Dossier d’œuvre architecture IA77050073 | Réalisé par
Bussière Roselyne (Rédacteur)
Bussière Roselyne

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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Métais Marianne (Rédacteur)
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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  • patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
Maison de villégiature dite la Chesnaie
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Anne-Laure Guichard, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton aire d'étude de la région Ile-de-France
  • Commune Seine-Port
  • Adresse 25 rue Desmazures-Mentienne
  • Cadastre 2023 AH 348 Ce qui reste du parc se trouve en AH 355
  • Dénominations
    maison
  • Précision dénomination
    maison de plaisance, maison de villégiature, maison de campagne, maison de notable
  • Appellations
    La Chesnaie
  • Destinations
    maison, école maternelle, école primaire
  • Parties constituantes non étudiées
    jardin

« Ce village, dans l’une des plus belles situations des rives de la Seine, qui la borde dans toute sa longueur, est remarquable par beaucoup de maisons de campagne, avec autant de jardins, plus ou moins grandes, qui présentent une réunion d’habitations de plaisance très agréables ». C'est ainsi que le géographe Oudiette décrit le village de Seine-Port (1821) où se concentrent en effet de nombreuses maisons de plaisance, dont le domaine de la Chesnaie, labellisé Patrimoine d'intérêt régional.

Le village de Seine-Port, qui comptait 500 habitants en 1821, est alors, comme le signale Oudiette[1], un lieu de villégiature prisé. On y trouve des résidences prestigieuses, dont le château de Sainte-Assise, reconstruit vers 1780 pour le duc d’Orléans, petit-fils du Régent, et son épouse, Madame de Montesson, dans un site exceptionnel, entre Seine et forêt. Mais Seine-Port se signale aussi par des maisons de campagne plus simples comme celle de la Chesnaie, et toutes celles que, plus tard, liste Desvallières[2]. Oudiette mentionne la Chesnaie « à l’extrémité du village » comme appartenant à Monsieur Barré.

Une maison existe à cet emplacement depuis le milieu du XVIIe siècle et on peut suivre, grâce aux recherches de Dominique Paladilhe, les différentes mutations qui ont conduit à son acquisition par le célèbre architecte[4]. Une première construction est réalisée dans les années 1660 pour le sieur Gueslain de La Salle. Elle passe ensuite entre plusieurs mains, parmi lesquelles on peut citer Pierre Ouvrelœil d’Artinville, conseiller du roi[5].

C’est là que l’architecte Jean Benoît Vincent Barré (1735-1824) se retire en 1797, et qu’il y décède le 24 janvier 1824 à 90 ans[3]. On serait bien sûr tenté de lui attribuer l’allure actuelle du château. Mais, outre que Barré commençait à être âgé, force est de noter que ses réalisations, le château de Chevilly (Loiret), celui de Montgeoffroy (Maine-et-Loire) et surtout celui du Marais (Val-Saint-Germain en Essonne) montrent des façades marquées par le goût de l’époque pour les frontons et les colonnes qu’on ne retrouve pas ici, sans même parler du portique et du dôme du château du Marais. On peut émettre l’hypothèse que l’architecte s’est installé dans cette belle maison sans la modifier.

On a peu d'informations sur les différents aménagements de la propriété. Le plan d’Intendance (vers 1780) montre une belle propriété composée de deux bâtiments[6]. Le bâtiment principal auquel conduit une longue allée droite qui traverse le « bois de M. de Melun », le propriétaire de l’époque[7], est flanqué d’un autre, sans doute des communs ou un édifice agricole. On retrouve la même allée et les mêmes bâtiments, l’un régulier, le château dans l’axe de l’allée, l’autre irrégulier sur le côté sur la carte d’état-major des environs de Paris de 1818-1824[8].

La propriété demeure privée jusqu’à sa vente à la commune en 1954. Son dernier propriétaire, David Rodolphe Mahomet Hahn (1888-1954), marchand de diamants, l’achète aux Sigrand, fondateurs des grands magasins Sigrand. Hahn quitte la France en 1940 pour se réfugier aux Etats-Unis, où il obtient la nationalité américaine, et où il demeure jusqu’à la fin de sa vie. Le contrat de vente à la commune prévoit la création d’un parc et aire de jeux, le logement du personnel municipal et le lotissement d’une partie du parc à « des prix très bas » pour « permettre aux familles nombreuses de la commune qui sont logées dans des taudis de faire construire des habitations » [9].

Aujourd’hui l'ancienne maison de campagne est devenue une école élémentaire, entourée d'un parc de 40 hectares, ouvert à la promenade. Le lotissement voulu par Hahn existe bel et bien, au sud de la propriété, même si sa vocation sociale n'est plus prégnante.

[1] Charles Oudiette, Dictionnaire topographique des environs de Paris, Paris, J. -L. Chanson, 1821.

[2] Maurice Desvallières, Seine-Port et ses vieilles maisons, Paris, Lang et Blanchon, 1920 ; reproduction en fac similé publié par l’Association de sauvegarde de Seine-Port, 1980.

[3] Dominique Paladilhe, Seine-Port, son histoire, ses vieilles maisons, Le Mée-sur-Seine, Editions Amatteis, 1995, p. 138.

[4] Ibidem, p. 136-138.

[5] Il fut témoin du mariage des parents de Voltaire, Jean-Michel Raynaud, Voltaire, soi-disant, Lille, Presses Universitaires, 1983, p. 24.

[6] AD 77 1 C 50/14.

[7] En réalité sa veuve, la fille du comte de Guiry, qui avait hérité du domaine en 1768. P.137.

[8] https://www.geoportail.gouv.fr/

[9] Acte de vente, Me Morlat, Melun, 19 janvier 1954, archives municipales, non coté.

  • Période(s)
    • Secondaire : 3e quart 17e siècle , daté par source
    • Principale : 4e quart 18e siècle

Dans sa grande simplicité et sa légère dissymétrie, cette belle maison de campagne est représentative d’une typologie de maisons que l’on retrouve sur tout le territoire francilien et dont la chronologie va du XVIIe à la première moitié du XIXe siècle. Elle se signale par son plan tout en longueur (plus de trente mètres) et sa faible profondeur ; de ce fait, les pièces sont en enfilade simple et donc traversantes. Le fait que l’entrée ne se trouve pas exactement au centre de la façade et que le trumeau de droite sur la façade antérieure et de gauche sur celle sur jardin, soient plus étroits, plaident pour des modifications mineures.

L’édifice ayant été transformé en école après son achat par la ville en 1954, il conserve peu d’éléments de décor intérieur importants permettant une datation précise. L'ancien salon, converti en salle de classe, conserve un dessus de porte sculpté de la fin du XVIIIe s. L’escalier lui-même, dont l’emplacement dans le vestibule qui traverse le bâtiment de part en part est très certainement d’origine, a été refait probablement dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ses boiseries en bois foncé ornées de lauriers enrubannés, très originales, correspondent au goût de cette époque. Une carte postale du début du siècle montre qu’une sorte de jardin d’hiver avait été construit sur la façade méridionale. Les deux pavillons qui encadrent l’entrée confèrent une certaine notabilité à la propriété. Ils datent probablement du XIXe siècle.

  • Murs
    • pierre moellon enduit
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît
  • Couvrements
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente
  • Typologies
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • arc, flèche
    • feuillage
  • Précision représentations

    Le dessus de porte du grand salon présente un décor cynégétique en bois sculpté composé d'un arc et deux flèches, entremêlés à des branches de chêne.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Sites de protection
    site classé

Le domaine de la Chesnaie a été labellisé Patrimoine d'intérêt régional par la Région Île-de-France le 17 novembre 2023.

Documents d'archives

  • Plan d'intendance de Seine-Port

    Archives départementales de Seine-et-Marne, Dammarie-les-Lys : 1 C 50/14
  • Acte de vente Hahn/commune de Seine-Port, Me Morlat, Melun, 19 janvier 1954

Bibliographie

  • Charles Oudiette, Dictionnaire topographique des environs de Paris, jusqu'à 20 lieues a la ronde de cette capitale, Paris, chez l'auteur 1817, rééd. Paris J.-L. Chanson, 1821.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 8-H-457
  • Maurice Desvallières, Seine-Port et ses vieilles maisons, Paris, Lang et Blanchon, 1920

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 16-LK7-60648
  • Dominique Paladilhe, Seine-Port, son histoire, ses vieilles maisons, Le Mée-sur-Seine, Editions Amatteis, 1995

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 8-LK7-64270
    p. 138
Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2023
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Bussière Roselyne
Bussière Roselyne

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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Métais Marianne
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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