Dossier IA95000455 | Réalisé par
Förstel Judith (Contributeur)
Förstel Judith

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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maison de campagne, 2-4 place Jean Le Vacher, également gendarmerie et maison de peintre
Copyright
  • (c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Ecouen
  • Commune Écouen
  • Adresse 2-4 place Jean Le Vacher
  • Cadastre 2014 AI 24
  • Dénominations
    maison

Cette imposante maison se situe au débouché de l'ancienne route de Paris, sur l'ancien "carrefour de la Bauvette". Elle possède une riche histoire : propriété de Jean Bullant, l'architecte du connétable de Montmorency, elle appartint ensuite à la famille Le Vacher, dont l'un des membres finit martyr à Alger en 1682. Mais dans son état actuel, elle s'affirme surtout comme une des belles maisons de campagne du XVIIIe siècle d'Ecouen, bénéficiant de la vue sur la plaine de France. Elle présente également une imposante verrière qui rappelle la présence d'un atelier d'artiste au XIXe siècle : la maison était alors habitée par Théophile Emmanuel Duverger puis par son gendre André Henri Dargelas, tous deux membres de l'"école d'Ecouen".

D’après les recherches menées par Léon Brétaudeau, cette maison était au XVIe siècle celle de Jean Bullant, l'architecte d'Anne de Montmorency, et au XVIIe siècle elle a appartenu à la famille Le Vacher : une plaque en façade commémore le souvenir de Jean Le Vacher, missionnaire et consul de France, supplicié à Alger en 1682. Au XIXe siècle, la partie gauche de la maison, qui comprenait la porte cochère et s'étendait aussi sur le bâtiment voisin (rue Jacques-Yvon), a été louée à la gendarmerie. Les minutes notariales et la matrice cadastrale permettent de restituer la liste des différents propriétaires à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle : M. et Mme Rochart (1793), M. et Mme François, Mme Marie Madeleine Delabalme (1800), M. Marteau (1803), M. et Mme Moussault (1808), M. Jacques Furcy Boidevin, architecte à Paris (1823), M. Richard Soulas (1825), M. François Dupont (1826).

Cette maison était alors une "maison de campagne" qui possédait notamment un belvédère dans les combles, encore visible sur une carte postale prise vers 1900, et un jardin en terrasse à l'arrière. D'après la forme de son toit, il semblerait que cette partie de la maison puisse être datée du XVIIIe siècle, mais le gros-oeuvre peut être plus ancien.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, cette demeure devint l'une des "maisons de peintre" d'Ecouen, qui accueillit à cette époque un groupe de peintres naturalistes, aujourd'hui un peu oubliés. La maison fut en effet achetée par Emmanuel Duverger et son épouse Elisabeth Seignac, le 18 octobre 1869. Elle passa ensuite à leur gendre, Henri Dargelas, lui aussi artiste peintre. D'où l'aménagement de la grande verrière d'atelier, tournée vers le nord, que l'on voit encore en façade de la maison.

La maison, bâtie sur un plan rectangulaire très allongé (huit travées), comporte un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble. La façade est agrémentée d'un enduit à décor de fausse pierre. Le rez-de-chaussée présente cinq fenêtres de taille inégale, une porte piétonne aménagée au sommet d'un petit perron à double escalier, une porte cochère et une seconde porte piétonne. L'étage de comble, quant à lui, abrite en son milieu une grande verrière, aménagée pour éclairer un atelier de peintre. La partie droite de la toiture est percée de deux lucarnes et deux oeils-de-boeuf, tandis qu'à gauche, on a simplement un toit à longs pans couverts de tuiles plates, sans ouverture.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit d'imitation
  • Toits
    ardoise, tuile plate
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble, rez-de-chaussée surélevé
  • Couvrements
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • croupe brisée
  • Typologies
    maison de notable ; maison de peintre
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • AD Val d'Oise, 2E4 / 200 : Vente par Mme Elisabeth Henriette Hebert, veuve de M. Richard Soulas, propriétaire demeurant à Ecouen, à M. François Dupont propriétaire demeurant à Paris, rue de Gramont, d’une « grande maison », cour jardin et dépendances rue de la Bauvette, composée de deux principaux corps de logis (dont l'un sert de gendarmerie). 11 novembre 1826.

  • AD Val d'Oise, 4 N 510 : Bail à loyer d'une partie de la maison comme caserne de gendarmerie en 1824, 1833 et 1841.

  • AD Val d'Oise, 2E4 / 332 : Achat de la maison par Théophile Emmanuel Duverger et son épouse, 18 octobre 1869.

Bibliographie

  • AUSSEUR-DOLLEANS, Chantal, CREPIN-LEBLOND, Thierry et FÖRSTEL, Judith (avec la collaboration de : Christian Dauchel, Fanny Gosselin, Rémy Guadagnin). Ecouen. Un balcon sur la plaine de France. Collection Patrimoines d’Île-de-France. Lyon : éditions Lieux Dits, 2018. Photographies : Jean-Bernard Vialles, avec la collaboration de Laurent Kruszyk ; plan : Diane Bétored.

    p. 55-58, p. 73
  • Léon Brétaudeau, « La famille de Jean Le Vacher, missionnaire et consul en Barbarie, né à Écouen », Mémoires de la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France, t. 33, 1906, p.151-186.

  • BADUEL Daniel, BERTRAND Aude et DAUCHEL Christian. L'Ecole d'Ecouen, une colonie de peintres au XIXe siècle. Ecouen : Office de tourisme, 2012.

    p. 53
Date d'enquête 2017 ; Dernière mise à jour en 2018
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Förstel Judith
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Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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