Milly-la-Forêt, commune de presque 4 600 habitants[1], est un pôle administratif et touristique majeur de la Communauté de communes des deux vallées et du Parc naturel régional du Gâtinais français. La ville possède un paysage urbain et architectural remarquable qui témoigne d’une histoire multiséculaire.
D’après l’historien de l’art Denis Hayot, le fief de Milly, qui faisait partie du Comté du Gâtinais, est rattaché au domaine royal par Philippe Ier en 1068. C’est à partir de cette période que naît progressivement la lignée des seigneurs de Milly, dont le premier représentant officiel serait Thierry de Milly (1080-1135). Au XIIIe siècle, probablement dès la première moitié du siècle, la famille de Milly fait édifier le château et son enceinte[2].
Occupée et incendiée à plusieurs reprises entre 1356 et 1433, la ville de Milly-en-Gâtinais subit de plein fouet les offenses de la guerre de Cent Ans. Elle doit sa renaissance à Louis Mallet de Graville, qui acquiert le domaine en 1462[3]. C’est dans ce contexte que la ville s’étend à l’est de son emprise initiale. La halle, dont la construction est autorisée en 1479, est un élément majeur de ce nouveau centre urbain.
Sa situation de premier relais de poste sur la route royale Paris-Lyon permet à la ville de devenir un centre commercial important. Son marché concurrence désormais celui de Malesherbes. Au milieu du XVIe siècle, Milly est d’ailleurs présentée comme étant l’une des principales villes du « pays de Gastinois »[4].
Concernant l’enceinte urbaine, sa période de construction demeure incertaine. L’érudit local Armand Sougit estime que son édification est « sans doute »[5] due à Louis Mallet. Pour Denis Hayot en revanche, l’intervention du sire de Graville se serait limitée à la réalisation de travaux[6], ce qui suggère que la construction de l’enceinte pourrait être antérieure à la seconde moitié du XVe siècle. Quoi qu’il en soit, le récit de la démolition de cet ouvrage majeur est absent des essais sur l’histoire de Milly.
En dehors du pillage de la foire Saint-Simon, qui s’est déroulé en 1579 dans le contexte des guerres de Religion, peu d’évènements marquants apparaissent dans les travaux sur l’histoire locale pour la fin du XVIe siècle et le siècle suivant. De fait, pendant cette période, « Milly jouit d’un calme que beaucoup de pays lui eussent envié »[7]. A la fin du XVIIe siècle en revanche, la ville subit un fort déclin en raison de la modification du tracé de la route royale de Paris à Lyon et de la création de la foire Sainte-Catherine à Fontainebleau[8].
Chef-lieu de canton à partir de 1790, la ville semble avoir connu un nouvel essor à partir du début du XIXe siècle grâce au développement de la culture maraîchère et de la production de plantes médicinales[9]. Au tout début du XXe siècle, « la petite ville est devenue un centre agricole important »[10]. Ce dynamisme économique s’est traduit par la formation progressive des faubourgs. Toutefois, en 1899, l’instituteur de la commune analyse que Milly ne pourra véritablement s’épanouir que par la création d’un réseau ferroviaire facilitant l’accès des villégiateurs[11].
Finalement, la ville est reliée à Melun par un tramway à partir de 1910. Deux ans plus tard, une gare ferroviaire est inaugurée par la Compagnie des chemins de fer de grande banlieue. Ces lignes ferment respectivement en 1938 et en 1949. En dépit de ces moyens de transport, la commune est devenue un lieu de villégiature surtout au milieu du siècle.
A partir des années 1960, le développement de la commune se caractérise par un important étalement urbain. Les quartiers d’extension représentent aujourd’hui plus de la moitié de l’espace urbanisé[12].
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[1] Recensement de 2022, Insee.
[2] HAYOT Denis, L'architecture fortifiée capétienne au XIIIe siècle, Un paradigme à l'échelle du royaume, Chagny, Edition du centre de castellologie de Bourgogne, Vol. 2 - Monographies Île-de-France, Champagne, Bourgogne, 2021, p. 241.
[3] Ibid., p. 243.
[4] ESTIENNE Charles, La guide des chemins de France (revue et augmentée), Paris, C. Estienne Imprimeur du Roi, 1553, p. 91.
[5] SOUGIT Armand, Essais historiques sur la ville de Milly et sur les différentes familles qui en ont possédé la seigneurie, Saint-Georges-de-Luzençon, Imprimerie Maury, 1992, p. 65.
[6] HAYOT Denis, L'architecture fortifiée capétienne au XIIIe siècle…, 2021, p. 243.
[7] MARQUIS Léon, « Recherches historiques sur Milly-en-Gatinais (Seine-et-Oise) », In : SHAG, Annales de la Société historique & archéologique du Gâtinais, tome XIV, 1896, p. 38.
[8] SOUGIT Armand, Essais historiques sur la ville de Milly…, 1992, p. 101 et 103.
[9] SOUGIT Armand, Essais historiques sur la ville de Milly…, 1992, p. 122.
[10] ARDOUIN-DUMAZET Victor-Eugène, Voyage en France. Région parisienne, Paris, Berger-Levrault & Cie Editeurs, 44e Série, 1906, p. 223.
[11] AD 91, 4 T 12, Monographie de la commune de MILLY-LA-FORET, par Louis MICHAUX (instituteur), 18 novembre 1899, p. 52.
[12] Rapport de présentation, PLU Commune de Milly-la-Forêt, approuvé le 18 décembre 2019, p. 64.