Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
- inventaire topographique
- patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
- (c) Sandrine Expilly, Région Île-de-France
- (c) Stéphane Joubert, Région Île-de-France
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Châtenay-Malabry
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Commune
Châtenay-Malabry
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Adresse
87 rue de Chateaubriand
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Cadastre
1808
B
82
;
2025
G
2
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Dénominationsmaison
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Genrede maître
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Appellationsdite la Vallée aux Loups, dite Maison de Chateaubriand
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Destinationsmusée
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Parties constituantes non étudiéesorangerie, chapelle, fabrique de jardin, logement, parc, glacière
Châtenay-Malabry est, dès le XVIIe siècle, une ville où les familles nobles et bourgeoises installent leurs villégiatures. Ce phénomène se poursuit au XVIIIe siècle et Châtenay compte Voltaire parmi ses hôtes. En 1807, François-René de Chateaubriand y trouve un ermitage, situé dans le domaine de la Vallée aux Loups, qu'il agrémente d'aménagements pittoresques. Il y séjourne durablement avec sa femme et y entreprend l’écriture de Mémoires d’outre-tombe.
Une maison de plaisance, décrite par Mme de Chateaubriand comme une « chaumière avec une vigne et un verger »[1] est construite en 1783 pour le brasseur parisien André Arnould Aclocque (1748-1802). Il fait élever en 1792 dans son grand parc une fabrique qui deviendra la "tour Velléda" de Chateaubriand (1768-1848). Ce dernier acquiert le domaine en 1807, à des fins de retraite plutôt que de villégiature. Son incompatibilité politique avec l’empereur et ses saillies amènent Napoléon à lui imposer un semi-exil à deux lieues de Paris. Les Chateaubriand s’installent donc à Chatenay et l’écrivain apporte de nombreuses modifications à la maison et au parc. Il fait bâtir le portique à cariatides de la façade, transformant ainsi fondamentalement son apparente simplicité. Il installe l'escalier qui proviendrait d'un bateau anglais, récupéré à Saint-Malo, sa ville natale, et transforme la façade arrière dans le goût néo-gothique. Il ne conserve la maison qu’une dizaine d’années et doit la revendre, à regret, après de nouveaux heurts avec le pouvoir[2].
C’est le duc Mathieu de Montmorency (1767-1826), ami de l’écrivain, et bientôt diplomate comme lui, qui rachète le domaine en 1818. Il est ainsi décrit dans l'affiche d'adjudication de 1818 (conservée sur place) : un parc de 20 arpents clos de murs qui présente "l'aspect d'une petite vallée solitaire environnée de bois qui semblent en faire partie". Un potager en plein rapport, une serre. La maison a été refaite toute entière. Au rez-de-chaussée : "vestibule, escalier à deux branches et disposé pour y mettre des fleurs, cuisine, salle à manger, salon, office. Au premier étage deux chambres et un petit salon. Dans l'attique deux chambres de garçons et quatre chambres de domestiques. Ont été construits une grande citerne, une serre, une remise, une écurie pour quatre chevaux, une étable et une basse-cour. le logement du jardinier a été agrandi. Un petit pavillon au milieu du parc contient une chapelle à l'étage et une bibliothèque au rez-de-chaussée.
Le duc de Montmorency agrandit la maison en créant une nouvelle aile de style troubadour, s'inscrivant dans la continuité de l’esprit romantique initié par Chateaubriand. Une chapelle et une tourelle complètent la nouvelle aile. A la mort du duc, puis de la duchesse, en 1858, la propriété passe à leur fille et à son époux, Sosthènes de La Rochefoucault-Doudeauville (1785-1864).
La famille de La Rochefoucault conserve le domaine jusqu’en 1914. On lui doit la construction de l’aile ouest, en 1865, de l'orangerie, et l’agrandissement du domaine, en 1860. Les communs construits dans la seconde moitié du XIXe siècle sont démolis dans les années 1980.
En 1914, le docteur Henry Le Savoureux acquiert la propriété et y installe une maison de repos. Quelques années après sa mort, le Département des Hauts-de-Seine achète l’ensemble et crée, en 1967-1968, le vaste domaine départemental de la vallée aux loups, ouvert au public, comprenant aussi l’arboretum et la maison Croux (voir IA00077098).
La maison de Chateaubriand, protégée au titre des monuments historiques, a reçu le label Maison des illustres dès sa création, en 2011.
[1] Céleste de Chateaubriand, Mémoires de Madame de Chateaubriand : cahier rouge et cahier vert, présentation et notes de Jean-Paul Clément, Paris, Perrin, collection L'Histoire en mémoires, 1990, citée par Hélène Rochette, Maisons d’artistes et d’écrivains. Paris et ses alentours, Paris, Parigramme, 2019.
[2] Il publie en 1816 un pamphlet, De la monarchie selon la Charte, qui conduit à sa destitution en tant que ministre d’Etat et à la perte de sa pension. Son retour en grâce nécessite plusieurs années : il entre dans la carrière diplomatique en 1820 et deviendra même ministre des Affaires étrangères en 1822.
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Période(s)
- Principale : 4e quart 18e siècle
- Principale : 1er quart 19e siècle
- Principale : 3e quart 19e siècle
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Dates
- 1783, daté par source
- 1865, daté par source
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Auteur(s)
- Personnalité :
Le corps principal de la maison, de plan barlong, s’élève sur deux niveaux et un étage de comble, sous une toiture à longs pans couverte en ardoise. Fait rare, les travées – il y en a 10 – sont en nombre paire : la façade ne présenterait aucune axialité sans l’adjonction postérieure du portique à colonnes et cariatides, placé devant les deux portes-fenêtres du milieu. Seuls autres ornements, des frontons triangulaires placés alternativement au rez-de-chaussée, et des impostes pleines, en demi-lune, aux fenêtres du premier étage. Peintes en blanc, elles se détachent sur l’orangé du parement de fausse brique.
A l’est, se dresse en retrait l’aile de 1820, sur deux étages carrés, qui s’achève par une tourelle en brique couverte en poivrière. La jonction au corps central est assurée par un petit bâtiment sous appentis, placé à l’angle, au traitement pittoresque très soigné : son rez-de-chaussée est percé d’arcades et d’oculi encadrés de rondins dans un décor de rocaille, le tout surmonté d’un petit garde-corps en rondins. La façade postérieure, entièrement enduite, a reçu un décor néo-gothique sobre et néanmoins pittoresque : des remplages à trilobe et mouchettes ornent les trois grandes fenêtres placées au centre, au-dessus d’un balcon formant porche dont les montants sont eux aussi en bois. Cette façade d’une relative simplicité est encadrée à l’est et à l’ouest de façades à pans de bois et remplissage de brique, ornées de balcons à garde-corps en bois découpé ou en pierre sculptée. On savoure ici l’un des répertoires favoris de ce premier quart du XIXe s., mis à l’heure du néo-gothique, mais aussi de la villégiature, où l’on se permet toutes les fantaisies architecturales et les juxtapositions audacieuses.
De l’autre côté, l’aile construite par La Rochefoucault prolonge le corps central à l’ouest sur un plan carré de quatre niveaux, en brique et pierre de taille. Aucune évocation toutefois du style Louis XIII, contrecarré par les garde-corps en bois des fenêtres.
En avant de la maison est construite l’orangerie, prolongée par la chapelle des Montmorency, également traitées en brique et pierre.
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Murs
- pierre moellon enduit d'imitation
- rocaille
- brique brique et pierre
- pan de bois
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Toitsardoise, zinc en couverture
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Étages2 étages carrés, étage de comble
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Élévations extérieuresélévation ordonnancée
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Couvertures
- toit à longs pans demi-croupe
- toit conique
- pignon découvert
- pignon couvert
- croupe
- noue
- appentis
- toit à plusieurs pans brisés
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre : escalier de type complexe en charpente
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État de conservationrestauré
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Techniques
- sculpture
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Représentations
- cariatide
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Précision représentations
Sujet : cariatide, support : portique façade sud
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Statut de la propriétépropriété du département
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Intérêt de l'œuvreà signaler
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Sites de protectionsite classé
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Protectionsinscrit MH partiellement, 1964
classé MH partiellement, 1978
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Précisions sur la protection
Maison des illustres
- (c) Sandrine Expilly, Région Île-de-France
- (c) Stéphane Joubert, Région Île-de-France
- (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France
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- (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France
- (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France
Bibliographie
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Céleste de Chateaubriand, Mémoires de Madame de Chateaubriand : cahier rouge et cahier vert, présentation et notes de Jean-Paul Clément, Paris, Perrin, collection L'Histoire en mémoires, 1990.
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Bibliothèque nationale de France, Paris : 2012-94700
Hélène Rochette, Maisons d'artistes et d'écrivains, Paris et ses alentours, Paris, Parigramme, 2012.
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