Dossier d’œuvre architecture IA94000382 | Réalisé par ; ;
Métais Marianne (Rédacteur)
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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  • inventaire topographique
  • patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
Demeure dite fondation Raspail
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Stéphane Asseline, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Cachan
  • Commune Cachan
  • Lieu-dit Quartier des Hospices
  • Adresse 13 rue Galliéni
  • Cadastre 1845 B 122 1845 B 119 à 122 ; 2025 R 114
  • Dénominations
    demeure
  • Appellations
    dite fondation Raspail
  • Destinations
    hospice
  • Parties constituantes non étudiées
    parc, musée

Cette demeure, située dans le hameau de Cachan, est la seconde résidence de la famille Raspail à Arcueil : la première est une maison construite à Arcueil en 1840 à la demande d’Emile Raspail, maire de la commune entre 1878 et 1887, où la famille aime se réunir. L’achat de cette nouvelle maison par Benjamin Raspail s’inscrit donc dans la continuité de ce lien entre les communes d’Arcueil et Cachan, et la famille Raspail.

Cette demeure, souvent surnommée « château Raspail »[1], est une ancienne villégiature aristocratique. Sa construction est estimée entre 1750 et 1789, notamment grâce à un plan de 1763 représentant une bâtisse de forme similaire[2], et est attestée par l’annonce de mise en vente de 1800 qui décrit sa forme actuelle[3] : une bâtisse longue de 30 mètres avec un ordonnancement symétrique. Elle a été construite sur une ancienne capitainerie de chasse dont sont probablement issues les caves[4].

Le banquier Artaud acquiert la demeure en 1801 et ajoute une pièce supplémentaire au sud, par la suite dénommée « salle de billard », qui comporte un décor remarquable inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques dès 1933. Au cours du XIXe siècle, l’orangerie est construite le long de cette pièce. Le maire d’Arcueil-Cachan, Armand Colmet, fait ensuite l’acquisition de la maison en 1804 et effectue les dernières modifications extérieures, notamment la tourelle d’escalier crénelée[5].

Après le retour de son père, François-Vincent Raspail, de son exil en Belgique en 1863, Benjamin Raspail acquiert la propriété. La maison devient un lieu de repos pour toute la famille, en marge de ses engagements politiques. Aucune modification n’est effectuée sur le bâti. Benjamin Raspail décède en 1899 et lègue la demeure au Département de la Seine avec deux conditions : l’ouverture d’un hospice, reflétant les engagements de la famille Raspail en matière de santé[6], et d’un musée dédié à la mémoire de son père ainsi qu'à l’exposition des œuvres d’art de la famille. Un musée est installé dans l’orangerie mais connaît une brève existence puisqu’il est fermé en 1940, tandis que la maison accueille un hospice jusqu’à 1978. Les rénovations effectuées pour cette nouvelle fonction conservent la plupart des agencements intérieurs.

En 2015, la maison est rétrocédée à la commune de Cachan. Le parc est ouvert au public mais la maison est inoccupée. Un collectif d’habitants se constitue en 2021, le Collectif Maison Raspail, et propose un tiers-lieu culturel à la ville : depuis 2022 il organise des expositions, des visites historiques et les journées européennes du patrimoine.

Laura Plessis

[1] Thomas Le Roux, "Histoire et patrimoine de la maison Raspail (Cachan) : faire vivre l’esprit des lieux", Clio 94, 2023, n°41, p. 41-63.

[2] Archives nationales, NIII 587, prairie de Cachan, et NIV Seine 25, planche 4, plan terrier, 1763.

[3] Collection particulière, Annonce de mise en vente, 1800.

[4] Léon-Louis Veyssière, Un village et un hameau du Hurepoix, deux communes du département de la Seine, Arcueil et Cachan, Cachan, Les Amis du Vieil Arcueil, 1947.

[5] Xavier de Massary, En Val-de-Bièvre, Images du patrimoine n°212, Paris, APPIF, 2002, pp. 36-41.

[6] « Méthode Raspail » : Méthode médicale particulière, mêlant règles d’hygiène, automédication et usage systématique du camphre. lalanguefrançaise.com

  • Période(s)
    • Principale : 18e siècle
    • Principale : 1ère moitié 19e siècle

La maison Raspail est implantée dans un parc et s’élève sur deux niveaux. La façade sur le parc présente une symétrie parfaite : la travée centrale comportant l’entrée est magnifiée au centre par des doubles pilastres et un fronton, donnant un aspect monumental, autour se développent quatre travées de chaque côté, unies deux à deux par des pilastres à fort relief qui traduisent l’agencement intérieur. A chaque extrémité du rez-de-chaussée, se trouve une travée supplémentaire ouverte d’une porte-fenêtre, la travée sud est surmontée d’une tourelle d’escalier crénelée. Le bâtiment est agrémenté, au sud, de la salle de billard qui se différencie par sa hauteur sous plafond mais qui reprend le même agencement que le reste de la bâtisse. Elle est achevée par une abside ouverte sur le parc.

Du côté de la rue, une cour en contrebas précède la maison. L’entrée est marquée par un perron et deux ailes perpendiculaires ferment la cour. Celles-ci abritent les espaces de distribution et de service comme la cuisine, les écuries ou encore la blanchisserie. L’élévation du corps principal reprend la façade sur le jardin, tandis que les deux ailes sont plus modestes.

Le rez-de-chaussée accueille les pièces de réception autour d’un vestibule : salons, salle à manger, boudoirs et salle de billard à l’extrémité. Chacune des pièces est ouverte de deux fenêtres sur le jardin, permettant une forte luminosité et un lien avec le parc. L’accès au premier étage se fait par un escalier, à la sobre rampe d'appui en serrurerie, menant à un couloir qui dessert cinq chambres. Les logements de domestiques se situent dans l’étage de comble.

  • Murs
    • calcaire
    • enduit
    • moellon
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré, rez-de-chaussée
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • croupe
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • ordre ionique
  • Précision représentations

    Sujet : pilastres d'Ordre ionique, support : vestibule

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune, D'abord propriété du Département, celui-ci a rétrocédé la maison à la Ville.
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH partiellement, 1933/06/06
  • Précisions sur la protection

    Le décor de la salle de billard est inscrit MH.

  • Référence MH

Documents d'archives

  • Archives nationales, NIII 587, prairie de Cachan, et NIV Seine 25, planche 4, plan terrier, 1763

    Archives nationales, Cartes et plans : NIV Seine 25, pl. 4
  • Plan masse de la propriété, s. d., vers 1860

    Archives départementales du Val-de-Marne, Créteil : 69 J1482/7
  • Plan masse de la propriété. Dessin à l'encre de Chine et lavis. S. d., vers 1860.

    Archives départementales du Val-de-Marne, Créteil : 69 J 1482/7
  • Plans au sol et de l'étage de la maison et de ses dépendances. Non signé. Vers 1900.

    Archives départementales du Val-de-Marne, Créteil : 2174 W10
  • Projet de construction d'un hospice sur les terrains de la fondation Raspail. Plan à l'encre aquarellé, signé Morize, 1901.

    Archives départementales du Val-de-Marne, Créteil : 2174 W 10
  • Vue de la maison du côté du parc dans les années 1870. Photographie.

    Archives départementales du Val-de-Marne, Créteil : 69 J 1491

Bibliographie

  • Léon-Louis Veyssière, Un village et un hameau du Hurepoix, deux communes du département de la Seine, Arcueil et Cachan, Cachan, Les Amis du Vieil Arcueil, 1947

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 2013-82095
  • Xavier de Massary, En Val-de-Bièvre, photographes Stéphane Asseline, Christian Décamps, Paris, APPIF, Images du patrimoine n° 212, 2002

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 2003-10828

Périodiques

  • Thomas Le Roux, "Histoire et patrimoine de la maison Raspail (Cachan) : faire vivre l’esprit des lieux", Clio 94, 2023, n°41.

    Bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art, Paris : 8PER487
    p. 41-63
Date(s) d'enquête : 1997; Date(s) de rédaction : 1998, 2025
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Plessis Laura
Plessis Laura

Stagiaire à l'inventaire en 2025-2026

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Métais Marianne
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Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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