Idéalement située en bord de Seine, longeant le chemin de halage, cette villa offre toutes les caractéristiques de la villégiature fluviale, avec sa remise à bateaux et son accès direct à l'eau. Elle est l’œuvre de l'architecte Jules Saulnier, dont en retrouve le style dans les jeux de polychromie des briques.
- patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Ile-de-France
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Commune
Les Mureaux
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Lieu-dit
Le pied de boeuf
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Adresse
1 rue des gros murs
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Cadastre
1821
A
924
;
2024
AD
33
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Dénominationsmaison
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Précision dénominationmaison de villégiature
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AppellationsVilla l'Oseraie, Maison Bouvaist
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Destinationsmaison
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Parties constituantes non étudiéesparc, dépendance
Un vaste terrain, nommé le Pied de Bœuf[1], longe la Seine et le chemin de halage des Mureaux, face à l’île Belle. Des vignes et une oseraie, qui donnera son nom à la villa, occupent ces terres au début du XIXe s. Henri-Félix Michelet (1829-1884)[2] fait l’acquisition en 1874 de quelques parcelles du Pied de Bœuf, à l'angle de la rue des Gros murs, qui s'appelle alors chemin du Port Saint-Côme, et du chemin de hallage.
Pour construire sa villa, Henri-Félix Michelet, ornemaniste spécialisé dans les ornements en zinc, cuivre et plomb pour l’architecture[3], fait appel à un homme de l’art en phase avec l’architecture de son temps et ses matériaux, l’architecte Jules Saulnier (1817-1881). Il est possible que les deux hommes aient travaillé ensemble. En 1874, Michelet a obtenu des médailles pour ses travaux et Saulnier est déjà célèbre. Ses réalisations sont diffusées dans la presse spécialisée : l’atelier de la peintre Rosa Bonheur, notamment, qu’il construit au château de By, à Thomery, en 1860[4], et plus encore la chocolaterie Menier de Noisiel, achevée en 1872[5] et publiée régulièrement de 1874 jusqu’après sa mort, en 1881[6]. La construction de l’Oseraie, l’une de ses dernières œuvres connues, est achevée en 1876. Ses plans et élévations sont détaillés dans plusieurs importantes revues d’architecture, L’Encyclopédie d’architecture en 1879 et La Gazette des architectes et du bâtiment en 1880[7].
Les Michelet résident à Paris[8] ; la villa des Mureaux est leur maison de campagne, dans laquelle ils se rendent avec leur domestique et leur cuisinière, témoignant d’un train de vie bourgeois[9]. Au moins à partir de 1881, il semble que la maison soit désormais louée à une famille de Parisiens, les De Castro, dont le chef de famille est rentier[10]. Henri-Félix Michelet décède en 1884 et la maison est vendue en 1887 à Emile Geoffroy Oberrieth (1830-1901), tailleur, qui tient boutique rue de Caumartin[11]. Pendant un court laps de temps, entre 1909 et 1910, la famille De Castro possède la villa[12] mais dès 1910, Victor Auguste Tissier (1855-1915), fabricant et négociant en soie[13], l’acquiert à son tour[14] et la conserve une dizaine d’années. Au moins jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, tous les propriétaires qui se succèdent conservent à la villa sa vocation de villégiature[15]. Un médecin des Mureaux, le docteur Jacques Bouvaist (1913-2010), en est propriétaire de 1955 à 1982 ; son souvenir en est conservé, son nom ayant longtemps été donné à la maison.
La ville des Mureaux achète l'Oseraie en 1986. Elle accueille aujourd’hui plusieurs associations. Le parc qui l'entoure est beaucoup plus vaste qu'à l'époque de la construction de la maison. D'après les matrices, une maison de jardinier et une serre se trouvaient à l'est du domaine.
[1] La carte d’état-major des environs de Paris (1818-1824), consultable sur Géoportail, distingue ce hameau de celui de la Sangle, auquel par la suite la villa est rattachée si l’on en croit les recensements de population de la ville.
[2] AD 78, 3P3 1231.
[3] Jacques-Joseph Techener, Annuaire des notables commerçants de la ville de Paris, Paris, J. Techener 1861.
[4] IA77000937 inventaire.iledefrance.fr/
[5] IA77000030 inventaire.iledefrance.fr/ et Claudine Cartier, Hélène Jantzen, La Chocolaterie Menier, Noisiel, Seine-et-Marne, Images du patrimoine n°120, APPIF, 1994.
[6] L’Encyclopédie d’architecture, 1874, p. 116 ; 1875, p. 110 ; 1876, pl. 352 ; 1877, p. 91-93 ; 1878, p. 146 ; L’Architecture pour tous, 1890-1891, pl. 1313.
[7] L’Encyclopédie d’architecture, 1879, p. 90-91 et La Gazette des architectes et du bâtiment, 1880, p. 195-196.
[8] L’ornemaniste a deux adresses parisiennes, quai de Jemmapes et rue des Buttes Chamont. Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration, Paris, Firmin-Didot frères, 1880.
[9] Recensement de population des Mureaux de 1876, AD 78, 9M746 1. L’épouse de Michelet, Eugénie Robino, est normande comme lui. Leur domestique se nomme Louis Becquet, leur cuisinière, Alice Leleu.
[10] Albert De Castro, sa mère, son épouse et leurs quatre enfants apparaissent dans le recensement de population des Mureaux de 1886, AD 78, 9M746 1.
[11] Oberrieth est associé à Delphin Herment, dont il épouse en secondes noces la fille, Eugénie Palmyre. Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration, Paris, Firmin-Didot frères, 1889.
[12] Matrices cadastrales, AD 78, 3P3 1235, case 374.
[13] Dossier de Légion d’honneur LH/2610/28.
[14] Matrices cadastrales, AD 78, 3P3 1235, case 210.
[15] Matrices cadastrales, AD 78, 3P3 1236, case 466.
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Période(s)
- Principale : 4e quart 19e siècle
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Dates
- 1876, daté par source
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Auteur(s)
- Auteur :
L’Oseraie est tout à fait représentative de l’éclectisme qui triomphe dans les années 1880, en particulier par l’usage en assises alternées de pierre et brique, les jeux de polychromie autour de la brique pour créer des décors géométriques, l’inclusion discrète de motifs historico-régionalistes inspirés, comme souvent chez Saulnier, d’un « gothique anglo-flamand »[1] dont les cheminées, toutes différentes et très décoratives, constituent ici un morceau de bravoure. Les corps des bâtiments articulés, où chaque module correspond à une pièce, sont aussi une marque de modernité[2].
Le plan qui en résulte est complexe, la maison s’articule autour de deux ailes perpendiculaires que relient plusieurs appendices, dont la tour d’escalier, procurant à son angle creux un traitement spectaculaire. Cette articulation se lit dans les formes variées des toitures : toit à pignons découverts pour l’aile du salon, toit polygonal pour celle de la salle à manger, toit à croupes pour l’aile des cuisines, l’ensemble dominé par le haut toit en pavillon de la tour marquant l’escalier.
La maison n’a pas connu de grande modification depuis son origine, à l’exception de la terrasse, qui a été fermée et prolonge désormais la salle à manger. Ironie du sort car Saulnier d’expliquer que l’articulation des différents corps de bâtiment a été précisément déterminée par cette terrasse qui devait être « accessible des pièces du rez-de-chaussée et en vue de la Seine […] et comprendre une partie […] à l’abri du soleil et des vents de l’ouest, où on pût dresser la table pour les repas en plein air ; c'est en raison de cette condition spéciale qu'ont été groupés les différents corps de bâtiment »[3]. On trouve bien ici les traits et attraits de la maison de campagne, destinée à jouir de la vue, du bon air, du fleuve, et à recevoir. La terrasse forme, avec le salon et la salle à manger, un trio indissociable, que confirme la taille somme toute modeste de la salle à manger : c’est à l’extérieur qu’on préfère prendre ses repas.
Au premier étage se trouvent plusieurs chambres de maître, dont celles de Monsieur et de Madame. Un « cabinet-bibliothèque », établi au-dessus du salon, qui est la plus grande pièce de l’édifice, en a aussi les dimensions : les commanditaires prennent donc soin de prévoir des occupations en cas de mauvais temps. La maison compte en outre trois chambres d’amis, installées au second étage.
Michelet, qui était « grand amateur de navigation fluviale »[4], comme sa famille[5], a souhaité que sa maison comprenne un accès direct à la Seine et un espace pour ses bateaux. Beaucoup plus vaste que les niveaux supérieurs, le soubassement, qui assoit l’édifice, a été aménagé pour cet usage. Un tiers de l’espace est occupé par la remise à bateaux, prolongée, côté Seine, par un atelier. Une large porte, aujourd’hui condamnée mais parfaitement lisible, ouvre sur le chemin de halage, permettant une mise à l’eau facile. Une cave à vin occupait encore près d’un tiers de l’espace. Cette maison de villégiature était bien destinée aux loisirs et aux plaisirs de la convivialité. Un vaste jardin aménagé en parc paysager entoure la villa et contient une pièce d'eau et de beaux spécimens.
[1] Sophie Cueille, Le Vésinet, modèle français d’urbanisme paysager, 1858-1930, APPIF, Paris, Imprimerie nationale, Cahiers de l’Inventaire n° 17, 1989 p. 53.
[2] Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc, Histoire d’une maison, Paris, J. Hetzel, 1873, p. 18 et suiv. : on comprend comment l’articulation de chacune des pièces nécessaires au propriétaire dessine le plan. La physionomie des façades doit en découler.
[3] Ibid.
[4] L’Encyclopédie d’architecture, 1879, p. 90.
[5] Ses neveux Félix Henri Léon (1863-1922) et Camille Emile Gaston (1867-1935) remportent deux médailles de voile aux Jeux olympiques de Paris 1900.
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Murs
- calcaire brique et pierre à assises alternées
- brique appareil en damier
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Toitsardoise
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Étagesétage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
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Couvrements
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Couvertures
- toit à longs pans croupe
- toit en pavillon
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Escaliers
- escalier demi-hors-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente
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Typologies
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État de conservationbon état
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Techniques
- fonderie
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Précision représentations
Crêtes en fonte et épis de faîtage
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Statut de la propriétépropriété de la commune
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Intérêt de l'œuvreà signaler
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Précisions sur la protection
Labellisé "Patrimoine d'intérêt régional" par le Conseil régional d'Île-de-France en commission permanente du 29 septembre 2025.
- (c) Diane Betored, Région Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
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Documents d'archives
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Archives départementales des Yvelines, Montigny-le-Bretonneux : 3P2 189
Plan cadastral napoléonien, 1821
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Archives départementales des Yvelines, Montigny-le-Bretonneux : 9M746 1
Recensement de population des Mureaux 1876
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Archives départementales des Yvelines, Montigny-le-Bretonneux : 9m746 2
Recensement de population des Mureaux de 1886
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Archives départementales des Yvelines, Montigny-le-Bretonneux : 3P3 1231
Matrices cadastrales 1833-1914 (1 à 478)
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Archives départementales des Yvelines, Montigny-le-Bretonneux : 3P3 1235
Matrices des proporétés bâties 1882-1911
-
Archives nationales, Pierrefitte-sur-Seine : LH/2610/28
Dossier Légion d'honneur de Victor Auguste Tissier
Bibliographie
-
Bibliothèque nationale de France, Paris : V-28060
Jacques-Joseph Techener, Annuaire des notables commerçants de la ville de Paris, Paris, J. Techener 1861
p. 130 -
Bibliothèque nationale de France, Paris : V-55106
Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc, Histoire d’une maison, Paris, J. Hetzel, 1873
-
Bibliothèque nationale de France, Paris : V-11432
Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration, Paris, Firmin-Didot frères, 1880
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Bibliothèque nationale de France, Paris : V-11432
Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration, Paris, Firmin-Didot frères, 1889
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Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine
Claudine Cartier, Hélène Jantzen, La Chocolaterie Menier, Noisiel, Seine-et-Marne, Images du patrimoine n°120, APPIF, 1994
Périodiques
-
Bibliothèque nationale de France, Paris : FOL-V-117
L'Encyclopédie d'architecture, 1879, p. 90-91 et planches 563, 574, 575, 594, 615.
p. 90-91 -
Bibliothèque nationale de France, Paris : V-3836
Gazette des architectes et du bâtiment, 1880, p. 195-196
p. 195-196
Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France