Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
- patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
- (c) Anne-Laure Guichard, Région Île-de-France
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
aire d'étude de la région Ile-de-France
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Commune
Paris 20e arrondissement
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Adresse
121 rue de Ménilmontant
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Cadastre
1808-1825
C
515
;
2025
AP
2015
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Dénominationsmaison
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Précision dénominationmaison de plaisance , maison de villégiature , pavillon
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AppellationsPavillon Carré de Baudouin, Pavillon Pomapdour
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Parties constituantes non étudiéesjardin
« Belleville, village situé sur une montagne […] Le Ménil-Montant et la Courtille […] font partie de ce village ; sa position sur le coteau qu’environnent les Prés Saint-Gervais, ajoutent à l’agrément des maisons de campagne qui s’y trouvent » (Oudiette, Dictionnaire topographique). La maison de campagne du financier Carré de Baudouin, située en haut de la rue de Ménilmontant, est un vestige remarquable de l’époque où Belleville était un village qui attirait les Parisiens en quête de belle vue et de bon air.
Les terres de Belleville, un village resté agricole, sont achetées au XVIIIe siècle par la noblesse et la bourgeoisie parisiennes qui y construisent des maisons de villégiature. Ainsi en 1745 Jeanne Françoise Venerony, veuve d’Isaac de Montandon, achète une propriété comme prête-nom de Nicolas Carré de Baudoin. Ce dernier, né à Paris en 1695, était un financier recueillant un impôt direct dénommé « étapes »[1]. En 1770 Madame de Montandon meurt et par testament lègue ses biens à Nicolas qui recouvre donc ce qu’il avait payé. Mais il décède trois ans plus tard, laissant des « affaires plutôt embarrassées ». Ses créanciers, dont l’architecte Pierre Louis Moreau-Desproux, « escuyer, architecte du roi et de son académie d’architecture » (1727-1794)[2], obtiennent la vente de la maison en 1776[3]. Elle passe de propriétaire en propriétaire, parmi lesquels se trouve Nephtalie Le Bas de Courmont, tante des frères Goncourt, à qui on doit quelques lignes sur cette « espèce de temple grec »[4] dans le jardin duquel ils jouaient enfants. Après d’autres transactions, une partie de la propriété est vendue en 1857 à Madame Mallet pour y installer un « asile des Petits Orphelins »[5]. Le domaine est transformé pour prendre son allure actuelle. Il est acheté par la ville en 2007 et devient centre culturel[6].
Si on connait bien la succession des propriétaires[7], l’histoire de la construction de l’édifice est plus difficile à cerner. Un plan masse de 1778 montre que le bâtiment principal, qui force l’admiration avec son porche à colonnes et fronton, était prolongé par une aile côté sud et deux autres à l’arrière[8]. Le tout, formant les communs, encadrait une cour principale et deux plus petites. Le percement de la rue des Pyrénées en 1864 a modifié cette distribution arrière : les communs et leurs cours sont alors expropriés et détruits.
Le bâtiment, si on le dépouille de ses annexes, est un exemple précoce de l’architecture néo-palladienne qui suscite alors un regain d’intérêt en France. Son architecte présumé, Moreau-Desproux connaît bien l’Italie où il a séjourné de 1754 à 1756[9]. Par cette réalisation, vers 1770, il lance la mode des maisons-temples à Paris[10].
Roselyne Bussière
[1] Maxime Braquet, Le Site Carré de Beaudouin, trois cents ans d’histoire d’un lieu inspiré de Ménilmontant, Association d’histoire et d’archéologie du 20e arrondissement de Paris, Bulletin n°35 (3e trim. 2006), p. 11.
[2] AN, MC/ET/II/676.
[3] Braquet, op. cit., p. 12, et AN MC/ET/II/676.
[4] Edmond et Jules de Goncourt, Journal des Goncourt, Mémoires de la Vie Littéraire, Troisième volume, 1866-1870, Paris, G. Charpentier, 1888, 5 janvier 1870, cité par Braquet, op. cit., p. 20.
[5] Braquet, op. cit., p. 39.
[6] Ibidem, p. 46.
[7] Ibidem, p.13.
[8] AN, Z/aj1313/20. Reproduit dans https://www.sitesetmonuments.org/le-pavillon-carre-de-baudouin-monument-historique-et-lieu-culturel-emblematique-du-20eme.
[9] Michel Gallet, Les architectes parisiens du XVIIIe siècle. Dictionnaire biographique et critique, Paris, Mengès, 1995, p. 371.
[10] Ibidem, p. 375.
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Période(s)
- Principale : 3e quart 18e siècle , daté par travaux historiques
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Auteur(s)
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Auteur :
Moreau-Desproux Pierre Louisarchitecte, maître de l'oeuvre attribution par travaux historiquesMoreau-Desproux Pierre LouisCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
« escuyer, architecte du roi et de son académie d’architecture » (Gallet)
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Auteur :
La silhouette de la maison rappelle les compositions de Palladio pour des villas rurales, notamment la villa Emo à Trévise[1]. Un escalier conduit à une haute loggia qui englobe l’étage d’attique. La façade est en forme de temple avec ses colonnes d’ordre colossal soutenant un fronton triangulaire. Toutefois, on ne trouve pas ici le « nu du mur » des villas agricoles de Palladio[2]. Le bel appareillage de pierre, la mouluration soignée de l’encadrement des baies, les chapiteaux ioniques, les pilastres d’angle procèdent davantage de l’architecture urbaine. Le toit très aplati, le plan proche du carré sont d’autres références aux villas palladiennes.
Il est fort probable que l’aile sud sur laquelle vient s’appuyer ce bâtiment principal lui soit antérieure. C’est là que se trouve l’escalier le plus ancien comme le prouvent la rampe de serrurerie et l’accès au sous-sol qui se trouve au-dessous. L’état des lieux de la vente de 1776 permet de connaître la distribution intérieure[3]. Au rez-de-chaussée, trois pièces principales : le grand salon, à l’arrière de la colonnade, dessert à sa droite la salle à manger et à sa gauche un salon plus petit, « le salon d’hiver ». La description détaillée des meubles dans chaque pièce atteste la simplicité du mobilier, fauteuils de paille et tentures en toile d’Orange[4]. Contrairement à la tradition française, l’escalier occupe une place discrète, purement utilitaire. À l’arrière, les offices et la cuisine. En tout, treize chambres étaient réparties sur les deux étages et les bâtiments annexes, preuve s’il en était, du caractère de villégiature de l’édifice. Une chapelle est aussi signalée. Un petit pavillon au bout du jardin permettait de se reposer sur une « petite ottomane en canne »[5]. Le second escalier à limon en crémaillère et barreaux en col de cygne date du XIXe siècle. La façade arrière du bâtiment est aujourd’hui occultée par une salle de conférence et une salle d’exposition.
[1] Manfred Wundram, Thomas Pape, Andrea Palladio, un architecte entre la Renaissance et le Baroque, Köln, 1989, p. 164.
[2] André Chastel, Palladiana, Paris, Gallimard, 1995, p. 71-97.
[3] AN, MC/ET/II/676. 12 avril 1776.
[4] La toile d’Orange est une indienne fabriquée dans cette ville.
[5] AN, MC/ET/II/676. 12 avril 1776.
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Murs
- calcaire moyen appareil
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Toitstuile plate, ardoise, zinc en couverture
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Étagesrez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
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Élévations extérieuresélévation ordonnancée
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Couvertures
- toit à longs pans croupe
- noue
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
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Statut de la propriétépropriété de la commune
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Protectionsinscrit MH, 1928
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Précisions sur la protection
Inscrit par arrêté du 19 octobre 1928.
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Référence MH
- (c) Anne-Laure Guichard, Région Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
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- (c) Anne-Laure Guichard, Région Île-de-France
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- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
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- (c) Anne-Laure Guichard, Région Île-de-France
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Documents d'archives
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Archives nationales, Paris : MC/ET/II/676
Minutes et répertoires du notaire Claude Quatremère, avril-mai 1776
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Archives nationales, Paris : Z/1j/1313/20
Plan de quartier de 1778. Chambre et greffiers des bâtiments
Bibliographie
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Bibliothèque nationale de France, Paris : MICROFICHE M-10529 (3)
Edmond et Jules de Goncourt, Journal des Goncourt, Mémoires de la Vie Littéraire, Troisième volume, 1866-1870, Paris, G. Charpentier, 1888
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Bibliothèque nationale de France, Paris : 4-V-50207
Thomas Pape, Manfred Wundram, Andrea Palladio, un architecte entre la Renaissance et le Baroque, Köln, Taschen, 1989
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Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine : 75.1 077
Michel Gallet, Les Architectes parisiens du XVIIIe siècle, Paris, Mengès, 1995, p. 172.
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Bibliothèque nationale de France, Paris : 709.203 1 PALL 5 CH
André Chastel, Palladiana, Paris, Gallimard, 1995
Périodiques
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Maxime Braquet, Le Site Carré de Beaudouin, trois cents ans d’histoire d’un lieu inspiré de Ménilmontant, Association d’histoire et d’archéologie du 20e arrondissement de Paris, Bulletin n°35 (3e trim. 2006)
Bibliothèque municipale Marguerite Duras, section "Découverte de l'est parisien"
Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.
Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
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