Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
- inventaire topographique
- patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
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Vialles Jean-BernardVialles Jean-BernardCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
- (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Bièvres
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Commune
Bièvres
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Lieu-dit
Vauboyen
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Adresse
74 rue de Vauboyen
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Cadastre
1809
E
59
;
2025
OM
164
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Dénominationschâteau
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Précision dénominationmaison de villégiature, maison de plaisance
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AppellationsChâteau de Vauboyen
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Parties constituantes non étudiéesjardin, communs, nymphée, lavoir
« Le château appartient à M. le comte de Vaulgrennand. On rencontre aussi à Bièvres plusieurs maisons de campagne » (Oudiette, 1821), notamment l'une des plus palladiennes des maisons de villégiature franciliennes du premier tiers du XIXe siècle.
Comme le signale Oudiette en 1821, le site du village de Bièvres est propice à l’installation de maisons de campagne. Il s’étire le long de la vallée de la Bièvre, dominée par un coteau qui culmine à 150 mètres, non loin de Paris (3 lieues et demie), il est desservi par la route de Paris à Chevreuse. La plus spectaculaire des maisons de campagne était celle de Bel-Air, « sur une éminence » avec une très large vue. Dans le hameau de Vauboyen, au pied de la côte, se trouvait la ferme de ce nom, achetée en 1826 par Charles-Joseph de Lavaysse et son épouse, Laure de la Celle de Châteaubourg. Au milieu d’un parc de 7 hectares, ces derniers font construire une maison et, le long de la route, un « bâtiment en forme de fabrique », pour loger le jardinier, des écuries, remises, et un grenier[1]. La maison est à peine achevée que les propriétaires doivent la vendre à cause de difficultés financières. Parmi leurs créanciers est cité l’architecte Bernier à qui on est tenté d’attribuer la réalisation de la villa[2]. Claude-Louis Bernier (1755-1830) est un architecte très proche de Charles Percier et de Pierre-François-Léonard Fontaine. Il est allé en Italie avec eux et a participé à l’ouvrage de 1798, Palais, maisons et autres édifices modernes dessinés à Rome[3], qui a marqué le début de leur renommée et de leur carrière officielle.
Le château, ou villa de Vauboyen nous transporte d’emblée en Vénétie, par exemple à la Villa Pisani[4]. En effet, chez Palladio, la loggia « fait partie du programme de la villa, comme un découpage du mur »[5]. Vauboyen est le fruit de cette attirance pour l’Italie, véritable italomanie, qui règne alors[6].
Roselyne Bussière
[1] Médiathèque du patrimoine et de la photographie, dossier D 1/91/2.
[2] Ibidem.
[3] Charles Percier, Pierre François Léonard Fontaine, Palais, maisons, et autres édifices modernes, dessinés à Rome. Publiés à Paris, l'an IV de la République française, Paris, Ducamp, 1798.
[4] Manfred Wundram, Thomas Pape, Andrea Palladio, un architetto tra Rinascimento e Barocco, Köln, Taschen, 2009, p. 98.
[5] Chastel, Palladiana, op. cit., p. 84.
[6] Jean-Philippe Garric, Recueils d’Italie : les modèles italiens dans les livres d’architecture français, Sprimont, Mardaga, 2004, p. 73.
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Période(s)
- Principale : 2e quart 19e siècle
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Auteur(s)
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Auteur :
Bernier Claude Louisarchitecte (incertitude), attribution par sourceBernier Claude LouisCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
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Auteur :
La façade principale, mise en valeur sur un soubassement surélevé, se distingue par son belvédère et ses deux loggias superposées, couverts en ardoise. Les colonnes sont dissociées du fond, ainsi que l’avant-corps surmonté d’un fronton, ce qui crée un contraste fort entre les vides et le plein, l’ombre et la lumière. C’est l’effet dominant recherché[1]. Les colonnes, comme le préconise Palladio, sont en nombre pair, et l’inter-colonne impair, de ce fait l’entrée est au centre de la façade. Conformément à la règle vitruvienne, les colonnes à chapiteau dorique sont en bas et les colonnes ioniques à l’étage. Toutefois, la villa ne respecte pas « le nu du mur » si cher à Palladio : ici les angles sont marqués par des pilastres, les baies ne sont pas percées à cru mais entourées d’une légère mouluration ; le goût néoclassique français l’emporte. La façade sur jardin reprend la même composition mais les loggias sont vitrées. Le climat francilien n’est pas méditerranéen, comme le signale Urbain Vitry[2].
Comme dans les maisons publiées par Louis-Nicolas Durand[3], le plan de la villa se lit depuis l’extérieur : le rythme ternaire est dominant. Le corps central contient le vestibule (un tiers de la longueur) puis le salon terminé par la loggia vitrée. De chaque côté, à gauche l’escalier occupe un tiers de la surface et le petit salon les deux tiers. En face, se trouvait une antichambre (actuelle cuisine) et la salle à manger dans les mêmes proportions (1/3, 2/3). L’étage comporte quatre chambres, un cabinet de toilette et une salle de bain. L’escalier qui conduit au belvédère sommital est placé au milieu des deux chambres centrales. Les cuisines et l’office se trouvaient au sous-sol. L’escalier, à marches formant limon et rampe en cols de cygne, ne fait pas partie des morceaux de bravoure de la maison, il est masqué derrière une porte.
Le décor est représentatif du goût néoclassique : les loggias de la façade antérieure sont ornées de deux niches avec des statues antiques. Les palmettes, lauriers et feuilles de chêne règnent en maître. Le portail d’entrée, quant à lui, est marqué par une petite touche d’égyptomanie : il est soutenu par des colonnes à chapiteau palmiforme qui rappellent ceux qu’Eugène de Beauharnais avait fait ériger au-devant de son hôtel parisien, rue de Lille[4].
Les communs, de style rustique à l'italienne, sont couverts en tuile et présentent des façades en meulière apparente côté cour, enduites sur la rue. Le plus vaste des bâtiments comporte un petit pigeonnier en clocheton. Des arcatures en brique surmontent les baies, poussant le caractère italien jusque dans cette véritable petite ferme.
[1] Garric, op. cit., p. 81.
[2] « Ces toits plats, ces terrasses délicieuses, […] sont plus que déplacés à Paris, où l’on jouit à peine de quelques jours d’un ciel pur et sans nuages », Urbain Vitry, Le Propriétaire architecte, Paris, Audot, 1827, p. I.
[3] Roselyne Bussière, Marianne Métais et alii, Châteaux, villas et folies. Villégiature en Île-de-France, Lyon, Lieux Dits, 2024, p. 44 et suiv.
[4] Alexandre Gady, Les Hôtels particuliers de Paris du Moyen Âge à la Belle Époque, Paris, Parigramme, 2008, p. 68.
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Murs
- pierre moellon enduit (incertitude)
- meulière brique et pierre enduit
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Toitsardoise, tuile plate
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Plansplan régulier
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Étagesétage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
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Élévations extérieuresélévation ordonnancée
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Couvertures
- toit à longs pans croupe
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Escaliers
- escalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
- escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
- escalier tournant
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Techniques
- céramique
- ferronnerie
- menuiserie
- peinture
- sculpture
- décor stuqué
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Représentations
- palmette
- sphinx
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Statut de la propriétépropriété privée
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Éléments remarquablesportail
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Protectionsclassé MH partiellement, 1979
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Précisions sur la protection
Sont classés, par arrêté du 14 décembre 1979 : le portail d'entrée, les façades et toitures du château et de ses communs, l'escalier intérieur et les pièces suivantes du château avec leur décor : vestibule, ancienne antichambre, salle à manger (portes), grand et petit salons au rez-de-chaussée, chambre donnant sur la façade ouest et le plafond à caissons des toilettes au premier étage.
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Référence MH
- (c) Région Île-de-France (reproduction)
- (c) Région Île-de-France (reproduction)
- (c) Région Île-de-France (reproduction)
- (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France
- (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France
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- (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France
- (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France
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- (c) Philippe Ayrault, Région Île-de-France
- (c) Philippe Ayrault, Région Île-de-France
- (c) Philippe Ayrault, Région Île-de-France
Bibliographie
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Bibliothèque nationale de France, Paris : V-8981
Charles Étienne Briseux, L'Art de bâtir des maisons de campagne : où l’on traite de leur distribution, de leur construction et de leur décoration, Paris, Prault Père, 1743 ; rééd. Paris, J. B. Gibert, 1761.
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Bibliothèque nationale de France, Paris : 709.203 1 PALL 5 CH
André Chastel, Palladiana, Paris, Gallimard, 1995
-
Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine
Alexandre Gady, Les Hôtels particuliers de Paris du Moyen Âge à la Belle Époque, Paris, Parigramme, 2008.
-
Bibliothèque nationale de France, Paris
GARRIC Jean-Philippe, Recueils d’Italie : les modèles italiens dans les livres d’architecture français, Sprimont, Mardaga, 2004
-
Bibliothèque nationale de France, Paris : VZ-1178-4
Charles Percier, Pierre François Léonard Fontaine, Palais, maisons, et autres édifices modernes, dessinés à Rome. Publiés à Paris, l'an IV de la République française, Paris, Ducamp, 1798
-
Bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art, Paris
Urbain Vitry, Le Propriétaire architecte, contenant des modèles de maisons de ville et de campagne, de fermes... ainsi qu’un traité d’architecture et de construction renfermant le résumé des nouvelles découvertes relatives aux constructions, Paris, Audot, 1827
-
Bibliothèque nationale de France, Paris : 2004-87912
Manfred Wundram, Thomas Pape, Andrea Palladio, un architetto tra Rinascimento e Barocco, Köln, Taschen, 2009
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Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine
Roselyne Bussière, Marianne Métais, et alii, Châteaux, villas et folies, Villégiature en Ile-de-France, Région Île-de-France, Lieux Dits Editions, 2024
Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.
Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
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