Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
- inventaire topographique
- patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Châtenay-Malabry
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Commune
Châtenay-Malabry
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Lieu-dit
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Adresse
54 rue de Chateaubriand
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Cadastre
1809
B
215
;
2025
F
277
La parcelle F 277 contient la maison et plusieurs communs ainsi que le jardin des châtaigniers.
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Dénominationsmaison, édifice agricole
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Genrede maître
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Précision dénominationédifice agricole de pépiniériste, maison villégiature , maison de plaisance
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Appellationsdite maison Croux
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Parties constituantes non étudiéescommuns, glacière, grotte artificielle, kiosque, orangerie, fabrique de jardin, pont, serre, château d'eau, fontaine
« Beaucoup de maisons de campagne se trouvent à Châtenay […] : M. le comte Lenoir de la Roche, pair de France, M. le Marquis de Château-Giron, et M. le vicomte de Châteaubriand, ambassadeur à la cour de Suède, ont chacun une de ces maisons de campagne, les deux premiers à Aunay et le troisième au Val-du-Loup ». Le domaine de la Vallée aux loups, propriété du Département, rassemble aujourd’hui ces jardins extraordinaires et leurs demeures, que vantait Oudiette (Dictionnaire topographique, 1821).
On ignore la date précise de construction de cet édifice, successivement désigné comme « grande maison bourgeoise » en 1777, « jolie maison de campagne », en 1795 et « joli château » en 1853[1]. Mais on sait qu’un édifice de deux étages existait déjà en 1721 : un acte notarié stipule que Pierre de la Roche d’Aubray, prêtre, a fait « donation entre vifs » à Philippe Favet de Saint-Clair, au service du duc d’Orléans, demeurant rue du Four, une maison et ses dépendances à Aulnay. Outre la somme de 4 000 livres et une pension viagère de 20 livres, le prêtre disposera d’une chambre au deuxième étage qu’il pourra meubler à sa guise ainsi que d’une chambre pour un domestique. Il pourra se promener librement dans le jardin et y cueillir ce qu’il veut. Il aura aussi la liberté de dire la messe dans la chapelle qu’ils pourraient faire construire[2].
C’est probablement vers 1750 que les descendants de Philippe Favet, la famille de Laizer, ont réaménagé la maison qui a conservé sur sa façade arrière une irrégularité héritée de l’édifice antérieur. La propriété est restée dans la même famille jusqu’en 1766 où elle est adjugée à Tessier Dubreuil qui la revend en 1778, la trouvant située dans un lieu trop marécageux. C’est le nouveau propriétaire, M. du Bignon, qui aménage le jardin anglais mentionné dans l’acte de 1795 : « jardin planté à l’anglaise avec bosquets, quinconces, bâtisses au bout de la seconde pièce d’eau, petit pont-levis et une source d’eau vive, arbres fruitiers, prairies »[3].
L’aménagement intérieur a fortement évolué. En comparant l’état actuel et la description de l’acte de vente de 1777, on peut reconstituer la distribution du dix-huitième siècle : on entrait depuis la cour dans le vestibule, comme aujourd’hui. À main droite se trouve l’escalier montant de fond. Les pièces de réception donnant sur le jardin étaient la salle à manger et le salon de compagnie. A l’arrière, prenant jour sur le chemin, les cuisines et offices. Il est difficile de localiser « la chapelle non bénite, sacristie à côté » mentionnées en 1777. Au premier étage, on avait une antichambre, deux salons et deux appartements de maître, au deuxième, une salle de billard, un salon de compagnie, un boudoir et des chambres. Six chambres de domestiques étaient aménagées dans l’étage de comble. C’était donc déjà une importante demeure de campagne, conçue pour de nombreux invités. Elle avait probablement son orangerie, comme le laisse supposer le cadastre napoléonien (1808-1809) qui montre un bâtiment de même extension, à gauche de la cour. La distribution intérieure est recomposée par un ancien officier d’Etat-major, Leprestre de Château-Girons qui acquiert le domaine en 1809[4]. Désormais, grâce à un majestueux escalier extérieur en fer à cheval, le premier étage est devenu l’étage noble. Le rez-de-chaussée est réservé aux cuisines et offices[5]. M. de Château-Girons étend la propriété et transforme le parc, en accentuant son caractère pittoresque, il réunit les deux étangs que l’on voyait sur la Carte des chasses[6]. Le propriétaire suivant, Edmé-François Herbault-Despavaux les transforme en une rivière serpentine que l’on voit sur le cadastre de 1842[7]. C’est aussi lui qui fait reconstruire le bâtiment annexe dit « le chalet vosgien » : cela lui vaut une plainte devant le juge de paix de Sceaux « pour avoir construit un bâtiment en forme de chalet dont le toit fait saillie de 2 m sur 15 m au-dessus de la rue d’Aulnay »[8].
Après la mort d’Herbault en 1853, les propriétaires se succèdent à nouveau jusqu’à l’arrivée en 1890 du pépiniériste Gustave Croux. Originaire de Vitry, l’entreprise Croux était voisine de la propriété depuis 1861. Croux est à l’origine de l’arboretum : il fait redessiner et replanter le parc, par les paysagistes Eugène Deny et Marcel le dotant d’essences rares : cèdre bleu de l’Atlas, cèdre du Liban, cèdre bleu pleureur, cyprès chauve, tulipier de Virginie[9]. Depuis 1986, la propriété et son arboretum sont compris dans le parc du domaine de la Vallée-aux-Loups autour de la maison de Chateaubriand.
Roselyne Bussière
[1] Philippe Chambault, Châtenay-Malabry, Paris, Imp. Gorde, 1er trimestre 1981 p. 41. Et IA00077098.Base inventaire.iledefrance.fr/, IA00077098.
[2] AN Minutier central, ET/LXXXIII/292. Voir https://www.geneanet.org/registres/view/32210/98.
[3] Chambault, op. cit., p. 42.
[4] Ibidem. Il deviendra Conseiller général de la Seine en 1818.
[5] Ibidem.
[6] IA00077098 inventaire.iledefrance.fr/
[7] Chambault, op. cit.
[8] Ibidem.
[9] Catherine Dupouly, Le Parc de la Vallée aux Loups, espace naturel sensible, Les Loges-en-Josas, Ed. Jacques de Givry, 1998, p. 38.
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Période(s)
- Principale : 1er quart 18e siècle , daté par source
- Principale : 3e quart 18e siècle , daté par source
- Principale : limite 18e siècle 19e siècle , daté par source
- Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
La façade est celle d’une élégante maison de campagne du XVIIIe siècle : les hautes baies de l’étage noble en arc segmentaire, les balconnets en ferronnerie, le fronton central, l’absence de toute modénature en sont la marque. Les seuls éléments sculptés se trouvent sur les lucarnes du comble, ornées de coquilles et végétaux. L’escalier extérieur en fer à cheval, qui conduit à l’étage noble directement constitue l’ornement principal. Dans le vestibule, l’escalier d’honneur, composé d’une succession de balustres droits, simplement ornés de feuilles d’eau, pourrait dater du début du XVIIIe siècle.
Le chalet qui jouxte la maison s’élève comme elle sur quatre niveaux, deux étages carrés et un étage de comble. Il arbore des façades à faux pans de bois. L'orangerie se trouve à gauche de la cour d'entrée. Elles est couverte en tôle et comporte deux pignons découverts à redents. Le domaine comprend d’importants communs en meulière rocaillée avec toiture de tuile plate mécanique et de nombreuses fabriques de jardin : embarcadère, kiosque, pont suspendu, grotte, glacière, ruine romantique, servant de vestiaire dit « déshabilloir ». La partie pépinière comprend le bâtiment d'emballage des arbres en charpente de bois lamellé et vissé, à remplissage de brique, des bâtiments annexes, des serres et un château d'eau en brique.
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Murs
- pierre moellon enduit d'imitation (incertitude)
- rocaille
- pan de bois enduit
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Toitsardoise, tuile plate mécanique, métal en couverture
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Étages2 étages carrés, étage de comble
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Élévations extérieuresélévation ordonnancée
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Couvertures
- toit à longs pans croupe
- toit à longs pans demi-croupe
- toit à longs pans pignon découvert
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Escaliers
- escalier de distribution extérieur : escalier en fer-à-cheval en maçonnerie
- escalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour en charpente
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Techniques
- ferronnerie
- menuiserie
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Statut de la propriétépropriété du département
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Intérêt de l'œuvreà signaler
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Sites de protectionsite classé
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
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- (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France
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- (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France
Documents d'archives
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Archives nationales, Pierrefitte-sur-Seine : AN Minutier central, ET/LXXXIII/292
Minutes et répertoires du notaire Nicolas CAPET, 12 avril 1713 - 14 mai 1730 (étude LXXXIII)
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Archives départementales des Hauts-de-Seine : P_NUM_CHM18 - Section B, 2ème f., [1808-1809], 1/1250. 1808 - 1809
Plan cadastral napoléonien
Bibliographie
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Bibliothèque nationale de France, Paris : 8-LJ9-10021
Philippe Chambault, Chatenay-Malabry, Paris, M. Gordé, 1981
-
Bibliothèque nationale de France, Paris : 2000-68213
Catherine Dupouey, Le Parc de la Vallée aux Loups, espace naturel sensible, Les Loges-en-Josas, Ed. Jacques de Givry, 1998
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Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine
Roselyne Bussière, Marianne Métais, et alii, Châteaux, villas et folies, Villégiature en Ile-de-France, Région Île-de-France, Lieux Dits Editions, 2024
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