Dossier d’œuvre architecture IA95000257 | Réalisé par
Cueille Sophie
Cueille Sophie

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
;
Métais Marianne (Rédacteur)
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • inventaire topographique
  • patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
Maison de villégiature dite les Tourelles
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Enghien-les-Bains
  • Commune Enghien-les-Bains
  • Adresse 77 avenue de Ceinture
  • Cadastre 1852 A 868  ; 2015 AH 169
  • Dénominations
    maison
  • Précision dénomination
    maison de villégiature
  • Appellations
    Maison les Tourelles
  • Parties constituantes non étudiées
    jardin d'agrément, kiosque

Depuis le siècle des Lumières, le lac, en tant qu’objet de paysage naturel, est un sujet de contemplation qui annonce l’approche romantique de la nature. Le lac de la station thermale d’Enghien-les-Bains, considéré comme « l’une des merveilles de la banlieue de Paris » (Guinot), ne pouvait manquer d’attirer sur ses berges les amateurs de retraites campagnardes. En 1847, sur la centaine de maisons existantes dans le hameau d’Enghien, quarante-trois maisons de plaisance ou « campagnes », chalets, ermitages et chaumières, mais aussi maisons de « genre », sont la propriété de villégiateurs. De cette période, ne subsistent que deux édifices, la maison Reiset et la maison aux tourelles, toutes deux en bordure de lac.

La ville les Tourelles, construite durant les années 1830, a retenu l’attention de ses contemporains. Preuve en est sa publication dans différents recueils de modèles d’architecture de plaisance dont ceux de Georges Muller, Victor Petit, ou Normand[1] qui la qualifie de « gothique et de Renaissance » évoquant la présence de « baies en anse de panier, de vitres en verre mousseline, de tourelles [...], des motifs des pilastres de l'attique, du motif de losange sous les baies du rez-de-chaussée ».

Fort bien conservé, hormis quelques modifications au niveau des balustres et de la modénature de la façade lacustre, le bâtiment, dont on ignore l’architecte, est remarquable à bien des égards. Il illustre le style troubadour apprécié durant la première moitié du siècle mais dont peu d’exemples de maisons de villégiature sont parvenus jusqu’à nous.

Sophie Cueille

[1] Georges Muller, Paris et ses environs, Paris, Gihaut frères éditeurs, 1847, « maison de plaisance à Enghien » ; Victor Petit, Habitations champêtres, recueil de maisons, villas, chalets, pavillons, kiosques, parcs et jardins, Paris Montrocq frères, v. 1855, pl. n°62 ; Louis-Marie Normand, Paris moderne…, T. III, pl. 99.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle

Composant avec des motifs gothiques et Renaissance, le bâtiment se distingue des réalisations néogothiques ultérieures par la régularité et la symétrie de ses façades. La plus pittoresque, orientée vers le lac, est dotée aux angles de deux tours identiques reliées à l’étage par une galerie. C’est sur ces tours, dont l’une abrite l’escalier en vis, mais aussi sur les murs pignons latéraux que s’affirme le vocabulaire architectural historicisant ; aux baies de forme ogivale s’ajoute une composition originale où deux ouvertures, accostées de colonnettes et couronnées d'un fronton sommé d'une boule, encadrent une fausse baie à l’arcature trilobée et fleuronné. Le tout est curieusement souligné par une table en saillie supportée par quatre petites consoles. L'édifice, outre son caractère néogothique affirmé présente dans son couvrement des traits empruntés à la mode des chalets, alors très prisés à Enghien ; les toits sont largement débordants supportés par des aisseliers ouvragés et ourlés de lambrequins de bois. Afin de jouir de la vue autant sur le lac que sur le village de la station thermale, les lucarnes passantes de la travée centrale des deux façades sont dotées d’un balcon loggia également issu de l’architecture vernaculaire.

L’architecte a porté au choix des matériaux un soin particulier : à la blancheur du premier étage et de l’ensemble de la modénature, corniches et encadrement des baies, il a opposé un enduit coloré de meulière rocaillée au rez-de-chaussée dont l’utilisation est un trait marquant de la chronologie précoce de l'édifice.

Le petit kiosque pittoresque, indispensable fabrique d’un jardin de villégiature, est toujours en place vers le lac, situé à l’origine sur une petite île à laquelle un pont rustique donnait accès. Un portail et une grille en ferronnerie bordent la propriété du côté rue, ornés de fleurons, de rosaces et d’un réseau d’arabesques, le tout permettant au passant de jouir de la vue de la maison. Car souvent, dans les lieux de villégiature, les codes de la sociabilité font qu’il est aussi important de voir que d’être vu dans des espaces visuels partagés.

  • Murs
    • meulière enduit
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble
  • Couvertures
    • appentis
    • toit à longs pans pignon couvert
    • toit conique
    • noue
  • Escaliers
    • escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis
  • Techniques
    • sculpture
    • ferronnerie
  • Représentations
    • ornement géométrique
    • crochet
    • ornement végétal
  • Précision représentations

    Sur les baies des façades latérales, celles de l'étage présentent une composition en triplet avec un gable central dont les rampants sont ornés de crochets et deux baies latérales encadrées de colonnettes d'ordre composite supportant un petit fronton surmonté d'une sphère. Le portail en ferronnerie présente un riche décor avec des fleurons, des réseaux d'arabesques et des fleurs.

  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Sites de protection
    zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager

Bibliographie

  • Eugène Guinot, Enghien et la vallée de Montmorency, Paris, E. Bourdin, 1847

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 8-LK7-2606
  • CUEILLE Sophie, Enghien-les-Bains, Architecture et décors, photographe Jean-Bernard Vialles, Paris, Somogy, Images du patrimoine n° 255, 2010

    Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine
  • Sophie Cueille, "Villa les Tourelles", Châteaux, villas et folies, villégiature en Île-de-France, Lieux Dits, 2024

Périodiques

  • Sophie Cueille, « La petite mer d’Enghien, un site pour une villégiature parisienne », In Situ n°24, « Architecture et urbanisme de la villégiature : un état de la recherche », 2014.

Date(s) d'enquête : 2006; Date(s) de rédaction : 2010, 2024
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Cueille Sophie
Cueille Sophie

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Métais Marianne
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.