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maisons et ateliers des peintres Ernest et Charles Meissonier

Dossier IA78002307 réalisé en 2019

Fiche

Genrede peintre, de sculpteur
Destinationsmaison, atelier
Dénominationsmaison, atelier
Aire d'étude et cantonaire d'étude de la région Ile-de-France
AdresseCommune : Poissy
Adresse : 26 avenue Meissonier

Extrait du texte rédigé par Mme Anne Quignard, historienne et descendante de l'artiste pour le catalogue de l'exposition ERNEST MEISSONIER, peintre d'histoire (1815-1891). UN CERTAIN REGARD, organisé par le musée d'art et d'histoire de Poissy du 27 mars au 21 juin 2015.

Le 16 avril 1846 Ernest Meissonier signe l’acte d’acquisition d’une propriété à Poissy, boulevard des Dames, l’ancienne « orangerie Caulaincourt », du nom des propriétaires des années 1820, une dépendance de belle taille, séparée en 1840 de la demeure dite « le château de Poissy » construite par la famille de Mailly au XVIIIe siècle.

Né à Lyon, le 21 février 1815, Ernest a grandi à Paris au Marais et à l’île Saint-Louis. L’installation à Poissy va lui procurer les joies d’une propriété à la campagne avec prés, potager, jardin d’agrément planté de grands arbres, elle lui donne les volumes pour loger sa famille, à commencer bien sûr par sa femme et leurs deux enfants, mais sans oublier sa belle-mère, qu’il aime beaucoup, et tous les cousins de passage ; les élèves aussi pourront être accueillis. Elle lui donne la place pour ses meubles – on raconte qu’il avait acheté une volumineuse armoire qu’il n’arrivait pas à faire entrer dans son logement parisien et que ce fut ce qui l’entraîna à chercher un plus grand logis; il est permis cependant de noter que cet achat est contemporain du moment où il hérite de son père, Charles Meissonier, négociant en produits tinctoriaux, en particulier pour les soieries lyonnaises. Poissy va donner au peintre la possibilité d’aménager un vaste atelier, puis un second, et aussi celle de satisfaire son goût pour l’équitation. A Poissy il pourra construire des écuries, y installer des chevaux qui sont pour lui de fidèles compagnons de promenade tout autant que des modèles. Et tout ceci à proximité de Paris où l’on se rend facilement en voiture à cheval ou en chemin de fer (depuis 1841).

Une fois propriétaire, Ernest Meissonier va se découvrir une passion pour la pierre, « la maladie de la pierre » dira-t-il même. Les épais dossiers des « Mémoires » des entrepreneurs, conservés dans le grenier du fruitier, où ils ont été en partie mangés par les souris, nous le montrent allant de travaux en travaux, toujours en projets nouveaux. II restaure la grande maison, avec l’architecte Boeswillwald, fait creuser une cave, édifie une nouvelle aile, fait une tour pour y faire monter un escalier, surélève le toit pour son atelier ; il construit des écuries, une grande remise pour les voitures à cheval, et au dessus, des logements pour le cocher, le palefrenier. Un bâtiment à façade de chalet abrite encore des stalles, une sellerie, un billard. Un second atelier, l’atelier d’été, vitré, de plain pied, trouve sa place à côté et enfin, au bas du terrain, près de la voie de chemin de fer, une petite orangerie porte aussi sa marque avec logement pour le jardinier. En 1862, il achète la propriété voisine : l’ancienne maison de la Prieure en bordure de la ruelle de l’Enclos de l’Abbaye, et son verger, planté vers 1810 sur les ruines des plus importants bâtiments du prieuré Saint-Louis, il la restaure pour son fils Charles. Sa fille Thérèse est installée dans un autre ancien bâtiment de l’abbaye, le long du boulevard des Dames ( actuel 28 avenue Meissonier). Cependant, après les temps troublé de 1870-1871, Ernest n’investit plus à Poissy, mais se lance dans un grand projet à Paris : un hôtel particulier de style Renaissance sur la plaine Monceau. Les toutes dernières années de sa vie, remarié avec Elisa Bezanson, il s’occupe de la maison de sa belle-famille, près de la gare de Poissy ; il rêve encore d’acheter le château de Champfleury à Carrières –sous-Poissy,… de démolir pierre à pierre l’hôtel parisien pour le reconstruire ailleurs, mais les fonds nécessaires lui manquent. Il a dépensé sans compter pour ses constructions : les banques lui prêtaient facilement, les entrepreneurs attendaient pour se faire payer, aucun problème : les tableaux se vendaient bien. Puis les tableaux se sont moins bien vendus… et quand le peintre est mort, une dette abyssale a été découverte.

Ernest Meissonier et Emma Steinheil mariés depuis 1838, sont, avec leurs deux enfants, Thérèse, née en 1840, et Charles, né en 1844, au centre d’une maisonnée nombreuse et diverse. La famille du côté Steinheil est bien présente. La mère d’Emma vit à Poissy jusqu’à sa mort en 1858. Les « Mémoires » des travaux mentionnent « la chambre de Mme Steinheil » au premier étage de la maison. Les frères d’Emma viennent souvent. Ernest est très lié avec son beau-frère Louis, artiste aussi, dessinateur et maître verrier. Louis a deux enfants, Marie qui épousera Victor Adolphe Geoffroy Dechaume, fils du sculpteur et sculpteur lui-même et Adolphe qui finira tragiquement(8). Du côté Meissonier, c’est surtout la demi-sœur d’Ernest, Célestine Vivien et ses filles qui sont présentes . Des élèves s’installent à demeure, Joseph Gustave Peyronnet dans les années soixante, plus tard Georges Brétegnier, Alphonse Moutte. D’autres logés dans le voisinage viennent peindre dans les ateliers, comme Lucien Gros, Edouard Detaille, Maurice Courant.Deux artistes, Ridway Knight et Sydney Arbouin sont venus habiter à Poissy pour être proches de Meissonier. Il vient aussi dans la maison des peintres amis qui se qualifient d’élèves comme Charles Marchal, des artistes étrangers de passage, des amateurs de peinture, hommes d’affaire ou personnalités politiques. Thiers vint un jour à pied depuis Saint-Germain pour voir l’atelier. A Chenavard, peintre lyonnais qui avait conseillé à Meissonier de ne plus faire de sujets religieux, mais plutôt des scène de genre, Ernest offrit un dessin représentant des « Joueurs de boule sous Louis XV » en souvenir « de ses nombreuses visites à Poissy où ils avaient l’habitude de jouer à ce jeu ».

Famille,artistes, amis, en fait il n’est pas possible de distinguer des groupes distincts. Le fils du peintre, Charles, devient peintre ; son mariage avec Jeanne Gros en 1868 fait de Lucien Gros, son beau-frère et de Maurice Courant son cousin ; Thérèse épouse en 1872 Gustave Méquillet, un officier qui se révèle un excellent aquarelliste ; des amis deviennent des élèves comme Apollonie Sabatier, surnommée « la Présidente » à l’époque où écrivains et artistes se réunissaient autour d’elle à l’hôtel Pimodan puis à la rue Frochot, des personnalités politique viennent prendre des leçons comme la princesse Mathilde; les élèves participent pleinement à la vie familiale ; les amis viennent poser, pour un portrait ou pour une figure dans une composition importante, ainsi M.Fallet ,(beau-frère de Mme Sabatier) pour « Solférino ».

En 1878-79, Meissonier fut maire de Poissy, mais il est ensuite de plus en plus parisien. Certains jours il ne vient qu’entre deux trains depuis son hôtel du boulevard Malesherbe. Paris l’occupe par les expositions, les présidences de jury, les réunions à l’Institut, les très nombreuses relations. Mais les maisons sont toujours là, témoignages de son œuvre, aujourd’hui classées monuments historique.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle , daté par travaux historiques

Références documentaires

Bibliographie
  • Catalogue de l'exposition: ERNEST MEISSONIER, peintre d'histoire (1815-1891). UN CERTAIN REGARD du 27 mars au 21 juin 2015 au musée d'art et d'histoire de Poissy, p.29 à 41.

    Ville de Poissy.Editions Mare et Martin.

(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Sol Anne-Laure
Anne-Laure Sol

Conservateur du patrimoine, service Patrimoines et Inventaire, Région Ile-de-France.


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- Py-Fauvet Constance
Constance Py-Fauvet , né(e) Py

En 2019-2020, stagiaire au service Patrimoine et Inventaire auprès d'Anne Laure Sol. Étudiante en Master 2 Histoire de l'Architecture, Paris I.


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