Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
- inventaire topographique
- patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
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Asseline StéphaneAsseline StéphaneCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
- (c) Stéphane Asseline, Région Île-de-France
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Pecq (Le)
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Commune
Saint-Germain-en-Laye
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Lieu-dit
Fourqueux
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Adresse
1 place Victor Hugo
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Cadastre
1820
C
76
;
2020
C
150
La commune de Fourqueux a été absorbée par celle de Saint-Germain-en-Laye le 1er janvier 2019.
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Dénominationsmaison
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Précision dénominationmaison de villégiature
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AppellationsVilla Collin
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Parties constituantes non étudiéesparc
Edifiée à l'emplacement d'un ancien château, cette villa exceptionnelle, située sur une coteau face à Saint-Germain et à l'orée de la forêt, rassemble tous les traits de la villégiature de la fin du XIXe siècle. Jardin d'hiver et tourelle belvédère, entre autres, sont mis en valeur par un répertoire décoratif historicisant, avec de multiples références gothiques et Renaissance, auquel se mêle un régionalisme évoqué par la présence dominante du pan de bois. La modernité s'y retrouve également, dans le plan de l'habitation comme dans les matériaux, alliant brique et fer.
La Villa Collin a été construite par l’architecte Joseph Auguste Emile Vaudremer (1829-1914) pour l’horloger Armand Collin (1822-1895). Les deux personnages, amis, sont alors fameux chacun dans sa spécialité. Vaudremer, issu de l’Ecole des beaux-arts, Grand Prix de Rome, est l’auteur de nombre de bâtiments publics, parisiens mais également sur l’ensemble du territoire national. Dans sa carrière officielle d’architecte de Paris et d’architecte diocésain (Agen, Lyon, Fréjus et Ajaccio), la commande privée d’une villa au début des années 1890 fait figure d’exception.
Le commanditaire, fournisseur officiel de la famille impériale, est l’auteur d’horloges monumentales des plus prestigieuses dont l’horloge astronomique présentée au Palais de l’industrie en 1855, puis installée en 1900 dans la nef du Grand Palais à Paris, ou celles de plusieurs églises de la capitale, parmi lesquelles Saint-Augustin, La Trinité ou Notre Dame (installée en 1867 et disparue lors de l’incendie de 2019). Lorsque Armand Collin achète son terrain à Fourqueux, en bordure de la forêt de Saint-Germain, en 1890[1], il a déjà cédé son entreprise à Château Père et fils, depuis 1884.
Après plusieurs projets allant d’un manoir néo-Louis XIII à des propositions plus audacieuses jouant sur des effets de structures métalliques, l’architecte choisit un parti entre pittoresque et rationalisme, dont le vocabulaire architectural vernaculaire est adapté au site et aux exigences d’une villa de villégiature suburbaine.
Sa qualité architecturale et la conservation de son ensemble mobilier lui ont valu plusieurs protections au titre des monuments historiques. D'abondantes archives privées, restées dans la famille, toujours propriétaire de la villa, documentent de façon exceptionnelle la maison et son architecte. Une première aquarelle représentant la façade sud de la villa, à laquelle le jardin d'hiver est ajouté en esquisse, au crayon noir, est datée du 6 mars 1891[2], permettant de dater la construction dans la dernière décennie du XIXe s.
Sophie Cueille
[1] Matrices cadastrales, 3P3 711, folio 296.
[2] Archives privées. Publié dans Yvelines, Fourqueux. La villa Collin. Vaudremer architecte, Ministère de la culture, Direction des affaires culturelles d’Île-de-France, collection Patrimoine protégé d’Île-de-France, n°3, septembre 1997.
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Période(s)
- Principale : 4e quart 19e siècle
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Dates
- daté par source
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Auteur(s)
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Auteur :
Vaudremer Joseph Auguste Emilearchitecte attribution par sourceVaudremer Joseph Auguste EmileCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
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Auteur :
Le plan massé du principal corps de l’édifice est animé d’un ensemble de décrochements au niveau des couvrements et des façades : surplombs formant saillie, balcons et bow-window. Les citations empruntées au registre néo-gothique, telle la grande tour située à l’angle ou les lucarnes aux frontons de bois trilobés, se conjuguent avec les références régionalistes des toits débordants aux charpentes apparentes et aux élévations en pans de bois, conduisant les contemporains à qualifier le style de l’édifice de « Renaissance normande »[1]. La modernité est toutefois très présente dans la volonté de souligner les structures de la villa par le jeu des matériaux de brique rouge et blanche et l’apport de touches chromatiques de cabochons et fleurons en céramique vernissée. Enfin, élément remarquable de la demeure, un escalier métallique conduit vers le haut de la tourelle dont la pièce sommitale forme un belvédère bordé d’une coursive ouvrant sur le paysage environnant. Également produit de l’architecture industrielle du métal, le jardin d’hiver accolé à la façade présente un décor de faïence dont l’iconographie semble avoir été dictée par Armand Collin : médaillons ornés de son monogramme, instruments de différentes corporation, sculpture, céramique, gravure, architecture, le tout exécuté par le décorateur Alexandre Pesne.
Le mobilier d’origine et le décor, toujours en place, ont été conçus par Vaudremer. Dans une volonté commune de considérer le bâtiment comme un tout, l’architecte décorateur s’inscrit dans le mouvement anglais Arts and Craft et celui de l’Art nouveau de son contemporain Hector Guimard. Le répertoire utilisé pour les aménagements intérieurs, boiseries, cheminées, luminaires et le mobilier, est proche des réalisations qu’il a déjà conduites dans le cadre d’édifices religieux. Les murs, les plafonds sont ornés de motifs peints au pochoir dont la palette chromatique réduite (bleu, vert, rose et ocre) s’accorde avec les vitreries. Le style général est d’inspiration romano-byzantine, notamment pour les lustres, comparables à ceux de l’église orthodoxe grecque de Paris, œuvre de Vaudremer. Chaises cathèdre, tentures murales qui reprennent la tapisserie de la Dame à la licorne du musée de Cluny, cheminées, empruntent au vocabulaire gothique tardif et à la Renaissance. Mais ce parti historicisant a bien laissé place au confort comme en témoigne l’ascenseur desservant le premier étage, accessible depuis le grand hall d’entrée de la demeure.
[1] Edifice publié dans La Construction moderne, 1903-1904, T. 19. Sophie Cueille, Isabelle Loutrel, David Peycéré, Alice Thomine, La Villa Collin. Vaudremer architecte, collection Patrimoine protégé Île-de-France, n°3, septembre 1997.
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Murs
- brique
- enduit
- pan de bois
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Toitsardoise
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Étagessous-sol, 1 étage carré
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Couvertures
- toit en pavillon
- toit à longs pans pignon couvert
- flèche conique
- noue
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente
- escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis avec jour en charpente métallique
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État de conservationbon état
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Techniques
- céramique
- sculpture
- mosaïque
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Représentations
- ornement géométrique, fleur
- scène mythologique
- salamandre
- rinceau, putto
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Précision représentations
Décors en céramique émaillée à l'extérieur :
- sur l'avant-corps de la façade sud, cabochons à fleurs stylisées ;
- sur tout le tour du jardin d'hiver, frise à décor néo-Renaissance orné de putti et rinceaux ponctués de médaillons portant l'anagramme d'Armand Collin et des instruments liés aux arts.
Le sol du vestibule est en mosaïque à frises de végétaux stylisés.
Le plafond à caissons a reçu un décor peint à fleurs stylisées.
Décor sculpté sur les hottes des cheminées : salamandre dans le grand salon, scène mythologique (Andromède et le dragon ?) dans la salle à manger.
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Statut de la propriétépropriété privée
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Protectionsclassé MH partiellement, 1998/12/23
inscrit MH partiellement, 1996/10/22
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Précisions sur la protection
Sont classés les façades et toitures, le rez-de-chaussée et le jardin d'hiver attenant, l'escalier et sa cage, y compris l'ascenseur.
Le reste de la villa est inscrit.
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Référence MH
- (c) Région Île-de-France (reproduction)
- (c) Région Île-de-France (reproduction)
- (c) Région Île-de-France (reproduction)
- (c) Région Île-de-France (reproduction)
- (c) Christian Décamps, Région Île-de-France
- (c) Région Île-de-France (reproduction)
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- (c) Région Île-de-France (reproduction)
- (c) Stéphane Asseline, Région Île-de-France
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- (c) Christian Décamps, Région Île-de-France
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- (c) Christian Décamps, Région Île-de-France
- (c) Christian Décamps, Région Île-de-France
Documents d'archives
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Archives départementales des Yvelines, Montigny-le-Bretonneux : 3P3 711
Matrices cadastrales, folio 296
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Archives privées
Deux plans datés du 20 février 1909, dressés par E. Dardenne, géomètre, 20 février 1909.
Bibliographie
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Sophie Cueille, "La villa Collin", Châteaux, villas et folies, villégiature en Île-de-France, Lieux Dits, 2024
Périodiques
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Bibliothèque de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, Paris : FRAPN02_COM_1903_40
La Construction moderne, 2e série, 9e année, no. 1, 3 octobre 1903, 1903-1904
pl. 1, 2, 3 et p. 6 et 7.
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Bibliothèque de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, Paris : FRAPN02_COM_1903_41
La Construction moderne, 2e série, 9e année, no. 2, 10 octobre 1903, no. 2, 1903-1904, p. 18
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Sophie Cueille, Isabelle Loutrel, David Peycéré, Alice Thomine, La Villa Collin. Vaudremer architecte, collection Patrimoine protégé Île-de-France, n°3, septembre 1997.
Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.
Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.