Dossier d’œuvre architecture IA91001143 | Réalisé par
  • inventaire topographique
maison, 1 rue Charles Cochin
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Stéphane Asseline, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Milly-la-Forêt
  • Commune Milly-la-Forêt
  • Adresse 1 rue Charles Cochin
  • Cadastre 1815 C 677, 678  ; 2025 AI 146, 1052
  • Dénominations
    maison
  • Précision dénomination
    maison bourgeoise
  • Parties constituantes étudiées
  • Parties constituantes non étudiées
    petit parc, mur de clôture, dépendance

Cette demeure bourgeoise a été construite au milieu du XIXe siècle par un fermier de la commune. Avec son vaste jardin, elle se distingue des autres maisons existantes au sein de l’ancienne ville close.

Lors de l’établissement du premier plan cadastral de Milly en 1815 la parcelle C 678 (actuelle parcelle AI 146) était presqu’entièrement occupée par une grande maison présentant un plan allongé irrégulier. Au nord, sur la parcelle C 677 (actuelle parcelle AI 1052 et une grande partie de la parcelle AI 1051), il existait déjà un vaste jardin attenant à la maison[1]. Celle-ci est démolie après l’acquisition de la propriété par Étienne Nicolas Cochin, originaire de Dannemois et fermier à Milly[2], pour l’édification du bâtiment actuel, dont la construction est achevée en 1848[3]. Peu de temps après, le jardin est légèrement agrandi grâce à l’acquisition de la parcelle C 676 (partie ouest de la parcelle AI 1051)[4].

Le plan d’alignement de 1866 montre qu’une petite partie de la maison primitive a été conservée lors de la démolition. Il s’agit de la construction située au sud-est de la propriété, qui existe encore aujourd’hui, et d’un bâtiment de plan carré bordant la rue Langlois qui a disparu depuis.

Les cartes postales anciennes permettent de connaître les dispositions primitives des façades de la maison actuelle. Les élévations étaient couvertes d’un enduit de ton clair et ornées de bandeaux moulurés et de chaines d’angle à décor de bossages. Ces décors ont disparu selon toute vraisemblance dans le troisième quart du XXe siècle, comme le suggère la carte postale de l’éditeur Rameau qui est postérieure à 1951. Lors de ces travaux les maçonneries ont été mises à nu et rejointoyées au mortier de ciment, donnant à la maison un caractère plus rural qu’urbain. Du décor d’origine il ne subsiste que la corniche moulurée, ornée de denticules au niveau des chaines d’angles. À l’intérieur, les éléments primitifs sont nettement plus nombreux. La distribution d’origine est presqu’entièrement conservée et deux des quatre pièces du rez-de-chaussée possèdent toujours leur décor (parquet en points de Hongrie, boiseries et plafonds moulurées, cheminée en marbre). Ces ornements, toujours visibles dans le salon et la salle à manger, témoignent du soin apporté à la construction de cette demeure. À l’échelle de la commune, l’ampleur de cette maison tout comme celle du jardin arboré trahissent l’aisance financière du commanditaire.

La propriété demeure dans la famille Cochin pendant près d’un siècle. Après le décès d’Étienne Charles Cochin, petit-fils d’Étienne Nicolas Cochin, sa femme Clémentine Haag, qui conserve la propriété, l’agrandit quelque peu. En effet, elle acquiert une petite parcelle bâtie située au nord-ouest du jardin et donnant sur la place du Colombier. À l’emplacement d’une construction existante, elle fait édifier en 1909 ou 1910[5] une petite demeure qui, d’après la tradition orale, aurait servi de maison de garde. Pendant cette période, la matrice indique que la parcelle C 678 abrite une « écurie et remise », correspondant probablement à la construction qui existait à l’emplacement du bûcher actuel, ainsi que deux maisons. Il semble donc que la construction existante au sud-est de la propriété était alors utilisée comme habitation. Clémentine Haag, veuve d’Étienne Charles Cochin, conserve la propriété jusqu’à sa mort en 1940. Celle-ci est ensuite acquise par un mécanicien milliacois, Lucien Longuet[6]. Il s’en sépare au milieu des années 1960 au profit de Marc Darbonne. La maison est acquise par les propriétaires actuels en 2022. C’est lors de cette mutation que l’ancienne maison de garde (AI 1055) et la partie nord du jardin (AI 1051) sortent de la propriété.

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[1] AD 91, 3 P 2909, Matrice des propriétés bâties et non bâties, 1822, folio 180.

[2] Ibid., folio 249.

[3] AD 91, 2 P 71, Recensement des propriétés bâties, 1836 à 1936.

[4] AD 91, 3 P 2909, Matrice des propriétés bâties et non bâties, 1822, folio 249.

[5] La construction nouvelle est portée en 1912 sur la matrice cadastrale. Elle est identifiée comme « maison ». Cf. AD 91, 3 P 2915, Matrice des propriétés bâties, 1910, case 97. 

[6] Ibid., case 528.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source
    • Secondaire : 3e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1848, daté par source

Cette propriété se trouve au nord-est de l’ancienne ville close, à proximité immédiate de la place du Marché. Elle possède un grand jardin clos de murs maçonnés, ouverts sur le boulevard Foch, la rue Langlois et la rue Charles Cochin par trois portails en ferronnerie. Les trois constructions (la maison principale, le bûcher et une dépendance transformée en logement) se trouvent dans la partie sud du jardin.  

La maison principale présente un plan rectangulaire irrégulier conditionné par la forme de la parcelle et l’implantation du bâtiment à l’angle des rues Langlois et Charles Cochin. L’ensemble des façades est à pierres-vues, laissant apparaître la maçonnerie en grès composée de moellons allongés et équarris ainsi que de petits moellons jointoyés au ciment. La façade principale tout comme la façade sur le jardin sont organisées en cinq travées. L’ensemble des baies présente un encadrement droit en béton dont le linteau est en léger débord par rapport aux jambages. L’entrée principale est située rue Cochin. Elle est accessible par un degré droit et est surmontée par un auvent à trois pans composé d’une structure en bois et couvert de tuiles plates. Les quatre élévations se terminent par une corniche moulurée, dotée à chacun des angles d’un décor de denticules. La toiture à quatre pans est aussi couverte en tuiles plates.

Au regard de l’emprise de la maison, la cave n’occupe qu’une petite surface correspondant à la partie ouest du vestibule. Elle est couverte par une voûte en berceau en moellons de grès équarris.

La porte d’entrée située au centre de la façade ouest ouvre sur le vestibule qui prend la forme d’un large couloir traversant le bâtiment dans sa largeur. Cet espace central dessert les quatre pièces aménagées de part et d’autre. Le salon, situé au nord-ouest du rez-de-chaussée, et la salle à manger, située au nord-est, conservent des éléments d’origine. Ces deux pièces possèdent un parquet en points de Hongrie. En revanche, les sols des autres pièces du rez-de-chaussée et également de l’étage sont couverts d’un parquet à lames droites. Elles sont en outre ornées de boiseries aux lignes droites et de moulures en plâtre. Ces dernières sont très soignées et présentent un riche décor : guirlandes de roses, frises feuillagées, corbeille de fruits, génie fleuronné, amours chevauchant des boucs, colibris, etc. Le salon conserve aussi une cheminée en marbre, adossée au mur pignon nord, ainsi que deux grands miroirs.

L’escalier tournant à jour central est logé dans la partie sud du vestibule, côté jardin. Il dessert uniquement l’étage, un escalier secondaire permettant l’accès au comble.

  • Toits
    tuile plate
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à plusieurs pans
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
  • Typologies
    maison bourgeoise
  • État de conservation
    état moyen
  • Techniques
    • ferronnerie
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Sites de protection
    zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager

Documents d'archives

  • AD 91, 3 P 2909, Matrice des propriétés bâties et non bâties, folios 1 à 540, 1822.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 3 P 2909
  • AD 91, 2 P 71, Recensement des propriétés bâties, Bulletins de renseignements modèle 11 bis concernant les maisons et usines en construction ou en reconstruction, 1835-1910.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 2 P 71
  • AD 91, 3 P 2915, Matrice des propriétés bâties, 1910.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 3 P 2915
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Articulation des dossiers
Parties constituantes