Dossier d’œuvre architecture IA92000146 | Réalisé par
de Finance Laurence
de Finance Laurence

Conservateur du patrimoine, DRAC Ile-de-France - Service de l'Inventaire général du patrimoine (1993-2002), Musée des monuments français (2003-2015).

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Bussière Roselyne (Rédacteur)
Bussière Roselyne

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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Métais Marianne (Rédacteur)
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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  • inventaire topographique
  • patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
Demeure dite folie Desmares
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Châtillon
  • Commune Châtillon
  • Adresse 17 rue de la Gare
  • Cadastre 1810 2B 645  ; 1810 2B 658  ; 2020 J 147
  • Dénominations
    demeure
  • Précision dénomination
    maison de villégiature, maison de plaisance
  • Appellations
    dite folie Desmares
  • Destinations
    annexe de la mairie
  • Parties constituantes non étudiées
    jardin, oratoire, communs

« La situation de ce village sur une éminence est l’une des plus belles des environs de Paris. L’air y est pur, sain, et les maisons de campagne jouissent d’une vue charmante ». La folie Desmares, et ses transformations successives, vient confirmer l’enthousiasme du géographe Charles Oudiette. Sous son dernier avatar, cette demeure tient davantage de l'hôtel particulier que de la petite maison, typologie particulière de la maison de plaisance.

La Folie Desmares n’a pas été construite mais transformée par son amant pour les beaux yeux de l’actrice Charlotte Desmares[1]. En 1708 le banquier Suisse Antoine Hogguer achète à Claude Ballon, maître de danse, et à son épouse Marie Dufort, une propriété de 5 hectares dans laquelle se trouve une maison « que les vendeurs ont fait construire à neuf » après 1705, à la place d’une petite maison. Le banquier, qui demeure alors rue du Temple à Paris, fait considérablement embellir cette demeure pour sa maîtresse, avant de la vendre en 1715 à François de Ravière.

En sept années, si le décor de la maison a été embelli, il ne semble pas que son architecture ait été vraiment révolutionnée. A ce jour, aucune archive ne permet d’attribuer cette transformation à un architecte. Deux noms apparaissent, François Debias-Aubry (ca. 1680-1755) et Alexandre Le Blond (1679-1719)[2]. Le premier est cité parce que le banquier fera appel à lui en 1724 pour la construction de son hôtel parisien[3] mais son activité connue est postérieure à 1718[4]. Quant au second, il a construit la folie Regnault, juste à côté et à la même époque. Mais Dézallier d’Argenville ne lui attribue que le jardin de la folie Desmares[5].

La Folie a changé rapidement et fréquemment de propriétaires pendant tout le XVIIIe siècle[6]. Au XIXe siècle, elle sert de pension puis de refuge pour « les filles repenties »[7], d’où d’importantes modifications dans le décor. Acquise par la commune en 1984, elle abrite la Maison du patrimoine et est en cours de restauration.

Pour accéder à l'ensemble de l'iconographie, voir le dossier d'origine numérisé (lien en pied de page).

 Roselyne Bussière

[1] Gilles-Antoine Langlois, « La Folie-Desmares à Châtillon », Dix-huitième siècle, n°25, 1993, L’Europe des Lumières, p. 457-482.

[2] Ibidem, p. 459.

[3] Il s’agit du fameux hôtel dit de Villeroy, 78 rue de Varennes du nom de son acquéreur en 1735 à la suite d’une saisie des créanciers de Hogguer et siège du Ministère ministère de l’Agriculture depuis 1880.

[4] Michel Gallet, Les Architectes parisiens du XVIIIe siècle, Paris, Mengès, 1995, p.172. On sait toutefois qu’en 1715 il était architecte des bâtiments du roi. https://francearchives.gouv.fr/.

[5] Antoine Nicolas Dézallier d’Argenville, Vie des fameux architectes et sculpteurs depuis la renaissance des arts, Paris, Debure l’Ainé, T. I, 1787, p. 443.

[6] Successivement Ballon 1705-1708 ; Hogguer 1708-1715 ; François Ravière 1715-1738 ; Antoine de Beauve 1738-1741 ; Marquis de Creil 1741-1747 ; Louis Le Tellier 1747-1786

[7] Langlois, op. cit., p. 470.

L’accès se fait par un portail inséré dans une demi-lune ouvrant sur une cour bordée de chaque côté de deux longues ailes qui se déploient depuis la rue. La maison se dresse au fond de la cour. La façade d’entrée plutôt austère comporte cinq travées pour un étage carré et un important étage de comble sous une charpente à longs pans brisés. L’axe central est marqué par la porte cintrée surmontée d’un fronton peu élevé, reposant sur des pierres en refends. La façade sur jardin est plus souriante grâce à la présence d’un balcon soutenu par des colonnes corinthiennes.

Au rez-de-chaussée, en 1708, se succédaient un vestibule, une salle-à-manger et trois petits salons, et à l’étage quatre « pièces de plain-pied » et un cabinet. L’étage de comble comportait sept chambres et un grenier[1]. Cette distribution a été conservée, ainsi que le grand escalier, à main gauche, et sa belle rampe de serrurerie à panneaux et pilastres. Mais il manquait à cette maison de plaisance des pièces de réception importantes et le banquier s’est attaché à les aménager, dans un mélange de dépenses fastueuses et d’économies.

Sur l’aile droite, en rez-de-chaussée, est ajoutée « une superbe et vaste galerie, éclairée par six croisées, entre lesquelles sont de superbes tables de marbre et de belles glaces »[2]. Sur le mur qui fait face aux fenêtres alternaient des statues de Diane et de Vénus et deux grands tableaux de chasse peints par Alexandre François Desportes dont c’était la spécialité[3].

Dans l’autre aile, la chambre de l’actrice de forme octogonale donnait sur le jardin. Elle disposait d’un joli cabinet de bains « précédé d’une autre pièce dont la boiserie est chargée d’arabesques agréablement peintes et dont toutes les figures de femmes offrent le portrait de la Desmares »[4]. Un escalier dérobé conduisait à une chambre à l’étage. La salle de billard se trouvait juste à côté, donc à la place de l’un des trois petits salons.

Les jardins, probablement l’œuvre de l’architecte Alexandre Le Blond, étaient dans la tradition des jardins réguliers[5]. Rien n’y manquait pour l’agrément de la vue : terrasse, belvédère, parterres de broderie dans l’axe de la façade, bassin dans leur prolongement. Pour l’agrément de la promenade, de longs cheminements sous les charmilles, des rangs de marronniers, des rampes en pente douce. Enfin pour produire et consommer, les serres, l’orangerie, le verger, la glacière, le potager. C’est en réalité la mise en pratique, avant la lettre, du traité de Le Blond La théorie et la pratique du jardinage dont la première édition date de 1709[6].

 Roselyne Bussière

[1] Gilles-Antoine Langlois, « La Folie-Desmares à Châtillon », Dix-huitième siècle, n° 25, L’Europe des Lumières, 1993, p. 470.

[2] Luc-Vincent Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, Paris, Hardouin et Gattey, 1787, p. 412. Cité par Langlois, op. cit., p. 412.

[3] Vendues en 1904. Langlois, op. cit. p. 474.

[4] Thiéry, op. cit. p. 412.

[5] Leur plan a été reconstitué par Langlois, op. cit., p. 471.

[6] Jean Baptiste Alexandre Le Blond, La Théorie et la pratique du jardinage, Paris, Mariette, 1722.

  • Murs
    • enduit
    • pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan régulier en U
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit brisé en pavillon
    • toit à longs pans
    • pignon découvert
    • croupe brisée
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en maçonnerie
  • Techniques
    • sculpture
    • décor stuqué
    • ferronnerie
  • Représentations
    • tête d'homme
    • tête de femme
  • Précision représentations

    Support : clefs de voûte des arcs de l'Aile droite, façade sur jardin

  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler, maison d'homme célèbre
  • Éléments remarquables
    escalier
  • Protections
    inscrit MH, 1987/06/05
  • Référence MH

Bibliographie

  • Antoine Nicolas Dézallier d’Argenville, Vie des fameux architectes et sculpteurs depuis la renaissance des arts, Paris, Debure l’Ainé, T. I, 1787, p. 443.

    Bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art, Paris : 8 Res 1944
    p. 443
  • Michel Gallet, Les Architectes parisiens du XVIIIe siècle, Paris, Mengès, 1995, p. 172.

    Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine : 75.1 077
    p. 172
  • Claire Ollagnier, Petites maisons. Du refuge libertin au pavillon d'habitation en Île-de-France au siècle des Lumières, Bruxelles, Mardaga, 2016

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 2016-76747
  • Roselyne Bussière, Marianne Métais, et alii, Châteaux, villas et folies, Villégiature en Ile-de-France, Région Île-de-France, Lieux Dits Editions, 2024

    Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine

Périodiques

  • Gilles-Antoine Langlois, « La Folie-Desmares à Châtillon », Dix-huitième siècle, n°25, 1993, L’Europe des Lumières, p. 457-482.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 054 XVIII
    p. 457-482
Date(s) d'enquête : 1995; Date(s) de rédaction : 1995, 2024
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
de Finance Laurence
de Finance Laurence

Conservateur du patrimoine, DRAC Ile-de-France - Service de l'Inventaire général du patrimoine (1993-2002), Musée des monuments français (2003-2015).

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Bussière Roselyne
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Métais Marianne
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