Dossier d’œuvre architecture IA93001111 | Réalisé par
Caroux Hélène (Rédacteur)
Caroux Hélène

Docteure en histoire de l'architecture de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne depuis 2004 et chercheuse au Bureau du Patrimoine contemporain du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis

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Métais Marianne (Rédacteur)
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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  • patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
Maison de villégiature dite villa Chansonia, aujourd'hui commissariat de police
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Ile-de-France
  • Commune Aulnay-sous-Bois
  • Adresse 28 avenue Louis Barrault
  • Cadastre 2022 BQ 67
  • Dénominations
    maison
  • Précision dénomination
    maison de villégiature
  • Destinations
    commissariat de police

Depuis la fin du XIXe siècle, la ville d’Aulnay-sous-Bois connaît un véritable engouement. Avec l’implantation d’une gare en 1875, de nombreux Parisiens sont séduits par ce territoire occupé dans sa partie sud par la forêt de Bondy et traversée par le canal de l’Ourcq.

La construction de la villa Chansonia remonte à 1907, à la demande de son propriétaire Ernest Pacra (1852-1925), célèbre directeur de spectacles parisiens. Ce dernier possède à cette époque deux salles de concerts et de music-hall, La Fauvette et le Concert d’Arras. Il en acquiert une troisième, et donne le même nom de Chansonia à sa villa et à sa nouvelle salle de spectacle.

Le choix de s’installer à Aulnay-sous-Bois s’explique peut-être par le lien qui l’unit à Emile Duhem, auteur-compositeur et interprète de chansons avec lequel il travaille[1] et qui avait acheté ce terrain en 1883 pour y construire une première villa. Depuis la fin du XIXe siècle, la ville d’Aulnay-sous-Bois connaît en effet un véritable engouement. Avec l’implantation d’une gare en 1875, de nombreux Parisiens sont séduits par ce territoire occupé dans sa partie sud par la forêt de Bondy et traversée par le canal de l’Ourcq. En 1907, Aulnay-sous-Bois a certes un peu changé et les lotissements se sont multipliés mais celui du Parc, avec ses architectures fantaisistes et ses généreuses parcelles arborées, attire encore les artistes du milieu parisien. Ernest Pacra en fait partie, charmé par l’aménagement pittoresque de son prédécesseur et par cette petite ville aux allures de campagne.

Il conserve donc les aménagements extérieurs comme la grotte de rocailles ou encore le pont formé de fausses branches d’arbres mais fait reconstruire sa villa en lieu et place de l’ancienne maison de Duhem. Il en confie la réalisation à deux architectes : Frédéric Delafont (1870-1928), qui est un familier de cette ville pour occuper à la même époque les fonctions d’architecte communal mais aussi de conseiller municipal, et Eugène Touzé (1868-1914). Contrairement à la villa qu’ils édifient quelques centaines de mètres plus loin (45 avenue du Gros-Peuplier), d’inspiration Art nouveau, la villa Chansonia est plus sage et adopte une composition symétrique.

Dénommée parfois sur les cartes postales « Château Chansonia », cette vaste demeure à usage de villégiature suburbaine constitue un témoignage architectural de la vie sociale de la Belle Époque. Elle a été transformée en commissariat de police.

Hélène Caroux

[1] Nini Latin. Paroles de Ernest Pacra et E. Duhem. Musique de Emile Duhem, Paris, A. Grange, 1911.

La composition est symétrique et d'inspiration classique, organisée à partir d’un corps central en retrait flanqué de deux ailes saillantes. L’escalier extérieur, placé au centre et encadré de balustrades, renforce cet effet. En contrepoint et rappelant l’éclectisme alors en vogue, des lucarnes surmontées de frontons ponctuent l’importante toiture en pavillon, une terrasse en pierre relie les deux ailes, et des baies circulaires cintrées éclairent l’étage de réception au rez-de-chaussée. Cette composition, certes d'inspiration classique, est néanmoins construite en meulière et brique, matériaux alors en usage. Les ailes sont en meulière tandis que le corps central est en brique enduite. La corniche à décor de brique est soulignée par une frise de carreaux de faïence décorée de motifs végétaux, ajoutant à la polychromie de la façade.

  • Murs
    • meulière moellon sans chaîne en pierre de taille
    • brique
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble, sous-sol
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • toit en pavillon noue
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour
  • Statut de la propriété
    propriété publique

Documents d'archives

  • Carte postale "Château Chansonia" n. d.

    Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Bobigny : 75 FI 531
  • Carte postale "Château et parterres de Chansonnia", n. d.

    Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Bobigny : 75 FI 530

Bibliographie

  • Sallée André, Chauveau Philippe, Music-hall et café-concert, Bordas spectacles, 1985

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 789.794 4 SALL m

Périodiques

  • Lemarie Emile, « Villa Chansonia », CARHA, Bulletin n°15, 1993

Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Caroux Hélène
Caroux Hélène

Docteure en histoire de l'architecture de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne depuis 2004 et chercheuse au Bureau du Patrimoine contemporain du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis

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Plessis Laura
Plessis Laura

Stagiaire à l'inventaire en 2025-2026

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Métais Marianne
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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