Dossier d’œuvre architecture IA78002388 | Réalisé par
  • patrimoine de la villégiature
Maison du docteur Thoyer-Rozat
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Ile-de-France
  • Commune Louveciennes
  • Adresse 15 rue Auguste Renoir
  • Cadastre 1805 A 3097  ; 2025 AV 96
  • Dénominations
    maison
  • Précision dénomination
    maison de villégiature

La maison du docteur Thoyer-Rozat s’inscrit dans la veine des villas franciliennes de Pol Abraham, associant la tradition de la villégiature avec les formes modernes, aussi observables à Saint-Cloud ou à Vaucresson. 

 

Cette maison de Louveciennes a été édifiée à la demande d’un médecin parisien, le docteur Thoyer-Rozat, chirurgien spécialisé dans les accouchements[1], pour y passer ses week-ends[2]. C’est l’architecte moderniste Pol Abraham (1891-1966) qui est chargé de la construction. Héritier du rationalisme de Viollet-le-Duc, qu’il choisit comme sujet de thèse, Pol Abraham s’illustre dans la construction de maisons privées aux formes associant modernisme et régionalisme en Bretagne, mais il travaille aussi sur des projets emblématiques de l’architecture moderne à Paris et en Île-de-France, dont cette maison. La construction débute en 1926 et est achevée en 1927. Le plan comporte les espaces essentiels aux résidences secondaires : accès par un vestibule, pièces de vie, cuisine, chambres de la famille et chambres de domestiques.

La famille Thoyer-Rozat y séjourne de plus en plus fréquemment et décide finalement de s’y installer. Ainsi des travaux d’agrandissement débutent en 1928 pour adapter la maison à sa nouvelle fonction d'habitat permanent. Une extension est construite du côté de la rue du Maréchal Gallieni. C'est un haut bâtiment cubique d'un étage, accolé à celui d’origine et le dépassant quelque peu. Il comprend une salle à manger et un office au rez-de-chaussée, deux chambres à coucher et une salle de bain à l’étage ; les chambres existantes sont agrandies. Ces travaux sont achevés en 1929.

[1] Thoyer-Rozat, Titres et travaux scientifiques du Dr J. Thoyer-Rozat, agrégation de chirurgie, section d'accouchements, concours de 1901.

[2] « Villa à Louveciennes », L’Architecte, 1930, n°7.

La maison du docteur Thoyer-Rozat est construite sur une semelle en béton armé. Le sous-sol est en meulière et ciment tandis que le reste des étages est en brique creuse et béton armé, enduit de mortier et de ciment[1]. La structure est composée d’un emboîtement de rectangles surmontés de toits plats, accentuant l’aspect très géométrique qui caractérise les maisons modernistes.

Les constructions domestiques de Pol Abraham sont percées de nombreuses fenêtres, témoignant de sa recherche de luminosité, observable dans le salon de cette demeure, qui est ouvert sur la terrasse par un mur de fenêtres, mais aussi grâce à son système de croisée d’angle. En plaçant les fenêtres dans les angles, les contre-jours sont évités et les espaces intérieurs éclairés de façon homogène par la lumière du jour. Les baies ne sont pas la seule originalité de l’extérieur de cette maison : les balustrades des toit-terrasses sont en tube de fer à chauffage[2], un système que l’architecte utilise aussi à l’intérieur de la maison.

A L’intérieur, les pièces sont de composition simple, suivant les formes rectangulaires du plan. L’accès se fait par un vestibule ouvrant sur les espaces de vie comme le salon-salle à manger et l’office (qui se trouvent dans l'extension de 1928), ainsi que deux studios indépendants. L’étage est composé de deux grandes chambres pour le couple et les enfants, ayant chacune une salle de bain attenante, et deux chambres pour les domestiques.

Les étages sont desservis par un escalier, remarquable par la technique utilisée pour sa construction : les marches sont en verre et béton. Elles sont encastrées dans le mur par un côté et ne sont solidarisées que par la rampe, qui prévient la flexion pouvant se produire. Cette rampe est composée de tubes de chauffage, à l’image des balustrades extérieures. La cage dans laquelle s’inscrit l’escalier est éclairée par une coupole de béton et pavés de verre de Saint-Gobain teintés par un vernis. L’aspect translucide de la coupole et des marches poursuit le désir de luminosité de Pol Abraham. C’est aussi un organe important pour la ventilation puisque la coupole comporte une couronne chauffante ainsi qu’un lanternon pour la ventilation.

Sur le toit terrasse, la pergola d'origine a disparu.

[1] « Villa à Louveciennes », L’Architecte, 1930, n°7

[2] « Villa à Louveciennes », L’Architecture, 1929, n°4

  • Toits
    béton en couverture
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
  • Couvertures
    • terrasse
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour suspendu
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • Fonds Pol Abraham, Bibliothèque Kandinsky, MNAM-Cci.

    Centre Pompidou, Mnam-Cci, Bibliothèque Kandinsky : ABRA 1-113

Bibliographie

  • Pol Abraham : architecte, 1891-1966, Paris, Centre Pompidou, 2008

    Bibliothèque nationale de France, Paris : 2008-85671

Périodiques

  • « Villa à Louveciennes », L’Architecture, 1929, n°4, p. 136-140

    Bibliothèque de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, Paris
  • « Villa à Louveciennes », L’Architecte, 1930, n°7, p. 59-60

    Bibliothèque de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, Paris
Date(s) d'enquête : 2026; Date(s) de rédaction : 2026
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Plessis Laura
Plessis Laura

Stagiaire à l'inventaire en 2025-2026

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