouillonnement d’idées qui frappe les hommes de finance, amateurs de jardins, dans les années 1770-90, et de la fragilité de ces fabriques dont la plupart ont disparu. En 1778, le financier Pierre-Jacques Bergeret de Grancourt (1742-1807) achète le domaine de Cassan pour 46 000 livres[1] et agrandit la demeure, sans faste. En réalité, il a des projets beaucoup plus ambitieux comme le montrent le plan d’aménagement du domaine de 1790, signé de sa main[2], et différents dessins de bâtiments. Il a en effet grandi dans un milieu artistique, son père, grand collectionneur, l’a même emmené en Italie en 1773-1774 avec le peintre Fragonard[3].
A la mort de son père en 1785, à qui il succède comme receveur général des finances de Montauban et dont il hérite une belle fortune, il aménage le domaine de Cassan avec l’aide de l’architecte Courtillier, tout en achetant la Folie Beaujon à Paris[4]. Le projet est un immense parc paysager, « à l’anglaise », avec une rivière agrémentée d’îles. Il devait comporter de nombreuses fabriques dont deux belvédères dans l’axe du château[5]. Au nord-ouest, le bois d’Apollon et ses seize allées rayonnantes est réalisé. La Révolution ralentit le projet : le financier est arrêté en 1793, puis libéré en mars 1794[6]. En 1803, il vend le domaine qui « pourrait devenir une des maisons de campagne les plus renommées aux environs de Paris ». À partir de cette vente, le domaine change souvent de propriétaire. En 1866 M. Bonin, ancien entrepreneur de plomberie le restaure et construit un nouveau château dans la partie haute, au sud. Ce château est reconstruit en 1903 puis détruit après la Seconde Guerre mondiale.
Sur les quatorze fabriques envisagées, seul le pavillon chinois a été construit vers 1785[7], sans doute car il avait une fonction utilitaire. Les fabriques chinoises sont alors à la mode, peut-être inspirées par la parution en 1776 du traité en français de William Chambers[8]. La plus célèbre est la pagode de Chanteloup[9], mais on peut citer aussi la maison chinoise du désert de Retz[10], le kiosque du parc de l’Hermitage à Condé-sur-Escaut, celui du château de Bonnelles[11], ou les deux pavillons de la Folie-Saint-James à Neuilly[12], tous disparus.
L’état actuel du pavillon est le résultat d’une restauration menée à partir des années 1970. Bien qu’inscrit au titre des monuments historiques depuis 1965, il était « à la limite de la ruine ». Il appartenait à une société immobilière, qui l’a cédé à titre gratuit à la commune avec 5000 m² de terrain en échange de l’autorisation de construire 257 pavillons en partie dissimulés par des peupliers[13]. C’est l’unique vestige du projet grandiose d’un grand financier.
Roselyne Bussière
[1] Léon Fort, « La famille Bergeret de l’Isle-Adam et de Frouville », Mémoires de la Société Historique et Archéologique de l’arrondissement de Pontoise et du Vexin, T. XLII, 1933, p. 84.
[2] Ce plan fait partie de 42 dessins achetés par le collectionneur Bordelais Robert Coulon et légués au musée d’Aquitaine. Le plan est enregistré sous le numéro d’inventaire (inv.92.7.554).
[3] A. Tornézy, Bergeret et Fragonard, Journal inédit d’un voyage en Italie 1773-1774, Paris, May et Motteroz, 1895, p. 32 et Fragonard et le voyage en Italie 1773-1774. Les Bergeret, une famille de mécènes, Somogy, 2001.
[4] Josée Geninet, « Les Bergeret à l’Isle-Adam et dans ses environs », Fragonard et le voyage en Italie…, op. cit., p. 91.
[5] Elyne Olivier-Valengrin, « L’imaginaire à l’époque des Lumières. Les projets et les créations de pierre-Jacques Bergeret en son domaine de Cassan », Fragonard et le voyage en Italie…, op. cit., p. 100.
[6] Grâce à une pétition de la municipalité auprès du Comité de salut Public.
[7] Comme l’atteste le plan de l’Isle-Adam levé en 1806.
[8] William Chambers, Desseins des édifices, meubles, habits, machines et ustensiles des Chinois, Londres, 1757.
[9] Près d’Amboise construite pour le duc de Choiseul entre 1773 et 1778.
[10] Roselyne Bussière, Marianne Métais, et alii, Châteaux, villas et folies, Villégiature en Ile-de-France, Région Île-de-France, Lieux Dits Editions, 2024, p. 110
[11] https://gallica.bnf.fr/html/und/images/les-jardins-anglo-chinois-de-georges-louis-lerouge
[12] Bussière, op. cit., p.104
[13] MPP F/2000/10/15-79
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Période(s)
- Principale : 4e quart 18e siècle
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Dates
- 1785, daté par source
Le pavillon, selon la tradition chinoise, est construit en bois, sur un plan octogonal et couvert d’une double toiture aux angles relevés, soutenue par huit colonnes. Son dessin est directement issu de la description des colonnes chinoises que donne Chambers pour un Ting[1] qu’il a vu dans un jardin à Canton : « Le haut du fust des colonnes est percé par les poutres qui soutiennent le toit et dont les extrémités sont ornées de petits mascarons et de clochettes. Une frise ornée d’entrelas règne tout autour dans les entrecolonnes sous le toit »[2]. Le dessin de losanges entrelacés de la balustrade et de la frise supérieure se retrouve dans une autre planche. C’est aussi par les couleurs franches que la Chine est évoquée.
Ce pavillon, destiné à abriter un déversoir pour le trop plein des étangs, repose sur un soubassement de pierre, percé de six baies en plein cintre, dont la voûte est soutenue par huit colonnes doriques trapues sans base. Trois baies s’ouvrent sur l’étang, qui est plus haut d’un mètre, et permettent aux eaux de se déverser dans un bassin central puis de s’écouler à l’extérieur.
[1] Selon Chambers (préface n. p.) ce mot a plusieurs sens dont « principale pièce d’une pagode ou d’un temple ».
[2] Chambers, op. cit., p. 6. L’orthographe a été respectée.
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Murs
- calcaire moyen appareil
- meulière rocaille
- bois
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Toitszinc en couverture
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Plansplan centré
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Couvertures
- toit polygonal
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Escaliers
- escalier de distribution extérieur : escalier en équerre
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Techniques
- sculpture
- menuiserie
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Représentations
- mufle de lion, ornement minéral
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Précision représentations
Sur le mur limon de l'escalier, mufle de lion crachant de l'eau par la bouche, au milieu d'un décor minéral rectangulaire où la pierre sculptée représente des coulées d'eau ou de sel fondu.
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Statut de la propriétépropriété d'une société privée
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Protectionsinscrit MH, 1965/09/09
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Précisions sur la protection
inscription par arrêté du 9 septembre 1965
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Référence MH
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
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- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
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Documents d'archives
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Archives départementales du Val d'Oise, Cergy-Pontoise : 3P1809
Plan d'intendance, 3 P 1809 - L'Isle-Adam : « Plan géométrique de la commune de L'Isle-Adam, levé en exécution de l'arrêté du gouvernement du 27 vendémiaire an XII », 3 août 1806
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Archives départementales du Val d'Oise, Cergy-Pontoise : 2511 W 2774
Pavillon chinois, parc de Cassan, dossier de pré-inventaire, 1985
Bibliographie
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William Chambers, Desseins des édifices, meubles, habits, machines et ustensiles des Chinois, Londres, 1757
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Bibliothèque nationale de France, Paris : 4-K-498
A. Tornézy, Bergeret et Fragonard, Journal inédit d’un voyage en Italie 1773-1774, Paris, May et Motteroz, 1895
-
Bibliothèque nationale de France, Paris : YD2-12938 (A)-4
A. Tornézy, Fragonard et le voyage en Italie 1773-1774. Les Bergeret, une famille de mécènes, Somogy, 2001
Périodiques
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Bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art, Paris : PER DC611.I26 MSHA TABLES
Léon Fort, « La famille Bergeret de l’Isle-Adam et de Frouville », Mémoires de la Société Historique et Archéologique de l’arrondissement de Pontoise et du Vexin, T. XLII, 1933
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