Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
- patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Ile-de-France
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Commune
L'Isle-Adam
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Adresse
5bis rue Dambry
,
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Cadastre
1826
B
102
;
2014
AO
0009
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Dénominationsmaison
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Précision dénominationmaison de villégiature, chalet
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Appellationschalet Dambry
Petite ville du bord de l’Oise, L’Isle-Adam est très appréciée des villégiateurs. Même si l’arrivée du chemin de fer en 1846 (ligne Paris-Lille-Bruxelles) n’est pas à l’origine du phénomène, l’accès facilité par le train entraîne son développement, servi par les projets d'urbanisme d'un maire philanthrope, Pierre Charles Dambry.
« La rue Dambry débouche sur la place de la mairie. Elle rappelle la mémoire de M. Dambry, ancien maire de l'Isle-Adam pendant 35 ans (5 septembre 1834 - 3 septembre 1869). Il s'est fait remarquer par sa bonne administration et les embellissements qu'il a apportés à la ville »[1]. Ainsi l'instituteur décrit-il en 1899 ce fameux maire, Pierre Charles André Dambry (1796-1869). Notaire après son père, dont il reprend l’étude à l'Isle-Adam, il se consacre à la politique et, outre son long mandat de maire, il est aussi conseiller général et député. Dambry est également un riche propriétaire qui possède de nombreuses terres à l’Isle-Adam, ce qui lui permet d'entreprendre d’importants projets d’urbanisme dans la commune. Il trace notamment l’avenue des Ecuries après avoir acheté à la veuve Ducamp[2], en 1830, les terres des anciennes écuries du prince de Conti (actuel parc Manchez). Il trace ensuite l’avenue de Paris, en 1842. Il finance en grande partie la construction de la nouvelle mairie, en 1869, après avoir contribué à la restauration de l’église. En 1854, il achète à l’héritier Ducamp le clos Bergeret[3]. Composé de plusieurs parcelles, le clos est grand, et progressivement construit. Le chalet de la rue qui portera le nom du maire[4] en est l’une des premières constructions. Il est édifié à l’initiative de Dambry en 1864[5] ; une autre maison le précède, en 1861[6]. Il s’agit bien entendu d’opérations immobilières, Dambry possède un château dans la commune où il réside. Les années 1880 voient se densifier le quartier. Le chalet connaît différents propriétaires, plus ou moins durables, parfois domiciliés à l’Isle-Adam mais celui-ci semble plutôt destiné à la location. On relève parmi ses propriétaires la marquise de Palliaviewski, de 1883 à 1896.
Avec une construction en 1864, ce chalet anticipe la vogue qui déferlera après l'Exposition universelle de 1867 mais s’inscrit dans un courant déjà bien amorcé, notamment depuis l’exposition des maisons mobiles à Paris en 1856, organisée par l’ingénieur suisse Seiler[7].
[1] Monographies d’instituteurs, L’Isle-Adam, 1899, AD 95, 1T139, p. 17.
[2] De qui proviennent aussi les terres où sera construit, par son fils, le château Conti, labellisé patrimoine d’intérêt régional (voir IA95000571).
[3] Matrices cadastrales 3P414, AD 95, folio 102 et 142.
[4] Entre 1876 et 1881, date à laquelle la rue Dambry apparaît dans le recensement. AD 95, 9M618.
[5] Matrices cadastrales 3P414, AD 95, folio 102.
[6] Ibidem.
[7] L’Illustration, Journal universel, 1856, 16 août 1856, p. 101 cité par Bussière, « L’indémodable chalet », Châteaux, villas et folies, Lyon, Lieux Dits, 2024, p. 161.
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Période(s)
- Principale : 3e quart 19e siècle , (incertitude)
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Dates
- 1864, daté par travaux historiques
La maison est précédée par un jardin bordé de deux allées qui mènent au porche d’entrée desservi par un escalier à double montée convergente. Le rez-de-chaussée et le soubassement forment un socle qui se démarque du reste de la construction par l’usage de la pierre, contrastant avec le bois peint en bleu des étages. Il s’inscrit malgré tout dans la continuité de l'ensemble puisque les arcades et les minces colonnes du porche sont en bois. La meulière est également atténuée par un badigeon au lait de chaux qui éclaircit et fond l'ensemble.
Le premier étage est entouré d’un balcon filant décoré d’une rambarde à motifs végétaux stylisés en bois découpé, motifs repris pour le balcon de l’étage de comble. La toiture qui recouvre le chalet est débordante et agrémentée d’aisseliers ouvragés et de lambrequins qui reprennent le même motif que les encadrements de fenêtres. Les décors permettent donc une homogénéité de la construction.
Les niveaux sont cependant individualisés. Le rez-de-chaussée est en pierre, et les lambris des étages présentent des décors différents. Les murs du premier étage sont ornés de planches de bois horizontales et segmentés par des piliers d’un bleu plus foncé. Il est séparé de l’étage de comble par une frise de motifs circulaires d’une teinte plus claire. Ce dernier niveau est décoré de planches de bois verticales percées de quadrilobes qui animent la surface du mur. Le rythme des piliers reprend celui du premier étage.
Ce chalet est donc marqué par une multiplicité de décors formant un ensemble cohérent. Il est un exemple type des maisons de villégiature inspirées du chalet suisse, très apprécié dans la deuxième moitié du XIXe siècle.
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Murs
- meulière petit appareil badigeon
- bois
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Toitsardoise
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Étagessous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
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Couvertures
- toit à longs pans pignon couvert
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Escaliers
- escalier de distribution extérieur : escalier symétrique en maçonnerie
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Statut de la propriétépropriété privée
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
Documents d'archives
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Archives départementales du Val d'Oise, Cergy-Pontoise : 3P 414 et 415
Matrices des propriétés bâties et non bâties, 1828-1914
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Archives départementales du Val d'Oise, Cergy-Pontoise : 9M618
Recensement de population 1876 et 1881
Bibliographie
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Bibliothèque nationale de France, Paris : NUMM-34496
Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains : contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers, Paris, Hachette, 1865
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Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine
Roselyne Bussière, Marianne Métais, et alii, Châteaux, villas et folies, Villégiature en Ile-de-France, Région Île-de-France, Lieux Dits Editions, 2024
Périodiques
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Bibliothèque nationale de France, Paris : GENE ILLU - 1843-1955
L’Illustration, Journal universel, 1856, 16 août 1856, p. 101
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Michel Vernes, « Le chalet infidèle ou les dérives d’une architecture vertueuse et de son paysage de rêve », Revue d’histoire du XIXe siècle, n°32, 2006, p. 111-136
https://doi.org/10.4000/rh19.1099
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