• enquête thématique régionale, Architectures du sport en Ile-de-France
Architectures des sports de vitesse et de course
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    édifice sportif
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    Ile-de-France

Les architectures dédiées aux sports de vitesse en Île-de-France reflètent une histoire marquée par l'innovation et l'adaptation aux exigences réglementaires croissantes des fédérations sportives. Ces structures, qu'elles soient consacrées aux courses hippiques, au cyclisme, à l'automobile ou à l'aviation, témoignent d'une volonté constante de repousser les limites physiologiques ou techniques.

Les hippodromes

Avec près de 250 installations, la France rassemble autant d’hippodromes que l’ensemble des autres pays européens, Angleterre comprise. En Ile-de-France, ce sont neuf installations[1] qui font rayonner le turf et alimentent la ferveur du pari mutuel urbain (PMU). Il faut y ajouter quelques sites majeurs disparus ou désaffectés comme l’hippodrome de Saint-Ouen, celui de Marville où subsiste une remarquable tribune du début du XXe siècle ou encore la tribune d’Evry, à l’abandon depuis plusieurs années.

Les hippodromes de la région parisienne illustrent l'évolution des courses hippiques, de leurs origines aristocratiques à leur transformation en événements de masse. L'hippodrome de la Solle à Fontainebleau, inauguré en 1862, est le premier parcours français où les courses se déroulaient à main gauche. Sa tribune en bois et fonte, la plus ancienne conservée en Île-de-France, symbolise l'engouement pour les courses hippiques au XIXe siècle.

L'hippodrome d'Auteuil, inauguré en 1873, est quant à lui spécialisé dans les courses d'obstacles et a accueilli les épreuves d'équitation des Jeux olympiques de 1924. Ses tribunes, modernisées dans les années 1920 et 1970, intègrent des éléments décoratifs inspirés du XVIIIe siècle et une structure en béton caractéristique de leur époque. L'hippodrome d'Enghien-Soisy, inauguré en 1879, a également été modernisé dans les années 1930 par Jean Papet, qui a utilisé le béton et la brique pour créer une esthétique dynamique influencée par le Mouvement moderne.

L'hippodrome de Longchamp, créé en 1857, a subi plusieurs rénovations, la dernière en date étant l'œuvre de Dominique Perrault, qui a conçu une tribune avec une architecture flottante offrant une vue panoramique sur les courses. Ces hippodromes montrent comment les architectures équestres ont évolué pour répondre aux attentes des spectateurs tout en préservant leur héritage historique.

Les vélodromes, une polyvalence assumée dès les origines

Parmi les 600 vélodromes ayant existés en France[2], environ 200 restent aujourd’hui pleinement en activité. L’Île-de-France compte une dizaine de structures.

Le vélodrome municipal de Vincennes, ou "la Cipale", inauguré en 1896, a accueilli des épreuves des Jeux olympiques de 1900 et 1924, ainsi que l'arrivée du Tour de France de 1968 à 1975. Sa rénovation en 2015 a permis de préserver son héritage tout en l'adaptant aux besoins modernes.

Le Vélodrome d'Hiver, construit en 1909-1910 par Lambert et Durand, est un autre exemple d'architecture sportive polyvalente. Inauguré en 1910, il a accueilli les "Six Jours de Paris" et divers événements sportifs et culturels. En 1931, Jeff Dickson le rénove, améliorant la visibilité en remplaçant les pylônes par une arche de fer. La rafle du Vel' d'Hiv en 1942 a donné à ce lieu une importance historique majeure. La reprise de ses activités spectaculaires et sportives après-guerre n’a pourtant pas permis de sauver ce lieu d’une destruction inéluctable. Plus aucun standard de confort pour les spectateurs ou les sportifs n’y était assuré.

Le point commun à l’ensemble de ces lieux voués à la quête de vitesse est aussi le grand spectacle présenté lors des meetings et autres compétitions. Parmi les sports mécaniques, le mess des officiers de Port-Aviation est un rare témoin des meetings aériens du début du XXe siècle, quand l'autodrome de Montlhéry continue d'assurer le spectacle jusqu'à aujourd'hui.

[1] https://cheval-patrimoine.culture.gouv.fr/fr/les-hippodromes-en-france

[2] ARDIN, Gilles. Le grand livre des vélodromes français :  en 600 tours de piste. Le Crest : les Éditions du Volcan, 2021

Date(s) d'enquête : 2021; Date(s) de rédaction : 2022, 2024
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