Dossier d’œuvre architecture IA95000580 | Réalisé par
Bussière Roselyne (Rédacteur)
Bussière Roselyne

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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Métais Marianne (Rédacteur)
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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  • patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
Château des Boves
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton aire d'étude de la région Ile-de-France
  • Commune Magny-en-Vexin
  • Lieu-dit Les Boves
  • Adresse 8 rue du moulin de la planche
  • Cadastre 1819 A 122  ; 2025 AK 45
  • Dénominations
    château
  • Précision dénomination
    maison de plaisance
  • Appellations
    Château des Boves
  • Destinations
    château
  • Parties constituantes non étudiées
    jardin, pièce d'eau, lavoir

« À son extrémité méridionale est le château des Bôves, que le propriétaire, M. le vicomte de Boisdénemets a fait rebâtir en 1810. […] Sa situation est d’autant plus agréable qu’elle offre une très belle vue en amphithéâtre sur la ville de Magny et ses environs. Elle renferme des sources d’eau vive qui vont se réunir au ruisseau de l’Aubette […] et alimentent un superbe abreuvoir » : Oudiette, (Dictionnaire topographique, 1821) n'avait pas manqué de remarquer la maison aux champs des Bôves.

Le château des Bôves[1] était à l’origine une grande ferme, acquise en 1664 par Gilles Juigné, receveur général et payeur des rentes de l’hôtel de ville de Paris qui se réservait quelques pièces meublées pour son usage[2]. Peu à peu, la maison gagne en dignité : en 1729 elle est désignée comme un « grand corps d’hôtel » avec salon, salle à manger, chapelle et six chambres à l’étage. Toutefois, sa ruralité est encore affichée par la présence d’une grande arcade sous le bâtiment « servant de passage pour le chemin de derrière » et de granges, d’étables à vaches et de poulailler[3]. En 1762, dans l’inventaire après décès du comte de Manerbe, elle est devenue « château des Bôves »[4]. Après la Révolution, le domaine est acquis en 1806 par le comte de Boisdénemets qui en disposait déjà selon un bail de 1804[5].

Oudiette date la reconstruction du château de 1810. Selon l’affiche de la vente de 1821 (car les Boisdénemets s’en défont rapidement), « le château dans le goût le plus moderne […] se compose d’un vestibule, où règne un bel escalier […] ; à droite du vestibule, appartement de maîtres, composé de trois pièces ; à gauche, salon de 24 pieds carrés très orné ; belle salle-à-manger à la suite, office, cuisine et communs »[6]. L’acte de vente évoque à l’étage quatre chambres mansardées et une cour d’honneur encadrée de deux longues ailes[7], ce n’est donc pas l’état actuel. L’aile de gauche comportait cuisine, office, fruitier fournil, à l’étage plusieurs chambres, et celle de droite, aussi longue mais élevée seulement d’un rez-de-chaussée et d’un grenier, abritait principalement une écurie, deux remises et un long grenier à fourrage[8].

La propriété est achetée en 1822 par Adèle Briffaut ; elle se marie en 1828 avec le notaire Armand Santerre, qui se fait désormais appeler Santerre des Bôves. Les travaux réalisés par les nouveaux propriétaires parachèvent la métamorphose : un second étage en attique est ajouté et l’aile droite supprimée[9]. Vendue en 1850 à un fermier voisin, Louis Poittevin, la propriété reste dans la même famille jusqu’en 1954. Elle est ensuite partiellement lotie, mais le château conserve un parc de 2 hectares[10]. La famille qui l’a acquise alors a conservé l’esprit de cette belle maison de campagne.

[1] Cet article doit tout à José Gilles, Châteaux et châtelains du Vexin, "Les environs de Magny, Histoire et Patrimoine du Vexin", T.3, 2017.

[2] Comme l’atteste la présence de dix-huit sièges et trois fauteuils de tapisserie mentionnés dans un inventaire après décès. Gilles, op. cit., p. 43-44.

[3] Ibidem, p. 45.

[4] Ibidem, p. 48.

[5] Ibidem, p. 52.

[6] Ibidem, p. 54.

[7] Ce que confirme aussi le cadastre napoléonien (1819).

[8] Gilles, op. cit., p. 54.

[9] Ibidem, p. 55.

[10] Ibidem, p. 62.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 19e siècle , daté par source
    • Principale : 17e siècle
  • Dates
    • 1810, daté par source

La demeure, malgré une apparente homogénéité, garde la trace de ses modifications successives. Elle est représentative de ces maisons de campagne transformées au fil du temps, mais dont l’architecture est restée d’une grande simplicité. Seule la façade principale présente une relative régularité et un décor raffiné qui date de la période Briffaut-Santerre. C’est pour eux qu’a été ajouté l’étage d’attique. L’aile gauche, contenant la cuisine et l’office ainsi que des chambres a été conservée, créant l’irrégularité de cette façade. Celle-ci est néanmoins construite autour d’un axe central composé du porche dont les quatre colonnes doriques soutiennent un balcon, puis d’un fronton à base interrompue. Le plus remarquable est la frise au décor de postes qui court tout au long de l’entablement. On ignore le nom de l’architecte auteur de cette transformation dans l’esprit néoclassique ; on peut simplement noter que dans le bourg de Magny, on peut voir plusieurs maisons à fronton et quelques corniches sculptées dans le même esprit[1].

Par contraste, la façade arrière est restée très rurale dans son irrégularité. Le rez-de-chaussée est aveugle de ce côté, et le décor ne se prolonge pas au-delà de la façade latérale. Un vaste fruitier atteste qu’on allait bien à la campagne pour consommer les produits du jardin.

L’aménagement intérieur est bien celui d’une maison de plaisance. On y trouve toutes les pièces nécessaires à la villégiature : un grand salon au décor de palmettes caractéristique de l’époque Restauration, une salle à manger, une salle de billard. Dans l’axe de l’entrée, le bel escalier de pierre à marches formant limon, volée centrale et deuxième volée double, est dit « très à la mode »[2] dans l’affiche de 1821. La première volée, qui occupe toute la largeur de la pièce, est en pierre tandis que la volée suivante est en bois.

[1] Vasseur, Waro, Magny-en-Vexin, op. cit., p. 361-364.

[2] Gilles, op. cit., p. 54.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille enduit
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    2 étages carrés
  • Couvrements
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • noue
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier de type complexe en maçonnerie, en charpente
  • État de conservation
    bon état
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • postes
    • lyre, cygne, ornement végétal, grecque, étoile, palmette
  • Précision représentations

    Dans le salon : sous une corniche à grecque, impostes des miroirs à décor de lyre portée par des cygnes et encadrée de guirlandes végétales. Au-dessus des portes, décor d'étoiles, palmettes et visages.

  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Sites de protection
    site inscrit, parc naturel régional
  • Protections
    inscrit MH partiellement, 1993
  • Précisions sur la protection

    Façades et toitures de tout le bâtiment et de son prolongement ; escalier et son vestibule, grand salon ; sol, petites constructions et murs de clôture du parc : inscription par arrêté du 3 août 1993.

  • Référence MH

Documents d'archives

  • Cadastre napoléonien, 3 P 2670 - Section A, La Ville : deuxième feuille (première partie), 1819

    Archives départementales du Val d'Oise, Cergy-Pontoise : 3 P 2670

Bibliographie

  • Charles Oudiette, Dictionnaire topographique des environs de Paris, jusqu'à 20 lieues a la ronde de cette capitale, Paris, chez l'auteur 1817, rééd. Paris J.-L. Chanson, 1821.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 8-H-457
  • Roland Vasseur, Françoise Waro, Magny-en-Vexin des origines à 1914, Editions du Valhermeil, 1995

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 4-LK7-64145
  • José Gilles, Châteaux et châtelains du Vexin, T.3, Les environs de Magny, Histoire et Patrimoine du Vexin, 2017

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 2017-171585
Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2023
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Bussière Roselyne
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