Dossier d’œuvre architecture IA78000387 | Réalisé par
Cueille Sophie
Cueille Sophie

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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Métais Marianne (Rédacteur)
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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  • inventaire topographique
  • patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
Maison de villégiature L'Escale, autrefois villa Félix
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Poissy centre
  • Hydrographies La Seine
  • Commune Poissy
  • Lieu-dit Île de Migneaux
  • Adresse 38 avenue de l'Île-de-Migneaux
  • Cadastre 2025 AP 73
  • Dénominations
    maison
  • Précision dénomination
    maison de villégiature
  • Appellations
    l'Escale, villa Félix
  • Parties constituantes non étudiées
    communs, embarcadère, parc

Être en villégiature sur une île au bord d’un rivage est une belle réponse au désir d’évasion. Déjà à la fin du XVIIIe siècle, Bernardin de Saint Pierre avait fait construire une « chaumière » sur l’île de Vaux pour jouir de la vie à la campagne dans les environs de Corbeil. Avec le développement de la pratique, en corrélation avec celle des transports, les grands paysages des fleuves et rivières d’Île-de-France deviennent des lieux de prédilection pour les nouveaux villégiateurs, à l’instar des grandes demeures et châteaux aristocratiques des siècles précédents. Mais c’est au début du XIXe siècle que les îles, sans doute dernières terres vierges à conquérir, sont choisies pour des projets d’urbanisation dédiés aux villégiateurs. La Seine francilienne en propose plusieurs exemples dont celui lancé en 1902 à Poissy sur l’île de Migneaux.

En 1902, la Société immobilière de l'île de Migneaux est créée par M. Chouquet, propriétaire d’une partie de l’île[1]. Le tracé du lotissement est exécuté en positionnant 178 parcelles de part et d'autre d’une avenue[2]. Les publicités éditées en 1905 pour promouvoir le site vantent les qualités de salubrité de Poissy, propices aux cures d’air, et celles de l’île « pour les amateurs de sports », évoquant les pratiques nautiques favorisées par la proximité immédiate du fleuve. Le lotissement est destiné « aux maisons d’agrément pour séjours estivaux, pièce d’été et rendez-vous de pêche, villa, chalet »[3].

C’est dans ce contexte que la villa Félix, nommée depuis les années 1950 l’Escale, a été construite en 1908 pour Maurice Depierre de Courcelles (1873-1958)[4]. Elle occupe l’une des plus grandes parcelles de l’île, permettant le déploiement d’un grand jardin arboré le long de la Seine.

La meulière y est mise à l’honneur. Cette pierre caractérise l’architecture de nombreuses villas et pavillons franciliens, de la fin du XIXe siècle au premier quart du XXe siècle, période d’apogée de son extraction dans les carrières d’Île-de-France. Appréciée pour la facilité d’approvisionnement, sa résistance mais aussi sa légèreté, la meulière l’a aussi été pour ses qualités chromatiques. L’oxydation de l’argile ferrugineuse la composant lui donne une variation de coloris allant des ocres aux orangés, le tout accentué par les aspérités de ses blocs.

Lieu d’hébergement entre 1963 et 2012 du Relais international de la jeunesse, l’Escale compte parmi les belles villas de l’île dont la gestion, toujours privée, demeure celle d’un syndicat de propriétaires.

Sophie Cueille

[1] Isabelle Duhau, « Les insulaires de la Seine francilienne : villégiateurs un jour, villégiateurs toujours ? », In Situ, n°33, 2017.

[2] IA78000385, pop.culture.gouv.fr/ lotissement de l’île de Migneaux.

[3] Sophie Cueille, Poissy, cité d’art, d’histoire et d’industrie, Paris, APPIF, Images du patrimoine n° 224, 2003, p. 18-19 et 104-105.

[4] Homme d’affaires, administrateur de nombreuses sociétés, éminente personnalité du monde de la publicité, Maurice Félix Rodolphe Depierre (Courcelles vient du nom de sa mère, Léontine de Rémy de Courcelles, qu'il ajoute au nom de son père) fut, entre autres, directeur général de l’Office de Publicité, de la Société générale des annonces, administrateur de l’agence Havas. Il est aussi membre du jury d’admission à l’Exposition des Arts décoratifs de 1925. Dossier de Légion d’honneur, 19800035/1306/50901.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 20e siècle
  • Dates
    • 1908, daté par source

Le parti architectural adopté est celui de la modernité tout en s’inscrivant dans le mouvement régionaliste normand pour les parties hautes et les dépendances : toits débordants aux multiples décrochements couverts de tuiles plates, auvents, pans de bois, épis de faîtage de céramique, reprenant des modèles augerons. Sur les pentes du toit, l'une des chatières, également en céramique, est ornée de deux figures de lutins se faisant face, donnant à l’ensemble une touche pittoresque.

Les élévations des façades sont en meulière et un soin particulier a été apporté à sa mise en œuvre, chaque moellon de meulière étant ourlé finement d’un enduit rocaillé. La même mise en œuvre est appliquée aux communs. L’utilisation de la brique renforce l’effet coloré en soulignant les niveaux et les ouvertures. Le pan de bois est utilisé dans les parties hautes de la maison et des communs, sous combles. Plusieurs traits affirment la modernité du parti architectural : présence de matériaux industriels tels que les linteaux métalliques, composition asymétrique des façades, porches d’entrée en arc surbaissé ou segmentaire, empruntés au vocabulaire de l’Art nouveau. Le choix de garde-corps en bois et non en fonte confère à l’édifice un caractère vernaculaire. De multiples terrasses, habilement disposées au niveau des toits des deux ailes de la façade principale, offrent des vues, toujours essentielles dans la conception d’une demeure de villégiature.

Le jardin est doté d’un embarcadère, indispensable équipement en bord de fleuve. Accessible par un escalier en béton rustiqué imitant le bois, procédé fréquemment utilisé par les rocailleurs dans les jardins publics et privés du début du siècle, il est constitué d’un mur en béton armé imitant de gros blocs de pierre aux contours irréguliers.

  • Murs
    • meulière rocaille
    • brique
    • enduit
    • pan de bois
  • Toits
    tuile plate
  • Étages
    rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble, étage de soubassement
  • Couvertures
    • terrasse
    • toit à longs pans
    • appentis
    • demi-croupe
  • Escaliers
    • escalier de distribution extérieur : escalier en équerre en maçonnerie
    • escalier intérieur : escalier tournant à retours sans jour en charpente
  • Techniques
    • céramique
  • Représentations
    • ornement animal
    • pélican
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • Dossier de Légion d'honneur de Maurice Félix Rodolphe Depierre

    Archives nationales, Pierrefitte-sur-Seine : 19800035/1306/50901

Bibliographie

  • CUEILLE Sophie, Poissy, cité d’art, d’histoire et d’industrie, photographe Jean-Bernard Vialles, Paris, APPIF, Images du patrimoine n° 224, 2003

    Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine
  • Sophie Cueille, "L'Escale", Bussière, Métais (dir.), Châteaux, villas et folies. Villégiature en Île-de-France, Lyon, Lieux Dits, 2024

    Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine

Périodiques

  • DUHAU Isabelle, « Les insulaires de la Seine francilienne : villégiateurs un jour, villégiateurs toujours ? », In Situ, n°33, 2017

    https://doi.org/10.4000/insitu.15570

     

Date(s) d'enquête : 2000; Date(s) de rédaction : 2000, 2025
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Cueille Sophie
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Métais Marianne
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