Dossier d’œuvre architecture IA94050084 | Réalisé par
Duhau Isabelle (Rédacteur)
Duhau Isabelle

Conservatrice du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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Métais Marianne (Rédacteur)
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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  • patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
Maison de villégiature dite villa de la Montagne
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Stéphane Asseline, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton aire d'étude de la région Ile-de-France
  • Commune Champigny-sur-Marne
  • Adresse 23 rue Martelet
  • Cadastre  ; 2025 BE 158
  • Dénominations
    maison
  • Précision dénomination
    maison de villégiature
  • Appellations
    Villa la Montagne

Implantée en partie haute de sa parcelle, la villa de la Montagne domine la vue sur les méandres de la Marne. Ses différentes extensions lui ont conféré une silhouette singulière, faite de volumes agglomérés, que complète le pavillon scandinave de l'Exposition universelle de 1889, remonté à proximité comme maison d'invités. Ainsi cette villa offre-t-elle à ses propriétaires ainsi qu'à leurs amis les conditions d'une parfaite villégiature.

Fernand Séraphin Martin (1849-1919), audacieux entrepreneur, a fait fortune grâce à sa manufacture parisienne de jouets automates[1]. En 1880, il ouvre une petite fabrique boulevard de Ménilmontant à Paris, qui compte plus de 300 employés après dix ans d’activité. Devenu un notable, il préside durant quelques années la chambre syndicale des fabricants de jouets & jeux. Au milieu des années 1880, il commande à Jean-Marie Boussard[2] une résidence en banlieue[3]. Située à Champigny, à l’est de Paris, dans un cadre magnifique dominant la vallée de la Marne et la boucle de Saint-Maur, la villa est aisément accessible par le train depuis la gare de la Bastille. Boussard présente lui-même cette « maison de campagne », son coût – 20 000 francs – et les critères qui ont conduits à sa conception, dans le Moniteur des architectes, revue à laquelle il contribue régulièrement[4]. « Si modeste que soit une habitation, le but de l’architecte doit être toujours et quand même d’augmenter le prestige de l’espèce humaine, tout en lui assurant les conditions d’existence améliorées autant que possible par une juste application des lois de l’hygiène. »

Après la fermeture de l’Exposition universelle de 1889, Martin acquiert et fait remonter dans le jardin – comme maison d’amis – le pavillon scandinave de l’Histoire de l’habitation humaine, conçue par Charles Garnier. Pour la manifestation, l’architecte de l’Opéra de Paris avait construit sur le Champs-de-Mars 44 habitations donnant à voir la diversité de l’habitat à travers les époques et les pays, s’inspirant, pour la maison scandinave, d’un dessin de l’architecte suédois Gustaf Ferdinand Boberg (1860-1946). La construction toute de bois sur un socle de pierre, demeure le seul vestige connu de cet ensemble (d’autres éléments de l’Exposition ont été identifiés dans la maison de campagne de Boussard à Cry, Yonne).

Au fil des besoins de la famille et des succès professionnels, la maison est agrandie en 1900 et 1906 par l’architecte Lucien Gillet (1860-1934), collaborateur de Boussard. Le sous-sol est repris, une véritable chaudière installée et une cave à vin aménagée. Les extensions, dont la tour-belvédère à l’arrière éclairée de baies en plein cintre ou les surélévations de parties secondaires couvertes de toitures à faible pente, ainsi que les modifications de la colonnade de la galerie, confèrent une silhouette de villa rustique italianisante à l’ensemble.

En janvier 1912, Martin vend sa manufacture et se retire à Champigny. Il y meurt en septembre 1919 et est inhumé au Père Lachaise, dans le caveau qu’il avait fait construire en 1907. La propriété demeure dans la famille, ce qui explique sa bonne conservation et son inscription au titre des monuments historiques en 1995.

[1] Frédéric Marchand, L’Histoire des jouets Martin, Paris, éd. l’Automobiliste, 1987.

[2] Arnaud Schoonheere, Jean Boussard (1844-1923) : bâtisseur et pionnier de l’architecture postale, thèse d’histoire de l’art, EPHE, 2023.

[3] Isabelle Duhau, Bry et Champigny dans les méandres de la Marne, Inventaire général du patrimoine culturel, Région Île-de-France, Lyon, Lieux Dits, 2007, p. 101.

[4] Le Moniteur des architectes, n° 11-12, 1889, p. 135, pl. 70.

Construite à flanc de coteau, la façade principale ouvre sur la pente et sur la vue par une galerie en pierre et rocaille, à arcades décorées de cabochons en céramique émaillée à l'extérieur. Des médaillons en terre cuite décorent l'intérieur de la galerie. Celle-ci fait le tour du corps de logis principal, de plan carré, sur deux niveaux, et longe aussi le petit côté de son aile latérale, rectangulaire, couverte d'un toit plat orné d'un garde-corps en terre-cuite. Une haute tour s’élève sur quatre niveaux à l’arrière. Tous ces volumes juxtaposés, dont les formes et les matériaux diffèrent, sont aussi de niveaux variables.

Au rez-de-chaussée, l’architecte a tracé « une vaste et belle pièce dans laquelle famille et amis peuvent circuler à l’aise », mise « à l’abri de l’air direct par une belle et vaste galerie-promenoir qui enveloppe la maison sur deux côtés, ouest et midi […] ; le sol des pièces est pavé en mosaïque de marbre et chauffé en dessous par le foyer antique des vieux Gallo-Romains, et les water-closets sont installés avec des appareils de ̏ tout à l’égoût˝ »[1]. La villa, construite en brique et moellon de meulière, s’élève – comme d’autres réalisations de Boussard – sur un sous-sol aménagé selon le principe de l’hypocauste antique fournissant un chauffage par le sol.

Le parc paysager, entretenu par un jardinier logé dans la maison du gardien à l’entrée de la propriété, conserve certains éléments rocaillés, décor en vogue à partir de la seconde moitié du XIXe siècle.

[1] Le Moniteur des architectes, op. cit.

  • Murs
    • meulière rocaille
    • brique enduit
    • moellon enduit d'imitation (incertitude)
  • Toits
    tuile, zinc en couverture
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 3 étages carrés
  • Couvrements
  • Couvertures
    • toit en pavillon croupe
    • toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
  • Techniques
    • céramique
  • Représentations
    • fleuron
  • Précision représentations

    Cabochons à fleurs stylisées en céramique émaillée sur la galerie.

  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Protections
    inscrit MH
  • Précisions sur la protection

    Maison en totalité et pavillon scandinave, façades et toiture, inscrits par arrêté du 7 juillet 1995

  • Référence MH

Bibliographie

  • Frantz Jourdain, Constructions élevées au Champ de Mars par M. Ch. Garnier, architecte, pour servir à l'histoire de l'habitation humaine,  Paris, Librairie centrale des beaux-arts, 1892.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : FOL-V-2891
  • Frédéric Marchand, L’Histoire des jouets Martin, Paris, éd. l’Automobiliste, 1987

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 4-V-46777
  • Isabelle Duhau, Bry et Champigny dans les méandres de la Marne, Inventaire général du patrimoine culturel, Région Île-de-France, Lyon, Lieux Dits, 2007

    Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine
  • Arnaud Schoonheere, Jean Boussard (1844-1923) : bâtisseur et pionnier de l’architecture postale, thèse d’histoire de l’art, EPHE, 2023.

  • Isabelle Duhau, "La villa de la Montagne", Bussière, Métais (dir.), Châteaux, villas et folies. Villégiature en Ile-de-France, Lyon, Lieux Dits, 2024

Périodiques

  • Le Moniteur des architectes, n° 11-12, 1889

    Bibliothèque Sainte-Genevièvre
Date(s) d'enquête : 2007; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Duhau Isabelle
Duhau Isabelle

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Métais Marianne
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