Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
- patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Ile-de-France
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Commune
Villemoisson-sur-Orge
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Adresse
4 avenue de la mare Tambour
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Cadastre
2024
AE
290
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Dénominationsmaison
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Précision dénominationmaison de villégiature
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AppellationsCastel d'Orgeval
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Parties constituantes non étudiéesdépendance
Cette maison Art nouveau, rare dans le paysage de la villégiature francilienne, offrait à ses habitants le meilleur de la vie à la campagne, en suivant le parcours du soleil au fil des expositions de ses divers balcons et terrasses. En faisant appel à Guimard, ses commanditaires entendaient affirmer leur ambition et leur désir de modernité à travers une maison qui devait servir de faire-valoir pour leur vaste projet de lotissement d'une partie de la forêt de Séquigny.
Le Castel d’Orgeval a été construit dans le contexte de l’urbanisation de la forêt de Séquigny, située sur les communes de Villemoisson-sur-Orge, de Morsang-sur-Orge et de Sainte-Geneviève-des-Bois. Le promoteur Achille Laurent espère sans doute bénéficier de l’attractivité procurée par la proximité de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois, mise en service en 1881. Il achète 120 hectares de forêt à la Société des meulières en 1885[1]. Associé à son fils Léon, il crée en 1899 le lotissement du parc de Beauséjour[2]. Les deux associés se réservent une grande parcelle triangulaire[3], délimitée par d’anciennes allées forestières, pour se faire construire une demeure qui combine les fonctions de siège local de leur société immobilière et de résidence de campagne, leur adresse principale restant à Paris.
Soucieux d’afficher la modernité de leur entreprise, ils font appel à l’architecte Hector Guimard qui, fort de la notoriété acquise avec la construction du Castel Béranger entre 1895 et 1898, vient d’édifier une série de sept maisons de plaisance périurbaines et balnéaires, dont les plus célèbres sont le Castel Henriette à Sèvres, la villa La Bluette à Hermanville-sur-Mer (1899) et la villa la Surprise à Cabourg (vers 1903). L’année même de la conception du Castel d’Orgeval, en 1904, Guimard publie, à l’occasion du salon d’automne, un petit ouvrage décrivant treize maisons de campagne pour des budgets variés[4]. Il reçoit la commande de deux autres maisons, beaucoup plus modestes, pour le lotissement du parc de Beauséjour, les villas Clair de Lune et Rose d’Avril[5].
Des plans proches de la réalisation mais, curieusement, inversés, sont datés de mai 1904[6]. Ils sont cosignés par l’architecte hongrois Miklos Gyorgyfalvy, passé brièvement dans l’atelier de Guimard, après avoir étudié auprès d’Otto Wagner à Vienne. Les dessins presque définitifs sont établis en septembre 1904[7], suivis en décembre de ceux de la dépendance et en janvier 1905 de ceux la clôture[8]. La construction est sans doute terminée, lorsque la villa est publiée, en septembre 1905, dans la revue Documents d’architecture moderne.
Nicolas Foisneau
[1] Georges VIGNE, Hector Guimard, 2003, p. 228.
[2] AD 91, 2E69 460.
[3] Elle a été amputée dans les années 1950, ce qui a entraîné la démolition du portail d’entrée de la propriété.
[4] VIGNE, op. cit., p. 238.
[5] VIGNE, op. cit., p. 246. L’une a été défigurée et l’autre détruite.
[6] Documents d’architecture moderne, sept. 1905.
[7] New York, Cooper-Hewitt Museum.
[8] New York, Columbia University, Avery architectural and Fine Arts library.
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Période(s)
- Principale : 1er quart 20e siècle , daté par travaux historiques
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Dates
- 1904, daté par source
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Auteur(s)
- Auteur :
Le Castel d’Orgeval se distingue des réalisations parisiennes de l’architecte par l’utilisation de matériaux rustiques, la meulière et, secondairement, la brique claire, et non de la pierre de taille de calcaire. La sculpture décorative est également exclue de ses façades, de même que la ferronnerie ornementale, sauf sur les vantaux de la porte principale, alors qu’elles jouent un rôle essentiel dans les hôtels et immeubles contemporains – hôtel Nozal, hôtel Deron-Levent, immeubles Jassédé. Les garde-corps des balcons sont ici en bois, comme dans les villas balnéaires de Guimard.
La composition architecturale repose sur l’articulation de volumes différentiés, qui traduisent à l’extérieur une organisation intérieure hiérarchisée, conformément aux principes du rationalisme, auxquels Guimard a toujours été fidèle : d’un côté, l’entrée et l’escalier principaux, un bureau surmonté d’une chambre d’ami, la cuisine et l’office ; de l’autre, l’atelier, le salon et la salle à manger et, au-dessus les chambres principales et leurs annexes.
Mais l’animation qui résulte de cette volumétrie complexe atteint ici un niveau de dynamisme et de liberté inédits. La position de la demeure au milieu d’un parc a permis à Guimard de multiplier les contrastes : jeux de hauteurs variées, de retraits et d’avancées, de pleins et de vides, de lignes courbes, droites et obliques, sans oublier la variété stupéfiante des couvertures, à pans droits ou courbes en débord ou encore en terrasse. Il en résulte une grande richesse formelle, aux effets de pittoresque, mais unifiée grâce la fluidité des tracés courbes. Cela donne à l’ensemble un aspect tout à la fois sculptural et organique. La demeure est dominée par une tourelle abritant l’escalier de service et, en haut, un belvédère, qui lui donne une silhouette castrale - justifiant sa dénomination de castel - et permet d’embrasser le parc du regard.
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Murs
- meulière moellon sans chaîne en pierre de taille
- brique brique et pierre
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Toitstuile plate
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Étagesétage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés, étage de comble
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Couvrements
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Couvertures
- terrasse toit à longs pans croupe ronde
- toit en pavillon croupe
- noue
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente
- escalier hors-oeuvre
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Statut de la propriétépropriété privée
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Protectionsinscrit MH partiellement
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Précisions sur la protection
Les façades et toitures sont inscrites au titre des Monuments historiques par arrêté du 15 janvier 1975.
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Référence MH
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
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Documents d'archives
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Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 2E69/460
Etude notariale de SAVIGNY-SUR-ORGE (1570-1911), Justin Édouard LECOURBE, notaire (août-septembre 1899) : minutes.
Bibliographie
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Bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art, Paris : NY GUIM3.A2 2003
Georges VIGNE, Hector Guimard, Paris, Moreau Ferré, 2003
Périodiques
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Documents d’architecture moderne, Paris, Laurens, 6e année, n°6, sept. 1905.
Chargé de protection, Conservation régionale des Monuments historiques d'Île-de-France
Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
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