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maison de plaisance, 22 rue Paul Lorillon, aujourd'hui restaurant "Il Maestro"

Dossier IA95000470 réalisé en 2016

Fiche

Cette grande demeure, construite dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, est l'une des plus belles maisons anciennes d'Ecouen. Elle a en outre conservé son jardin, descendant vers la plaine, aujourd'hui ouvert au public.

Destinationstribunal, restaurant
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonEcouen
AdresseCommune : Écouen
Adresse : 22 rue
Paul Lorillon
Cadastre : 2014 AH 372, 110, 111

Cette propriété appartenait au XVIIIe siècle à l'une des grandes familles d'Ecouen : les Chardon, dont les épitaphes se voyaient dans l'église Saint-Acceul au temps de l'abbé Lebeuf. Dans les années 1730, elle était la possession de Nicolas de Chardon, écuyer, capitaine du château d’Ecouen, et de son épouse Nicolle. André de Chardon, leur fils, en hérite en 1746. En 1760, Marie Ursule Monique de Chardon la donne à Angélique Fougeroux, qui épouse un peu plus tard Daniel Augustin Titon d’Orgery, conseiller au Parlement de Paris, mort en charge en 1768.

C'est elle qui fait édifier la maison actuelle, pour servir de maison de campagne, à une date que nous n'avons malheureusement pas pu préciser. A sa mort, la propriété passe à son frère, Alexandre François Fougeroux d’Angerville, qui la vend en 1802 à Pierre Gilbert Pigneux, maître de la poste aux chevaux à Ecouen.

En 1806, le domaine est acquis par Jean Gaudefroy de Secondat, baron de Roquefort-Montesquieu, officier supérieur de cavalerie, par l’intermédiaire de Jean Baptiste Girardin et Nicole Bulder, son épouse. En 1820, le bien passe à Charles Antoine Mozzanino (décédé à Paris le 30 avril 1823). En 1826, ses héritiers le vendent à M. et Mme Foullon, qui conservent la maison jusqu'à leur mort puis la lèguent à à leur fille, Mme veuve Poujoulat.

La propriété est achetée le 14 août 1890 par Jules Paulin Lorillon (1836-1912), bijoutier à Paris puis peintre. D'après son style, c'est probablement lui qui a fait reconstruire le bâtiment des communs, sur la rue Paul-Lorillon, à l'emplacement d'un bâtiment plus anciens, déjà figuré sur le plan cadastral de 1827.

En 1980, la maison est rachetée par le commune et reconvertie, d'abord en justice de paix puis en Maison des solidarités, lorsqu'Ecouen a cessé d'être chef-lieu de canton. Elle abrite aujourd'hui un hôtel-restaurant, inauguré en 2019 après des travaux de restauration qui ont notamment conduit à l'ajout d'une véranda sur la façade sud.

Période(s)Principale : 2e moitié 18e siècle , (?)
Dates
Auteur(s)Personnalité : Titon d'Orgery Angélique commanditaire attribution par source
Personnalité : Lorillon Jules Paulin commanditaire attribution par source

La propriété est l'une des plus remarquables d'Ecouen. Elle comporte un grand jardin (parcelles AH 110-111) qui suit le pente du coteau.

Le logis se situe en haut de la propriété, un peu en retrait de la rue Paul-Lorillon, et bénéficie donc de la vue sur le jardin.

La maison est double en profondeur et possède sur les côtés deux ailes plus basses, sans étage de comble, couvertes par un toit en zinc, qui paraissent avoir été rajoutées au bâtiment d'origine.

Le corps central, pour sa part, comporte trois niveaux : un rez-de-chaussée légèrement surélevé, reposant sur un soubassement en moellons de calcaire, un étage noble au premier, et un étage de comble éclairé par des lucarnes cintrées.

La façade sur le jardin est la plus ornée : la travée centrale est couronnée d'un fronton triangulaire percé d'un oculus et le linteau de la fenêtre du premier étage est sculpté d'un mascaron en stuc. Si l'on excepte ce décor un peu plus accentué, les deux façades, sur cour et sur jardin, sont symétriques et s'organisent sur un schéma de trois travées, avec un accent mis sur la travée centrale, en léger ressaut, encadrée de pilastres en fausse pierre. C'est sur cette travée centrale qu'est placée la porte, cintrée et précédée d'un perron, côté cour comme côté jardin. Deux bandeaux et une corniche denticulée séparent les étages de cette élévation.

Un bâtiment de communs, qui sert de logement, s'élève au sud-ouest de la maison principale, en bordure de la rue Paul-Lorillon. Ces communs sont d'une architecture plus récente, avec des murs en parement de calcaire et un enduit faux-bois sur l'étage de comble.

Murscalcaire enduit d'imitation (?)
Toitardoise
Étages1 étage carré, étage de comble, rez-de-chaussée surélevé
Couvrements
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans brisés pignon couvert
Typologiesmaison de peintre, maison de campagne
Techniquessculpture
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Annexe 1 : donation de la propriété à Angélique Fougeroux, 7 septembre 1760.

    La donation est effectuée par Marie Ursule Monique de Chardon, demoiselle fille majeure, demeurant à Paris, quai d’Anjou, île Notre-Dame, paroisse Saint-Louis, en faveur d'Angélique Monique Fougeroux, fille mineure de défunts Pierre Jacques Fougeroux écuyer conseiller secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances, payeur des rentes sur les aides et gabelles et de dame Angélique Duhamel de Denainvilliers son épouse, représentée par son curateur et tuteur, son oncle Henry Louis Duhamel du Monceau, inspecteur général de la Marine et membre de l’académie des Sciences, demeurant à Paris quai d’Anjou.

    La donation consiste en :

    - premièrement, une maison bourgeoise sise à Ecouen, rue du Moutier, tenant d’un côté le long de ladite rue, d’autre à ladite demoiselle Chardon, d’un bout donnant sur l’abreuvoir et de l’autre à ladite demoiselle Chardon et aux héritiers Béharche, avec les bâtiments qui en dépendent (notamment une grange couverte de chaume servant de bûcher, et la remise qui est devant ladite maison)

    - deuxièmement, deux petites maisons sises audit Ecouen, dont une attenant ladite maison bourgeoise ci-dessus dénommée

    - troisièmement, une autre petite maison située audit Ecouen, même rue du Moutier, louée à Pierre Antheaume trente livres par an.

    Ces 4 maisons, estimées à 5530 livres, appartiennent à mademoiselle de Chardon comme légataire de défunt André de Chardon son frère, écuyer, sieur du Vauzier, dont elle était seule et unique héritière.

    Source : Archives nationales, MC/ET/LVII/442.

  • Annexe 2 : achat de la maison par M. Jules Paulin Lorillon et son épouse, 14 août 1890.

    Les acquéreurs : M. Jules Paulin Lorillon et son épouse Reine Clémence Buffa, demeurant ensemble à Domont place du Friche.

    Le vendeur : Mme Marie Louise Valentine Poujoulat propriétaire, demeurant à Paris 119bis rue Notre-Dame des Champs, veuve de François Charles Meldon de Sussex, agissant comme mandataire de Mme Marie Eugénie Victoire Alexandrine Foullon de Chevrières, sa mère, propriétaire, veuve de Jean Joseph François Poujoulat, demeurant à Paris même adresse, en ce moment en résidence à Sceaux.

    L'objet de la vente : la propriété sise rue d’Ezanville, n°14 et Grande rue du Gué et ruelle de ce nom, comprenant :

    -1) Une maison d’habitation à laquelle sont annexés deux pavillons, ayant façade sur la cour avec perron et marquise et autre façade sur le jardin avec perron, élevée partie sur cave et partie sur terre-plein :

    - rez-de-chaussée composé de : petit et grand vestibule, salle à manger, cuisine, offices ; grand et petit salons, salle de bains et cabinet ; fruitier à demi-étage au-dessus des offices

    - premier étage composé de : salle de billard, cabinet à la suite, grande chambre à gauche, autre grande chambre à droite, petite chambre à la suite ; lingerie derrière cette chambre dans laquelle se trouvent les water-closets et à laquelle on accède par un couloir

    - deuxième étage composé de : trois chambres, deux cabinets, et une autre chambre lambrissée- grenier au-dessus des bâtiments, couverts en tuiles et ardoises, auxquels on accède par une trappe.

    - cour devant ces bâtiments

    - 2) Un bâtiment adossé au mur sur la rue, composé de : bûcher, sellerie et remise ; grenier au-dessus couvert en tuiles, dans lequel se trouve une chambre lambrissée. Cour devant dans laquelle se trouvent une auge en pierre et un puits.

    - 3) Un autre bâtiment, élevé partie sur caves et partie sur terre-plein, servant en partie au logement du jardinier, composé de salle avec chambres au-dessus, buanderie, écurie, entrée de cave, autre écurie avec cabinets d’aisance derrière, grenier sur le tout couvert en tuiles ; petit poulailler attenant à ce bâtiment.

    Entre ce bâtiment et la maison voisine, appartenant à Mme veuve Laurent, existe un cul-de-sac pavé, d’environ un mètre de largeur, fermé sur la rue d’Ezanville par un mur.

    Parc avec vaste pelouse derrière et en retour des bâtiments ; à l’une des extrémités de ce parc et adossés à la maison de M. Tétart se trouvent des clapiers, basse-cour et pigeonnier ; au bas de la pelouse existent une fontaine et un petit bassin alimentés par l’eau d’une source se trouvant près de la maison Tétart, qui est amenée par une canalisation souterraine sur laquelle se trouvent trois regards.

    Grand jardin potager au-delà du parc, dans lequel existent une serre et une orangerie.

    Cette propriété a son entrée principale dans la rue d’Ezanville par une porte cochère fermée par une grille en fer et par une petit porte pleine ; elle a également accès à la Grande rue du Gué par une porte cochère fermée par une grille en fer, à la place de l’Abreuvoir et à la ruelle du Gué par deux petites portes pleines.

    Ladite propriété d’une contenance superficielle d’environ 10936 m² (déduction faite de 19 m cédés pour l’élargissement de la Grande rue du Gué) cadastrée section C n° 287, 288, 289, 291 et 292, tient par devant à la rue d’Ezanville, par derrière à la ruelle du Gué, d’un côté à Mme veuve Laurent, M. Moineau, Mme veuve Gilles et la place de l’abreuvoir d’Ecouen ; d’autre côté à MM. Tétart, Porlier, Mme Veuve Mangeot, M. Baudouin acquéreur Goret, le lavoir public de la commune d’Ecouen, la Grande rue du Gué et M. Tétart.

    Source : AD Val d'Oise, 2 E 4 / 432 (minutes de maitre Quériot, notaire à Ecouen).

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales, MC/ET/LVII/442 : donation de la propriété à Angélique Fougeroux, 7 septembre 1760. Voir le contenu en Annexe 1.

  • Archives nationales, MC/ET/XCVI/607 : vente d’une maison de campagne à Ecouen, devant maître Fleury (5 ventôse an X / 24 février 1802).

    La propriété est vendue par le citoyen Alexandre François Fougeroux d’Angerville, demeurant à Paris, au citoyen Pierre Gilbert Pigneux, maître de la poste aux chevaux à Ecouen, et à Victoire Marguerite Bouchard, son épouse, demeurant audit Ecouen. Elle se compose d'une maison de campagne sise rue du Moutier, avec le potager et le verger qui en dépendent, clos de murs, comprises les glaces réputées appartenir à l’immeuble, ainsi qu’il est constaté par l’estimation qui en a été faire par Antheaume notaire à Ecouen et Goujon cultivateur à Villiers le Bel, suivant le procès-verbal qu’ils en ont dressé, le 16 messidor an VII, enregistré à Paris le 3 ventôse an VIII par Gobert.

  • AD Val d'Oise, 2 E 4 / 432 (minutes de maitre Quériot, notaire à Ecouen, 5 août – 30 octobre 1890). Achat de la maison par M. Jules Paulin Lorillon et son épouse, 14 août 1890. Voir contenu en Annexe 2.

Bibliographie
  • AUSSEUR-DOLLEANS, Chantal, CREPIN-LEBLOND, Thierry et FÖRSTEL, Judith (avec la collaboration de : Christian Dauchel, Fanny Gosselin, Rémy Guadagnin). Ecouen. Un balcon sur la plaine de France. Collection Patrimoines d’Île-de-France. Lyon : éditions Lieux Dits, 2018. Photographies : Jean-Bernard Vialles, avec la collaboration de Laurent Kruszyk ; plan : Diane Bétored.

    p. 56-57.
  • BADUEL Daniel, BERTRAND Aude et DAUCHEL Christian. L'Ecole d'Ecouen, une colonie de peintres au XIXe siècle. Ecouen : Office de tourisme, 2012.

    p. 83
  • Le patrimoine des communes du Val d'Oise, Paris : Flohic éditions, 1999.

    p. 214.

Liens web

(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Förstel Judith
Judith Förstel

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.


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- Ausseur-Dolléans Chantal
Chantal Ausseur-Dolléans

Architecte-urbaniste au CAUE du Val d'Oise.


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