Dossier d’œuvre architecture IA95000581 | Réalisé par
Bussière Roselyne (Rédacteur)
Bussière Roselyne

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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Métais Marianne (Rédacteur)
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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  • patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
Maison de villégiature ou hôtel de Crosne
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton aire d'étude de la région Ile-de-France
  • Commune Magny-en-Vexin
  • Adresse 20 rue Crosne
  • Cadastre 1819 A 316  ; 2025 AD 56
  • Dénominations
    hôtel
  • Précision dénomination
    Maison de plaisance
  • Appellations
    Hôtel de Crosne
  • Destinations
    hôtel
  • Parties constituantes non étudiées
    jardin

« On voit à l’entrée de cette ville, du côté de Paris, une superbe maison bâtie à l’italienne, en pierre de taille, depuis le rez-de-chaussée jusqu’au faîte. On y remarque un beau pavillon, séparé du corps de logis par un parterre, et la distribution des jardins, dont l’un, à l’anglaise est fermé par de belles haies vives » (Oudiette, Dictionnaire topographique, 1821). Cette villégiature ancienne et originale est aujourd'hui occupée par l'hôtel de ville.

L’hôtel de Crosne, situé dans le faubourg de Paris de la petite ville de Magny-en-Vexin, a été construit en 1786 pour Emmanuel Edmond Saussay, originaire de Magny, apothicaire du Roi au Cap français, dans l’île de Saint-Domingue, à destination de « Monsieur son fils ». L’architecte Louis Emmanuel Damesme (1757-1822), né à Magny et filleul du fils Saussay, est chargé de cette construction[1]. On perçoit dans sa création l’influence néoclassique de Claude-Nicolas Ledoux : il a été dessinateur[2] puis chef d’agence dans le cabinet du célèbre architecte[3].

Damesme ne touchera que 168 livres et 36 sols pour son travail à l’hôtel de Crosne. Mais son père, entrepreneur qui réalise le gros œuvre, touche 220 908 livres[4]. La demeure est placée sur la rue, tandis que le corps de bâtiment à l’arrière doit servir de communs.

En effet, une première construction, entre cour et jardin, a été érigée en 1778 pour Nicolas Dumont, maître de l’hôtellerie du Bras d’Or, et louée à bail à un fermier. C’est un bâtiment rural, en rez-de-chaussée, comportant une cuisine, une salle et une chambre d’un côté, d’un grand passage, puis des remises et un grenier sur le tout[5]. Elle est acquise en 1784 par Edmond Saussay qui agrandit la propriété d’un terrain au bout du jardin. Mais le fils de l’apothicaire n’en profite pas : il succombe lors des émeutes de 1791 à Saint-Domingue. Un négociant parisien, Charles Lesguillez s’en porte acquéreur l’année suivante. Parmi les multiples propriétaires qui se succèdent, on peut citer M. Feuilloley, administrateur dans la Marine dont la famille conserve la propriété pendant presque tout le siècle[6]. En 1950, elle devient l’hôtel de ville[7].

Roselyne Bussière

 

 

 

[1] Roland Vasseur, Françoise Waro, Magny-en-Vexin des origines à 1914, Editions du Valhermeil, 1995, p. 202.

[2] Alexandre Gady, Les Hôtels particuliers de Paris du Moyen Âge à la Belle Époque, Paris, Parigramme, 2008, p. 186.

[3] Daniel Rabreau, Claude-Nicolas Ledoux, Paris, Editions du patrimoine, 2005, p. 16.

[4] Vasseur, op. cit.

[5] Ibidem, p. 200.

[6] Ibidem, p. 202.

[7] AD 95, 2511 W 3305.

La distribution originelle de la nouvelle construction est connue par l’acte de vente de 1792. La façade, alignée sur la rue, se présente comme celle d’un hôtel « sur le devant » tel qu’il en existe à Paris depuis le XVIIe siècle[1]. Les deux façades sur rue et sur jardin sont quasi identiques. L’ensemble s’inscrit dans un rectangle, le toit très aplati étant dissimulé par un muret plein, d’où l’appellation « à l’italienne ». La façade sur rue est animée par deux légers avant-corps latéraux ; Damesme joue sur les refends pour différencier le rez-de-chaussée de l’étage et sur la présence d’une balustrade purement décorative. Cet étage se signale aussi par les frontons surmontant les sept baies qui l’éclairent. Comme souvent dans les constructions de Ledoux, aucune mouluration ne délimite le deuxième étage. Le dernier niveau est composé d’un entablement dorique avec triglyphe dans lequel une métope sur deux est remplacée par de petites ouvertures.

L’accès principal se fait « par une grande porte cochère avec vestibule fermé, orné de colonnes »[2] doriques, qui permet d’entrer à couvert dans le vestibule à droite du passage. On trouve au rez-de-chaussée une salle à manger et un salon d’été, ainsi que la cuisine, office, laverie. Le majestueux escalier en bois montant de fond dessert les deux étages. Sa rampe en serrurerie, d’un dessin néoclassique en continu, est d’une réalisation simple : des volutes affrontées reliées par des cercles. C’est l’œuvre du serrurier Caignard[3]. Le premier, l’étage noble, comporte une antichambre servant de salle à manger, un salon de compagnie (l’actuelle salle des mariages) avec cabinet et boudoir, d’un côté, et de l’autre, une chambre avec antichambre, cabinet de toilette, garde-robe et entresol. Le second étage est distribué en quatre appartements de maître (chambre et deux cabinets), deux autres chambres, une lingerie, et une salle de billard. Enfin, le dernier niveau est partagé en deux chambres, un garde-meuble et un grand grenier.

Aligné sur la rue, tout en longueur et peu large, aveugle sur les côtés, cet édifice appartient à une typologie mixte entre hôtel urbain et maison de campagne. C’est une exception dans le corpus de la villégiature francilienne.

L'ancien bâtiment agricole qui ferme la cour et ouvre sur une seconde, s'élève sur un niveau et un étage de comble. Couvert en tuile, il est percé de trois lucarnes à riche décor en pierre côté cour d'honneur et de quatre lucarnes très simples côté cour des communs. De même la façade est décorée d'un élégant parement à bossages en tables et agrémentée de grandes fenêtres face à l'hôtel, afin d'être en harmonie avec ce dernier, tandis que la façade postérieure est dépourvue de tout élément de décor. Un large passage de forme carrée traverse l'édifice de part en part et témoigne de l'usage initial de ce bâtiment.

L'hôtel comme sa dépendance sont occupés par la Mairie.

[1] Alexandre Gady, Les Hôtels particuliers de Paris du Moyen Âge à la Belle Époque, Paris, Parigramme, 2008, p. 59.

[2] Vasseur, Waro, op. cit., p. 202.

[3] Ibidem.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
  • Toits
    zinc en couverture
  • Étages
    3 étages carrés
  • Couvrements
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • noue
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente
    • escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour suspendu, en charpente
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour en charpente
  • Techniques
    • ferronnerie
  • Précision représentations

    Rampe d'escalier en ferronnerie.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Sites de protection
    site inscrit, parc naturel régional
  • Protections
    classé MH, 1944
  • Précisions sur la protection

    Maison : classement par arrêté du 28 avril 1944.

    Bâtiment des communs ; petit parterre ; potager ; grille d'entrée du parc : classement par arrêté du 18 août 1944

  • Référence MH

Documents d'archives

  • Fiche de préinventaire, 2511 W 3305-Hôtel de ville, 20 rue de Crosne, 1984

    Archives départementales du Val d'Oise, Cergy-Pontoise : 2511 W 3305

Bibliographie

  • Charles Oudiette, Dictionnaire topographique des environs de Paris, jusqu'à 20 lieues a la ronde de cette capitale, Paris, chez l'auteur 1817, rééd. Paris J.-L. Chanson, 1821.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 8-H-457
  • Michel Gallet, Les Architectes parisiens du XVIIIe siècle, Paris, Mengès, 1995, p. 172.

    Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine : 75.1 077
  • Roland Vasseur, Françoise Waro, Magny-en-Vexin des origines à 1914, Editions du Valhermeil, 1995

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 4-LK7-64145
  • Daniel Rabreau, Claude-Nicolas Ledoux, Paris, Editions du patrimoine, 2005

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 2005-259319
  • Alexandre Gady, Les Hôtels particuliers de Paris du Moyen Âge à la Belle Époque, Paris, Parigramme, 2008.

    Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine
Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2023
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Bussière Roselyne
Bussière Roselyne

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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Métais Marianne
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Plessis Laura
Plessis Laura

Stagiaire à l'inventaire en 2025-2026

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