Dossier d’œuvre architecture IA00048586 | Réalisé par ;
Bussière Roselyne (Rédacteur)
Bussière Roselyne

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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Métais Marianne (Rédacteur)
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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  • inventaire topographique
  • patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
Maison les Quatre Vents
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Christian Décamps, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Garches
  • Commune Garches
  • Adresse 60ter rue du Dix Neuf Janvier
  • Cadastre 1817 A 1918  ; 2020 AE 428
  • Dénominations
    maison
  • Précision dénomination
    maison de villégiature
  • Appellations
    dite Maison les Quatre Vents
  • Destinations
    centre de loisirs, conservatoire de musique
  • Parties constituantes non étudiées
    jardin, logement, écurie, resserre

« La propriété, d’une contenance d’environ 4 hectares, est située à Garches […]. La vue s’étend vers Rueil, l’hippodrome de Saint-Cloud et un vaste panorama » (La Construction Moderne, 1926). « Grand cottage anglais » ou « château » ? Une maison de plaisance qui est digne de l’Ancien Régime par ses dimensions et le mode de vie de ses fortunés habitants.

Le « cottage anglais » réalisé à Garches par l’architecte Lucien Bechmann (1880-1968) pour le baron Pierre de Gunzbourg en 1925 n’entre pas exactement dans la définition du cottage, difficile à établir car le terme « désigne toutes sortes de maisons, petites et grandes, dont le seul point commun pourrait être leur taille relativement modeste, comme le montrent les modèles publiés par les architectes Petitpas ou Bourniquel »[1]. Or loin d’être un édifice de petite taille, le cottage des Quatre vents est un véritable château, appellation qui lui est donnée dans un article de La Construction Moderne[2]. Le baron Pierre de Gunzbourg est issu d’une famille de banquiers d’origine russe. Son choix de l’architecte, Lucien Bechmann, n’est pas étonnant : il est marié avec Yvonne Deutsch de la Meurthe dont le père, Emile, est le fondateur de la Cité universitaire à laquelle Bechmann est associé[3]. Le couple habite à Paris, 54 avenue d’Iéna[4]. Selon l’auteur de l’article, le banquier avait visité la maison de villégiature de Bechmann, à Jouy-en-Josas[5] et lui avait commandé un « cottage du même genre mais plus important »[6].

Cette grande maison est une sorte de manifeste de l’architecture anglaise, conforme à la publication de la revue La Construction Moderne en 1920 :

« L’Angleterre est, on le sait, le pays classique de la maison de campagne […]. Le cottage dont la note simple et rustique doit être la dominante ne se comprend qu’au milieu de la belle nature […]. Cette architecture spéciale […] exige du talent : faire simple et beau, en même temps pratique et confortable […], construire un logis intime où l’on soit bien chez soi et bien à l’aise pour se reposer et jouir de la nature. [Ruskin] a conseillé aux architectes de ne pas se préoccuper d’une artificielle symétrie : à quoi bon poursuivre une fausse régularité aux dépens de la vie ? Pour lui, l’extérieur d’une maison sera agréable dans la mesure où on y verra transparaître un intérieur de réel confort. »[7]

Depuis 1972, c’est un bâtiment communal qui abrite le conservatoire et un centre de loisirs.

Roselyne Bussière

[1]Roselyne Bussière, Marianne Métais, Châteaux, villas et folies, villégiature en Île-de-France, Lieux Dits, 2024, p. 20.

[2] Antony Goissaud, « Un grand cottage à Garches », La Construction Moderne, 26 septembre 1926, p. 613-619

[3] Brigitte Blanc, La Cité internationale universitaire de Paris. De la cité-jardin à la cité-monde, Patrimoines d’Île-de-France, Lyon, Lieux-Dits, 2017, p. 36.

[4] Annuaire des châteaux, et des villégiatures, Paris, La Fare, 1926, p. 444.

[5] Bussière, Au sud de Versailles…, op. cit., et IA78000313 inventaire.iledefrance.fr/

[6] Goissaud, op. cit., p. 613.

[7] M. Bousquet, « De la construction et de l’esthétique de la maison de campagne, architecture anglaise et architecture française », La Construction Moderne, 8 février 1920, p. 145-146.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1925, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Bechmann Lucien
      Bechmann Lucien

      Fils de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées Georges Bechmann, Lucien Bechmann est admis à l’Ecole des beaux-arts en 1898, poursuit ses études dans l’atelier Laloux et est diplômé en 1905. Sa clientèle est essentiellement privée, notamment originaire de la communauté israélite (hôpital Rothschild, synagogue Chasseloup-Laubat, etc). Architecte-conseil de la Cité universitaire pendant 30 ans (1923-1953), il en trace le plan général et en réalise le premier groupe de pavillons, la Fondation Deutsch de la Meurthe (inaugurée en 1925). Il est également l’auteur des premières études sur la Maison internationale, dont il construit les pavillons d’entrée (bâtiment administratif et service médical, mis en service en 1935), puis de la Fondation Victor Lyon. Une de ses réalisations les plus célèbres est l’immeuble de bureaux de la compagnie Shell à Paris (1930), où il met en application les procédés de gestion de chantier qu’un voyage d’études aux Etats-Unis lui a permis d’approfondir.

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      architecte attribution par source

Conformément au modèle de la maison de campagne anglaise[1], le cottage des Quatre vents n’est conçu selon aucune « artificielle symétrie », l’extérieur devant exprimer l’intérieur. Le plan est donc très articulé, avec le grand salon en saillie, à l’arrière, sur le corps principal, et les divers emboîtements des ailes et des toitures.

L’utilisation du bois à profusion, un bois laissé au naturel, est un autre aspect de cette influence d’Outre-Manche. Sur toutes les façades, à l’étage, (le rez-de-chaussée étant en brique), le pan-de-bois révèle ses qualités décoratives en alternant potelets verticaux et décharges courbes. Ce qui donne définitivement une allure anglaise au bâtiment sont les fenêtres à meneaux, les bow-windows et les châssis affleurants (flush windows) aux vitres mises en plomb qui, selon la coutume britannique, s’ouvrent vers l’extérieur.

L’entrée donne directement sur le grand hall, citation obligée de l’architecture anglaise, comme au château de Méridon[2]. Il s’élève sur toute la hauteur du bâtiment, et contient l’escalier principal en charpente. A l’intérieur aussi, le bois au naturel est partout : poutres apparentes, lambris de hauteur et d’appui, pièces obliques de charpente. Toutes les pièces de réception se distribuent autour du hall, le grand salon, la salle-à-manger, le petit salon. L’aile à droite, en retour, contient les pièces de service tandis que l’aile gauche, dans le prolongement du hall, est vouée aux chambres des invités, et des enfants à l’étage.

La tradition des circulations différenciées entre maîtres et serviteurs est maintenue. La succession des pièces dans l’aile de service au rez-de-chaussée atteste le standing des propriétaires : chambre du maître d’hôtel, où celui-ci peut « changer de tenue selon les différents services » (il habite dans l’aile des communs), « salle des gens » où le personnel prend ses repas, leur vestiaire, laverie de la grosse vaisselle, office, pièce de l’argenterie et cuisine. L’escalier de service permet de desservir les chambres du personnel féminin et la lingerie.

A l’intérieur, commodité et confort, tels sont les maîtres mots[3]. Des radiateurs chauffent toutes les pièces « y compris celles des domestiques », sauf le hall et son petit salon, le grand salon et la salle à manger, où ils auraient été « d’un mauvais effet », et sont remplacés par des bouches de chaleur[4]. Des gaines permettent d’évacuer le linge de service et de maison, après usage, directement au sous-sol où se trouve la buanderie[5].

Dans la plus pure tradition des maisons de plaisance, la propriété comporte une maison de gardien à l’entrée et bien à l’écart, en limite de propriété, avec une entrée particulière, des communs et une ferme. Le « fermier-jardinier » s’occupe d’une étable pour quatre vaches, d’une laiterie et d’un grand poulailler et entretient un vaste potager. Un espace et des serres pour les plantes d’agrément et les fleurs à bouquets sont également prévus[6].

  

[1] Bousquet, op. cit.

[2] Voir IA78002337

[3] Goissaud, op. cit., p. 615.

[4] Ibidem.

[5] Ibidem, p. 614.

[6] Goissaud, « Un grand cottage à Garches », La Construction Moderne, 5 décembre 1926, pl. 37-40 et p. 109-112.

  • Murs
    • brique
    • bois pan de bois
    • enduit
  • Toits
    tuile mécanique
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • appentis
    • croupe
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier en équerre en charpente
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Bibliographie

  • Annuaire des châteaux et des villégiatures, Paris, La Fare, 1926, p. 444

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 8-LC33-56
  • BUSSIÈRE Roselyne, Au sud de Versailles, Buc, Jouy-en-Josas, Les Loges-en-Josas, Toussus-le-Noble, photographes Stéphane Asseline, Christian Décamps, Paris, APPIF, Images du patrimoine n° 210, 2001

    Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine
  • Brigitte Blanc, La Cité internationale universitaire de Paris, de la cité-jardin à la cité-monde, Lieux Dits, 2017, 390 p.

  • Roselyne Bussière, Marianne Métais, et alii, Châteaux, villas et folies, Villégiature en Ile-de-France, Région Île-de-France, Lieux Dits Editions, 2024

    Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine

Périodiques

  • M. Bousquet, « De la construction et de l’esthétique de la maison de campagne, architecture anglaise et architecture française », La Construction Moderne, 8 février 1920, p. 145-146

    Consultable sur le portail documentaire de la Cité de l'architecture.

    Bibliothèque de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, Paris : FRAPN02_COM_1920_06
    p. 145-146
  • Antony Goissaud, « Un grand cottage à Garches », La Construction Moderne, 26 septembre 1926, p. 613-619

    Consultable sur le portail documentaire de la Cité de l'architecture.

    Bibliothèque de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, Paris : FRAPN02_COM_1926_39
    p. 613-619
  • Antony Goissaud, « Un grand cottage à Garches », La Construction Moderne, 17 octobre 1926.

    Consultable sur le portail documentaire de la Cité de l'architecture.

    Bibliothèque de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, Paris : FRAPN02_COM_1926_42
    p. 29-34
  • Antony Goissaud, « Un grand cottage à Garches », La Construction Moderne, 5 décembre 1926, pl. 37-40 et p. 109-112

    Bibliothèque de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, Paris : FRAPN02_COM_1926_49
    p. 109-112 et pl. 37-40
Date(s) d'enquête : 1987; Date(s) de rédaction : 1987, 2024
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Bussière Roselyne
Bussière Roselyne

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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Métais Marianne
Métais Marianne

Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France

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