Dossier d’œuvre architecture IA91001149 | Réalisé par
  • inventaire topographique
Maison, 58 rue Jean Cocteau
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Stéphane Asseline, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Milly-la-Forêt
  • Commune Milly-la-Forêt
  • Adresse 58 rue Jean Cocteau
  • Cadastre 1815 C 1075  ; 2025 AI 380, 938
  • Précisions
  • Dénominations
    maison

L’histoire de cette demeure est révélatrice des mutations dont a fait l’objet le patrimoine urbain milliacois au cours du XIXe siècle.

Lors de l’établissement du premier plan cadastral de Milly, cette maison faisait partie d’une propriété plus vaste composée de la parcelle C 1074 et C 1075 et appartenait à Charles Deshaies, aubergiste à Milly[1]. Alors que la première de ces parcelles était entièrement dévolue au jardin, la seconde était occupée par deux constructions assez vastes : celles situées à l’ouest, en fond de parcelle, présentait un plan allongé en L, alors que celle située à l’est, du côté de l’ancienne rue Saint-Blaise (actuelle rue Jean Cocteau), présentait un plan rectangulaire irrégulier. Le registre sur l’état et le classement des maisons, établi en 1817, indique que ce corps de bâtiment donnant sur la rue Jean Cocteau était une auberge composée de « trois pièces basses quatre pièces hautes », c’est-à-dire de trois pièces au rez-de-chaussée et de quatre pièces à l’étage, et percée de seize ouvertures ordinaires ainsi que d’une porte cochère[2].

Une photographie aérienne[3], éditée sous forme de carte postale et datant selon toute vraisemblance de 1955, montre l’ensemble immobilier dans un état ancien. Ainsi, la construction de plan en L située à l’arrière de la parcelle abritait au moins en partie des écuries, comme l’indiquent les ouvertures visibles sur la façade sud. La construction sur rue quant à elle était semble-t-il encore entièrement en place lors de la prise de vue, même si sa partie sud (actuel 58 rue Jean Cocteau) avait déjà été modifiée. En effet, la toiture se prolongeait de manière homogène sur l’ensemble de la construction dont l’emprise correspondait aux maisons actuels situées au n° 54c et au n° 56 de la rue Cocteau, ainsi qu’à la partie nord de l’actuel n° 58. Si la maison qui existe aujourd’hui au n° 54c est vraisemblablement issue d’une reconstruction réalisée dans les années 1960 ou 1970, le n° 56 en revanche ne semble avoir été que rhabillé, tout comme la partie nord de l’actuel 58 rue Cocteau. La partie supérieure de la façade et la toiture de cette dernière propriété trahissent en effet l’existence d’une extension au sud.

Les matrices cadastrales indiquent que la propriété primitive a été scindée en deux entités foncières au début des années 1830[4]. Alors que la partie sud du bâtiment primitif (c’est-à-dire la partie nord de l’actuel 58 rue Cocteau) est restée la propriété de Charles Deshaies, la partie sud (correspondant aux actuels n° 54c et 56) est devenue la propriété de Marin Collette, aubergiste à Milly. Ainsi, à partir de cette période, l’auberge n’occupait plus que la partie nord de l’édifice primitif. Une carte postale ancienne, datant des premières années du XXe siècle, confirme qu’une auberge existait à cet endroit.

La partie sud de l’édifice primitif quant à elle est demeurée dans la famille Deshaies jusqu’au milieu des années 1880[5]. La maison actuelle, sise au 58 rue Jean Cocteau, correspond à cette partie du bâtiment primitif à laquelle a été adossée une extension (actuelle partie sud). Même si les registres liés à l’imposition du bâti font état de plusieurs additions de construction au cours du XIXe siècle, en 1843 d’abord, puis en 1864 et enfin en 1889[6], il n’est pas aisé de savoir au cours de quelle campagne de travaux cette extension a été bâtie. En outre, les mentions « AC » (pour « additions de construction ») correspondent parfois plus à des réaménagements importants du bâti qu’à de véritables extensions. Quoi qu’il en soit, les dispositions actuelles de la façade sont certainement issues de la campagne de travaux achevée en 1889 et entreprise par les nouveaux propriétaires, Jacques-Philippe Boudineau et sa femme Marie-Amélie Sainsard[7]. En effet, le décor de la façade, notamment l’emploi des chaines d’angles harpées en bossages, des triglyphes ou encore des mascarons sur les clés des platebandes, permet de la rapprocher d’autres demeures du centre historique de Milly datées du dernier quart du XIXe siècle ou des premières années du XXe siècle (par exemple, le 10 rue Saint-Wulfran ou le 8 rue de la Chapelle Saint-Blaise).

La matrice cadastrale mentionne aussi l’agrandissement de plusieurs constructions annexes existantes sur la parcelle C 1075 et précise leur usage : il s’agit d’une écurie, d’une remise de commerce et d’une buanderie[8]. Jacques-Philippe Boudineau étant marchand de bestiaux[9], ces bâtiments servaient sans doute à son activité professionnelle.

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[1] AD 91, 3 P 2906, Tableau indicatif, sections A à G, 1817.

[2] AD 91, 3 P 2907, Tableau indicatif, sections H à P, Etat et classement plus évaluation des maisons […], 1817.

[3] Collection particulière, Carte postale, Vue aérienne de Milly depuis le sud-est, vers 1955, Éditions CIM. L’ensemble immobilier est visible en bas de l’image, au centre.

[4] AD 91, 3 P 2909, Matrice des propriétés bâties et non bâties, 1822, folio 361. La mutation de propriété est portée sur la matrice en 1834.

[5] AD 91, 3 P 2909, Matrice des propriétés bâties et non bâties, 1822, folio 1926 ; 3 P 2914, Matrice des propriétés bâties,1882, case 144.

[6] AD 91, 2 P 71, Recensement des propriétés bâties, 1835-1910.

[7] AD 91, 3 P 2914, Matrice des propriétés bâties,1882, case 40. 

[8] Ibid.

[9] AD 91, 6 M 200, Recensement de la population, 1886.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
    • Secondaire : 2e quart 19e siècle, 3e quart 19e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1886, daté par source

Cette maison, construite en retrait de la rue Jean Cocteau, présente un plan rectangulaire. La façade principale se compose de cinq travées. Alors que le niveau du rez-de-chaussée est couvert d’un parement imitant la pierre de taille calcaire, celui de l’étage est simplement enduit. L’encadrement de la porte d’entrée, située au centre de la façade, se distingue de ceux des deux fenêtres du rez-de-chaussée par l’existence d’un mascaron sur la clé de la platebande. Elle est en outre surmontée d’un fronton triangulaire disposé dans l’alignement du cordon qui marque la transition avec le niveau supérieur. Comme les encadrements des baies du rez-de-chaussée, les fenêtres de l’étage possèdent des jambages et des platebandes en bossages. Les clés des platebandes sont ici aussi ornées d’un mascaron, et sont également chacune surmontées d’une corniche moulurée et de deux triglyphes. Les fenêtres, au moins celles situées dans la partie sud de la façade, sont fermées par des garde-corps composés d’une grille en ferronnerie présentant un décor de volutes et de motifs végétaux, surmontée d’une lisse en bois. Enfin, cette élévation est encadrée de chaines d’angle harpées à bossages, couronnées par des frontons cintrés ornés de denticules et s’inscrivant dans la continuité de la corniche moulurée.

  • Murs
    • grès moellon enduit (incertitude)
    • enduit d'imitation
  • Toits
    tuile plate
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    rez-de-chaussée, 1 étage carré
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • État de conservation
    bon état
  • Techniques
    • sculpture
    • ferronnerie
  • Représentations
    • mascaron, fronton
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Sites de protection
    zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager

Documents d'archives

  • AD 91, 3 P 2906, Tableau indicatif, sections A à G, 1817.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 3 P 2906
  • AD 91, 3 P 2907, Tableau indicatif, sections H à P, 1817.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 3 P 2907
  • AD 91, 3 P 2909, Matrice des propriétés bâties et non bâties, folios 1 à 540, 1822.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 3 P 2909
  • AD 91, 3 P 2914, Matrice des propriétés bâties,1882.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 3 P 2914
  • AD 91, 2 P 71, Recensement des propriétés bâties, Bulletins de renseignements modèle 11 bis concernant les maisons et usines en construction ou en reconstruction, 1835-1910.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 2 P 71
  • AD 91, 6 M 199 à 202, Listes nominatives du recensement de la population, 1836 à 1936.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 6 M 199 à 202
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel