Dossier d’œuvre architecture IA77050087 | Réalisé par
Bussière Roselyne (Rédacteur)
Bussière Roselyne

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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Métais Marianne (Rédacteur)
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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  • patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
Maison de villégiature dite villa Lermina
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Stéphane Asseline, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton aire d'étude de la région Ile-de-France
  • Commune Chessy
  • Adresse 83 rue Charles de Gaulle
  • Cadastre 1824-1850 C 36  ; 2022 AE 342
  • Dénominations
    maison
  • Précision dénomination
    maison de villégiature , maison de plaisance
  • Appellations
    Villa Lermina

Symétrie, simplicité, commodité sont les trois termes qui président aux grands principes de l'architecture énoncés par Jean Nicolas Louis Durand dans son enseignement délivré à l'Ecole polytechnique dans le premier quart du XIXe s. La maison qu'il construit pour M. Lermina, vers 1801, en est la parfaite illustration. On peut noter que, en 1825, pour sa propre maison de campagne, à Thiais, l’architecte se laissera aller à un peu plus de fantaisie : niches avec statues, large fronton et salon de plan octogonal qui ne se lit pas depuis la façade (voir IA00082298).

Jean Nicolas Louis Durand, architecte et théoricien, a eu l’occasion de mettre ses idées en pratique en réalisant la maison de campagne de Claude Lermina (1749-1806), administrateur de l’Ecole polytechnique où Durand enseignait. Dans sa blancheur, sa simplicité et son élégance, la villa construite probablement en 1801[1] pourrait passer pour un prototype des maisons de campagne du premier tiers du XIXe siècle. Son élévation et ses plans ont été publiés à deux reprises, à trente-cinq ans d’écart, tout d’abord par l’architecte lui-même, en 1802, dans son Précis des leçons d’architecture, puis en 1837 par Normand fils dans le recueil Paris Moderne[2], ce qui prouve la longévité du modèle.

En 1824, la propriété, parmi de nombreuses autres terres, appartient à la veuve de Lermina (orthographié Lhermina), qui la conserve jusqu’en 1847[3]. Les matrices cadastrales font état de la « maison bourgeoise », mais aussi d’une ferme contigüe, d’un grand jardin en deux parties, de vignes, et d’un bois[4]. Ce sont ces parcelles, formant un domaine, qui sont acquises en 1847 par une habitante de Lagny. Elle le revend en 1865 et, jusqu’au milieu du XXe siècle, tous les propriétaires sont parisiens. On trouve parmi ces villégiateurs de la capitale, un marchand d’abats, des médecins et un industriel. La famille de Jean de Brunhoff, le célèbre créateur de Babar, était probablement locataire de Raymond Sabouraud[5] docteur en médecine demeurant 62 rue de Miromesnil à Paris qui l’a possédée de 1915 à 1941.

Roselyne Bussière

[1] Elle est publiée en 1802. Jean-Marie Pérouse de Montclos, « La création et la diffusion du modèle rustique à l’italienne », Clisson ou le retour d’Italie, Paris, Imprimerie nationale, Cahiers de l’inventaire n° 21, 1990, p. 37.

[2] Normand fils, Paris Moderne ou choix de maisons construites dans les nouveaux quartiers de la capitale et dans ses environs, Paris, 1837, planches 14 et 15.

[3] AD 77, 4P151 A1 matrices cadastrales, n°223 et 490.

[4] AD 77, 4P151 cadastre napoléonien section C du village et Matrice cadastrale.

[5] AD 77, 4P151 A4 matrices cadastrales case 50.

L'enseignement de Durand réside en partie sur la composition du plan d’un édifice comme point de départ. Il faut ensuite dessiner la coupe et enfin l’élévation. La villa Lermina est le reflet de cette méthode, son plan est construit autour d’un rectangle divisé en trois parties égales : au centre le vestibule, de petite taille, qui donne directement sur la salle à manger. De chaque côté, communiquant avec elle, et occupant un tiers de la travée, à droite un cabinet d’étude et à gauche une salle de bains. Les deux autres tiers sont dévolus à la cuisine et en face à l’escalier et une chambre de domestique. A l’étage on retrouve à nouveau la partition en trois : un tiers pour le salon, le tiers central occupé par deux chambres avec alcôves, et le dernier tiers, de part et d’autre de l’escalier, avec la chambre des enfants et une autre chambre. Sur les grands côtés du rectangle, les baies sont placées en vis-à-vis les unes des autres. 

La façade devant se déduire du plan, la division tripartite se traduit directement en élévation. Trois travées dont la stricte symétrie est soulignée par les pilastres doriques, l’ordre le plus sobre. Les cheminées sont placées dans le prolongement des pilastres et contribuent à la structuration du schéma. À l’origine un faux appareillage de pierre animait la façade. On ne connaît pas l’usage de la pièce placée en belvédère qui termine la composition.

Aujourd'hui la maison se trouve très transformée intérieurement. De même en façade, la double mouluration qui sépare le rez-de-chaussée de l'étage a été simplifiée et de ce fait les chapiteaux doriques ne supportent plus le bandeau.

  • Murs
    • maçonnerie enduit
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan rectangulaire symétrique
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble
  • Couvrements
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • pilastre, ordre dorique
  • Statut de la propriété
    propriété privée
Image non communicable

Documents d'archives

  • Plan cadastral napoléonien, 1824-1850

    Archives départementales de Seine-et-Marne, Dammarie-les-Lys : 4P37/1354
  • Matrices cadastrales, cases 223 et 490

    Archives départementales de Seine-et-Marne, Dammarie-les-Lys : 4P151 A1
  • Matrices cadastrales

    Archives départementales de Seine-et-Marne, Dammarie-les-Lys : 4P151 A4

Bibliographie

  •  Jean-Nicolas-Louis DURAND, Précis des leçons d’architecture données à l’Ecole polytechnique, 1802-1809, Paris

    INHA 4 Res 1964

    Bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art, Paris : 4 Res 1964
  • Louis Marie Normand, Paris moderne. Troisième partie : Maisons de campagne et constructions rurales des environs de Paris, Paris, Normand aîné, 1849.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : B-231 (3)
  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, « La création et la diffusion du modèle rustique à l’italienne », in ALLEMAND-COSNEAU Claude, COUAPEL Jean-Jacques, DUFLOS Anne, DUFOURNIER Benoît (dir.), Clisson ou le retour d’Italie, Paris, Imprimerie nationale, Cahiers de l’inventaire n° 21, 1990.

Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Bussière Roselyne
Bussière Roselyne

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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Métais Marianne
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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