Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
Stagiaire à l'inventaire en 2025-2026
- patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
aire d'étude de la région Ile-de-France
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Commune
Magny-en-Vexin
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Lieu-dit
Les Boves
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Adresse
8 rue du moulin de la planche
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Cadastre
1819
A
122
;
2025
AK
45
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Dénominationschâteau
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Précision dénominationmaison de plaisance
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AppellationsChâteau des Boves
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Destinationschâteau
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Parties constituantes non étudiéesjardin, pièce d'eau, lavoir
« À son extrémité méridionale est le château des Bôves, que le propriétaire, M. le vicomte de Boisdénemets a fait rebâtir en 1810. […] Sa situation est d’autant plus agréable qu’elle offre une très belle vue en amphithéâtre sur la ville de Magny et ses environs. Elle renferme des sources d’eau vive qui vont se réunir au ruisseau de l’Aubette […] et alimentent un superbe abreuvoir » : Oudiette, (Dictionnaire topographique, 1821) n'avait pas manqué de remarquer la maison aux champs des Bôves.
Le château des Bôves[1] était à l’origine une grande ferme, acquise en 1664 par Gilles Juigné, receveur général et payeur des rentes de l’hôtel de ville de Paris qui se réservait quelques pièces meublées pour son usage[2]. Peu à peu, la maison gagne en dignité : en 1729 elle est désignée comme un « grand corps d’hôtel » avec salon, salle à manger, chapelle et six chambres à l’étage. Toutefois, sa ruralité est encore affichée par la présence d’une grande arcade sous le bâtiment « servant de passage pour le chemin de derrière » et de granges, d’étables à vaches et de poulailler[3]. En 1762, dans l’inventaire après décès du comte de Manerbe, elle est devenue « château des Bôves »[4]. Après la Révolution, le domaine est acquis en 1806 par le comte de Boisdénemets qui en disposait déjà selon un bail de 1804[5].
Oudiette date la reconstruction du château de 1810. Selon l’affiche de la vente de 1821 (car les Boisdénemets s’en défont rapidement), « le château dans le goût le plus moderne […] se compose d’un vestibule, où règne un bel escalier […] ; à droite du vestibule, appartement de maîtres, composé de trois pièces ; à gauche, salon de 24 pieds carrés très orné ; belle salle-à-manger à la suite, office, cuisine et communs »[6]. L’acte de vente évoque à l’étage quatre chambres mansardées et une cour d’honneur encadrée de deux longues ailes[7], ce n’est donc pas l’état actuel. L’aile de gauche comportait cuisine, office, fruitier fournil, à l’étage plusieurs chambres, et celle de droite, aussi longue mais élevée seulement d’un rez-de-chaussée et d’un grenier, abritait principalement une écurie, deux remises et un long grenier à fourrage[8].
La propriété est achetée en 1822 par Adèle Briffaut ; elle se marie en 1828 avec le notaire Armand Santerre, qui se fait désormais appeler Santerre des Bôves. Les travaux réalisés par les nouveaux propriétaires parachèvent la métamorphose : un second étage en attique est ajouté et l’aile droite supprimée[9]. Vendue en 1850 à un fermier voisin, Louis Poittevin, la propriété reste dans la même famille jusqu’en 1954. Elle est ensuite partiellement lotie, mais le château conserve un parc de 2 hectares[10]. La famille qui l’a acquise alors a conservé l’esprit de cette belle maison de campagne.
[1] Cet article doit tout à José Gilles, Châteaux et châtelains du Vexin, "Les environs de Magny, Histoire et Patrimoine du Vexin", T.3, 2017.
[2] Comme l’atteste la présence de dix-huit sièges et trois fauteuils de tapisserie mentionnés dans un inventaire après décès. Gilles, op. cit., p. 43-44.
[3] Ibidem, p. 45.
[4] Ibidem, p. 48.
[5] Ibidem, p. 52.
[6] Ibidem, p. 54.
[7] Ce que confirme aussi le cadastre napoléonien (1819).
[8] Gilles, op. cit., p. 54.
[9] Ibidem, p. 55.
[10] Ibidem, p. 62.
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Période(s)
- Principale : 1er quart 19e siècle , daté par source
- Principale : 17e siècle
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Dates
- 1810, daté par source
La demeure, malgré une apparente homogénéité, garde la trace de ses modifications successives. Elle est représentative de ces maisons de campagne transformées au fil du temps, mais dont l’architecture est restée d’une grande simplicité. Seule la façade principale présente une relative régularité et un décor raffiné qui date de la période Briffaut-Santerre. C’est pour eux qu’a été ajouté l’étage d’attique. L’aile gauche, contenant la cuisine et l’office ainsi que des chambres a été conservée, créant l’irrégularité de cette façade. Celle-ci est néanmoins construite autour d’un axe central composé du porche dont les quatre colonnes doriques soutiennent un balcon, puis d’un fronton à base interrompue. Le plus remarquable est la frise au décor de postes qui court tout au long de l’entablement. On ignore le nom de l’architecte auteur de cette transformation dans l’esprit néoclassique ; on peut simplement noter que dans le bourg de Magny, on peut voir plusieurs maisons à fronton et quelques corniches sculptées dans le même esprit[1].
Par contraste, la façade arrière est restée très rurale dans son irrégularité. Le rez-de-chaussée est aveugle de ce côté, et le décor ne se prolonge pas au-delà de la façade latérale. Un vaste fruitier atteste qu’on allait bien à la campagne pour consommer les produits du jardin.
L’aménagement intérieur est bien celui d’une maison de plaisance. On y trouve toutes les pièces nécessaires à la villégiature : un grand salon au décor de palmettes caractéristique de l’époque Restauration, une salle à manger, une salle de billard. Dans l’axe de l’entrée, le bel escalier de pierre à marches formant limon, volée centrale et deuxième volée double, est dit « très à la mode »[2] dans l’affiche de 1821. La première volée, qui occupe toute la largeur de la pièce, est en pierre tandis que la volée suivante est en bois.
[1] Vasseur, Waro, Magny-en-Vexin, op. cit., p. 361-364.
[2] Gilles, op. cit., p. 54.
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Murs
- calcaire pierre de taille enduit
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Toitsardoise
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Étages2 étages carrés
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Couvrements
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Élévations extérieuresélévation ordonnancée
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Couvertures
- toit à longs pans croupe
- noue
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre : escalier de type complexe en maçonnerie, en charpente
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État de conservationbon état
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Techniques
- sculpture
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Représentations
- postes
- lyre, cygne, ornement végétal, grecque, étoile, palmette
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Précision représentations
Dans le salon : sous une corniche à grecque, impostes des miroirs à décor de lyre portée par des cygnes et encadrée de guirlandes végétales. Au-dessus des portes, décor d'étoiles, palmettes et visages.
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Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
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Intérêt de l'œuvreà signaler
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Sites de protectionsite inscrit, parc naturel régional
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Protectionsinscrit MH partiellement, 1993
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Précisions sur la protection
Façades et toitures de tout le bâtiment et de son prolongement ; escalier et son vestibule, grand salon ; sol, petites constructions et murs de clôture du parc : inscription par arrêté du 3 août 1993.
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Référence MH
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
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Documents d'archives
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Archives départementales du Val d'Oise, Cergy-Pontoise : 3 P 2670
Cadastre napoléonien, 3 P 2670 - Section A, La Ville : deuxième feuille (première partie), 1819
Bibliographie
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Bibliothèque nationale de France, Paris : 8-H-457
Charles Oudiette, Dictionnaire topographique des environs de Paris, jusqu'à 20 lieues a la ronde de cette capitale, Paris, chez l'auteur 1817, rééd. Paris J.-L. Chanson, 1821.
-
Bibliothèque nationale de France, Paris : 4-LK7-64145
Roland Vasseur, Françoise Waro, Magny-en-Vexin des origines à 1914, Editions du Valhermeil, 1995
-
Bibliothèque nationale de France, Paris : 2017-171585
José Gilles, Châteaux et châtelains du Vexin, T.3, Les environs de Magny, Histoire et Patrimoine du Vexin, 2017
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