La mairie primitive était installée depuis la Révolution dans la chapelle Saint Nicolas de l’Hôtel Dieu[1]. Plus tard, le plan d’alignement de 1866[2] expose un bâtiment de plan au sol très remanié par rapport au plan de 1841[3]. Cette modification architecturale était sans doute liée au changement de vocation du site d’autant plus qu’il est alors indiqué « Mairie » en remplacement « d’Hospice ».
Dès 1860, l’édification d’un nouvel Hôtel de Ville est envisagée. Dans ce contexte, le sous-préfet invite le maire à réaliser auprès des milliacois une enquête de faisabilité[4]. Celle-ci conclue à la difficulté de trouver un terrain convenable pour la future construction.
Plus de vingt ans plus tard, en 1884, un projet d’ampleur est dessiné par l’architecte parisien M. Allain. Le programme comprend non seulement l’aménagement d’un Hôtel de Ville à l’emplacement même de la mairie d’alors (donc de l’ancien Hôtel Dieu), mais aussi la création d’une école de fille au fond de la parcelle.
L’étude n’aboutit que dix ans plus tard. Le projet prend alors une envergure plus large avec la commande d’un agrandissement de l’école des garçons[5]. Les plans primitifs de l’Hôtel de Ville sont remaniés et le bâtiment implanté en retrait de la voie, accentuant sa monumentalité.
En outre, un article noté en marge du Cahier de l’adjudication des travaux à exécuter[6], commande la mise en dépôt de tout objet provenant des travaux d’excavation. Les maitres d’ouvrage et d’œuvre avaient donc conscience du potentiel archéologique et mémoriel que les sous-sols de la ville pouvaient recéler.
Ce même Cahier, les devis, ainsi que les mémoires techniques informent sur les méthodes constructives et les matériaux employés. Il est mentionné pour les élévations l’usage de « pierres du pays » et de « vieilles pierres » ainsi que de « briques neuves du pays ». Il est aussi prescrit le cintrage des planchers de briques. Ces indications sont autant de témoins des techniques constructives mises en œuvre en cette fin du XIXe siècle où se mêlent innovation technique et tradition architecturale.
L’Hôtel de Ville est officiellement inauguré le 27 octobre 1895 en présence du député M. Amodru, du préfet M. Gentil, du sous-préfet M. de Rainer, du conseiller Général M. Legendre, du conseiller d’Arrondissement M. Servant et du maire de Milly et conseiller d’Arrondissement M. Bedu.
Nonobstant cet évènement, un dernier marché public est ouvert l’année suivante pour l’installation d’une horloge[7] dans l’attique couronnant l’avant-corps. Ce dernier acte constitue le point d’orgue de ce projet mûri sur le temps long, prouvant l’implication de la municipalité dans l’élaboration de l’image de la commune.
Le bâtiment de la mairie a fait l’objet d’une extension dans la seconde moitié du XXe siècle. En effet, la notice[8] réalisée en 1971 lors du pré-inventaire mené à Milly précise que des travaux d’agrandissement sont projetés : il s’agit de l’actuelle construction adossée au mur gouttereau nord de l’Hôtel de Ville.
[1] GEBER Raymond-Auguste et HOUDY Marcel, Milly et son histoire, La Ferté Alais, imp. J. Marceau, juin 1972 ; AD 91, 4T/12, MICHAUX Louis, Monographie de la commune de Milly-la-Forêt, 18 novembre 1899.
[2] AM de Milly-la-Forêt, I O 1/1, Plan d’alignement de la Ville de Milly, dressé en 1866 par l'agent voyer du Canton d’Étampes L. Baudet.
[3] AM de Milly-la-Forêt, I O 1, Plan d’alignement de 1844, dressé par M. Levasseur, géomètre, sous l’administration de M. Doré, maire de Milly.
[4] AM de Milly-la-Forêt, IV M 2/1, Lettre du sous-préfet M. Cheveigne au maire de Milly M. Quinton datée du 11 octobre 1860.
[5] Cette école a été implantée sur l’ancien potager rue du Lau et figure sur le plan d’alignement de 1866 pour le percement du boulevard Grammond. Actuellement sise au 4 boulevard Sadi Carnot.
[6] AM de Milly-la-Forêt, IV M 2/1, Cahier des Charges, Clauses et Conditions Générales de l’adjudication des travaux à exécuter, « Construction des écoles des filles, d’un Hôtel de Ville et agrandissement des écoles des garçons », article 7bis inscrit en marge, daté du 15 février 1894.
[7] AM de Milly-la-Forêt, IV M 2/1 et IV M 3/1, Devis, entre 1895 et 1896.
[8] Archives d’Île-de-France, 2073 W 885, Inventaire Général des Monuments et des Richesses Artistiques de la France, M. HOUDY, fiche de Pré-Inventaire.
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