Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
- patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
Dossier non géolocalisé
-
Aire d'étude et canton
Ile-de-France
-
Commune
Jossigny
-
Adresse
1 rue de Tournan
-
Cadastre
1824-1850
A
182
Le corps principal du château se trouve en A 182, la cour d'honneur en A 184, la cour des communs en A 185 et 186. ;
2023
A
302
-
Dénominationschâteau
-
Précision dénominationmaison de plaisance , château de villégiature
-
AppellationsChâteau de Jossigny
Longtemps attribué à Charles-Étienne Briseux (1680-1754), l’auteur de l’Art de bâtir des maisons de campagne, tant il semblait proche des recommandations de ce traité, le château a été restitué à son véritable architecte, Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne (1711-1778) grâce aux travaux de Philippe Cachau.
Contrairement à la Folie Desmares, qui a changé fréquemment de propriétaire, le domaine de Jossigny est resté aux mains de magistrats parisiens pendant plusieurs siècles. Acquis à la fin du XVIe siècle par les Bragelongne, il est entré dans la famille des Leconte des Graviers par le mariage en 1704 de Anne-Françoise de Bragelongne avec Augustin Leconte, le père de Claude François (1728-1787), commanditaire du nouveau château. Ce dernier était conseiller au Parlement et à la cour des Aides de Paris. En 1949, son descendant, M. de Roig, petit-fils, par sa mère, de Camille Leconte baron des Graviers, l’a légué à l’Etat. Il est géré par le Centre des monuments nationaux.
Construit en 1753, le château est placé dans la plaine briarde au cœur du petit village de Jossigny qui en comptait alors deux autres : celui de Fontenelle, actuellement sur la commune de Chanteloup, et celui de Belle-Assise, détruit. Les travaux de Philippe Cachau[1] ont permis de rendre à Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, architecte du roi, la reconstruction du château de Jossigny en 1753 pour Claude-François Leconte des Graviers. L’édifice précédent datait de la fin du XVIe, ou début du XVIIe s.[2] et le nouveau château en reprend les principales dispositions[3]. Il est l’illustration des quatre principes que doivent respecter les maisons de campagne selon Charles-Etienne Briseux : « l’économie, la convenance, la commodité et la beauté »[4].
Grâce à ses communs et à ses jardins d’utilité, le domaine pouvait pourvoir à l’économie de la maison ; basse-cour, verger, potager, orangerie permettaient à la famille et à ses hôtes de consommer les produits de la propriété. Si l’on en croit le plan du domaine vers 1820[5], ils occupaient un peu plus de 2 ha sur 5,5.
Roselyne Bussière
[1] Philippe Cachau, « Une réalisation pittoresque de Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne (1711-1778). Le château de Jossigny », Les Cahiers d’histoire de l’Art, 2011, n°9, p. 53-61 et 2012, n°10, p. 67-74.
[2] Cachau, 2011, p. 56.
[3] Ibidem, p. 58.
[4] Charles-Etienne Briseux, L’Art de bâtir les maisons de campagne, 1743, tome I, p. 18.
[5] Géoportail, plan de l’état-major, environs de Paris, 1818-1824. https://www.geoportail.gouv.fr/carte.
-
Période(s)
- Principale : milieu 18e siècle
-
Dates
- 1753, daté par travaux historiques
-
Auteur(s)
-
Auteur :
Hardouin Mansart de Sagonne JacquesHardouin Mansart de Sagonne JacquesCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
-
Auteur :
La beauté de ce château tient à ses proportions et à la qualité de la décoration de ses façades. Celle sur cour compte sept travées réparties sur deux avant-corps latéraux, un avant-corps central et un corps longitudinal. D’élégants et discrets décors attribués à l’ornemaniste Nicolas Pineau (1684-1754)[1] ornent les baies : les plus remarquablement rocaille sont les deux consoles encadrant l’entrée. La façade sur jardin se distingue par la saillie à pans coupés du salon et sa couverture au profil galbé, en pagode ; on y retrouve les mêmes décors rocaille de Pineau. L’escalier, ouvert sur le vestibule, est placé à droite de celui-ci, conformément aux recommandations contemporaines[2]. Sa rampe reste, avec son alternance de panneaux rectangulaires et de pilastres, d’un dessin relativement mesuré si on la compare aux modèles chantournés publiés par Briseux[3].
« Dans un bâtiment où la convenance est observée, sa forme et sa décoration conviennent au rang, à la dignité, ou à l’opulence des propriétaires »[4] écrit d’Aviler. Le château de Jossigny respecte cette remarque : il n’est pas ostentatoire. Tout d’abord en raison de sa taille moyenne, sa façade de 15 toises (30 mètres environ) appartient à la plus petite dimension des modèles publiés par Blondel[5], et de son élévation avec un premier étage en partie mansardé. Philippe Cachau parle aussi d’une « décoration sobre » : dans les chambres, par exemple, les trumeaux de cheminée sont souvent ornés de toiles peintes, moins coûteuses que les miroirs[6]. De même au rez-de-chaussée, dans les deux appartements situés aux deux extrémités de la façade sur jardin, « les plafonds sont agrémentés d’une simple corniche […]. Les lambris sont simplement compartimentés, sans la moindre décoration rocaille »[7]. Seul le salon de compagnie est orné d’une corniche plus sophistiquée au discret décor exotique.
Pour ce qui est de la commodité, les cuisines sont placées dans un bâtiment détaché afin que les maîtres ne sentent pas « une odeur dégoutante »[8]. Elles sont à droite de la façade d’entrée, reliées par un passage qui donne directement sur la salle à manger. En exacte symétrie, un passage à gauche de la façade conduit à la chapelle. A l’étage, l’architecte a adopté le principe du corridor central partageant le niveau en deux parties d’égale importance. Depuis son apparition au château de Vaux-le-Vicomte, cette pratique fait polémique[9]. Le principe en a été adopté par Mansart de Sagonne, conformément aux idéaux de Briseux. Ce dernier admet que le principal inconvénient de cette distribution est que le bruit incommode les maîtres, qui couchent au premier étage. Mais comme cette distribution est économe en place puisqu’elle évite plusieurs escaliers conduisant aux appartements de l’étage, elle est préférée à toute autre.
Roselyne Bussière
[1] Cachau, 2012, op. cit., p. 68.
[2] Briseux, op. cit., p. 18.
[3] Ibidem, planches 248 à 253.
[4] Augustin-Charles d’Aviler, Dictionnaire d’architecture civile et hydraulique et des arts qui en dépendent, Nelle édition, Paris, Jombert, 1755, p. 126.
[5] Jacques-François Blondel, De la distribution des maisons de plaisance et de la décoration des édifices en général, Paris, Jombert, 1738, T. I.
[6] Cachau, op.cit., p. 72.
[7] Cachau, op.cit., p. 68.
[8] Briseux, op. cit., p. 3.
[9] Vincent Droguet, « Le couloir central dans la distribution : son apparition et son développement au XVIIIe siècle », Bulletin Monumental, tome 160, n°4, 2002, p. 379-389.
-
Murs
- calcaire moyen appareil
-
Toitsardoise
-
Plansplan rectangulaire symétrique
-
Étagessous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
-
Couvrements
-
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
-
Couvertures
- toit à longs pans croupe
- toit brisé en pavillon noue
-
Escaliers
- escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
-
Typologies
-
Techniques
- sculpture
-
Représentations
- fleur, pilastre, agrafe, chute, guirlande
-
Précision représentations
Côté cour, les baies de la travée centrale, ainsi que de la première et de la dernière travées sont décorées de sculptures en agrafe, et en guirlandes latérales pour la partie centrale. Les mêmes dispositions sont adoptées côté jardin, l'avant-corps central en pagode recevant un décor sculpté plus riche, qui trouve un écho sur les dernières travées nord et sud.
-
Statut de la propriétépropriété de l'Etat, Légué à l’État en 1949 par le baron Guy-François de Roig, qui en conserva l'usufruit jusqu'à sa mort en 1975.
-
Protectionsclassé MH
-
Précisions sur la protection
Le château, ainsi que les façades et toitures des dépendances, le parc et les allées, sont classés au titre des monuments historiques par arrêté du 23 décembre 1942.
-
Référence MH
- (c) Diane Betored, Région Île-de-France
- (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
- (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.
Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.