Dossier d’œuvre architecture IA91001133 | Réalisé par
Pierre Clémence (Contributeur)
Pierre Clémence

Stagiaire à l'Inventaire de mai à novembre 2025.

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  • inventaire topographique
Office notarial
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Stéphane Asseline, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Milly-la-Forêt
  • Commune Milly-la-Forêt
  • Adresse 22 Grande Rue
  • Cadastre 1815 C 901  ; 2025 AI 529
  • Dénominations
    demeure
  • Genre
    de notaire
  • Précision dénomination
    Demeure bourgeoise abritant un office notarial

En 1815, la parcelle contenant l’actuel office notarial était vierge toute construction[1]. Ce jardin était la propriété d’un médecin milliacois, nommé Louis Reignier[2]. En 1847, Edme Guibert, notaire, achète ce terrain pour y faire bâtir entre 1847 et 1849 l’édifice actuel[3].

Avec son style néoclassique, le bâtiment s’inscrit pleinement dans sa période de construction. En effet, les maisons de notables se caractérisaient alors par différentes écritures architecturales, telles que le style palladien ou le style néo-classique très en vogue au cours du second quart du XIXe siècle.

Il est fort probable que, dès l’origine, cette maison ait été l’office où exerçait M. Guibert. Toujours est-il qu’à la fin des années 1870, il se fait construire un pavillon, probablement de plaisance, au nord de la commune[4]. L’office est donc la propriété des notaires successifs jusqu’à aujourd’hui, nonobstant une parenthèse à partir de 1942, lorsqu’un commissaire-priseur honoraire d’Etampes, nommé Lucien Dupré, en fait l’acquisition[5]. La demeure est de nouveau utilisée comme étude à partir de 1957, lorsqu’elle est achetée par Alfred Haslé, notaire à Milly[6].

Le plan d’alignement de 1866[7] présente une seule des deux ailes en retour. Cette aile est voisine d’une venelle. L’architecture symétrique de la demeure laisse supposer que la seconde aile – mitoyenne de la maison voisine – était alors aussi présente, mais pas représentée car elle n’était pas concernée par les relevés d’alignement. Ainsi, il est possible que ces deux corps aient été construits dès l’origine de la maison.

Un belvédère faisait partie du projet initial. Des traces de son implantation sont conservées dans le comble. En effet, l’espace central du plancher garde les marques d’une cloison légère qui était posée à même les lattes. Il reste encore deux pans de cette parois – en briques plâtrières – de part et d’autre de l’escalier. De plus, les deux fermes centrales de la charpente (traditionnelle et homogène) comprennent des contreventements horizontaux, formant un plan octogonal. Enfin, les chevrons centraux ont été repris pour rejoindre la panne faîtière et des résidus de plâtre montrent en négatif une structure en lattis sur les côtés des fermes se faisant face.  

Parallèlement à ces observations, les photographies[8] et les cartes postales[9] anciennes présentent le belvédère octogonal couronnant le toit de l’étude. La comparaison de ces documents iconographiques[10] permet de penser que l’édicule a été déposé entre 1964 et 1971. En outre, un graffiti trouvé sur l’une des deux parois énonce un membre de la famille du propriétaire et une date : « Loïc Haslé, le lundi 29 septembre 1968 ». Ce geste épigraphique se pratiquait alors lors d’une intervention sur un bâtiment. Il est donc envisageable que le belvédère ait été démonté ce jour-là.

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[1] AM de Milly-la-Forêt, Plan cadastral de la Commune de Milly, dressé le 20 juillet 1815, par M. Souchard, géomètre, parcelle 1815 C 901.

[2] AD de l’Essonne, 3 P 2908, Matrice de rôle pour contribution cadastrale, 1820, article 634.

[3] AD de l’Essonne, 3 P 2911, Matrice des propriétés bâties et non bâties, 1820, folio 1207.

[4] Ibid.

[5] AD de l’Essonne, 3 P 2915, Matrice des propriétés bâties, 1910, case 439.

[6] Ibid.

[7] AM de Milly-la-Forêt, I O 1/1, Plan d’alignement de 1866, dressé par M. Baudet, agent voyer du Canton d’Etampes, sous l’administration de M. Guibert, maire de Milly.

[8] MPP, 1999/44/98, n° de tirage AP 91 HN 0087, Henrard Roger (1900-1975), Vue aérienne de Milly-la-Forêt entre 1945 et 1975.

[9] Collection particulière, Vue aérienne de Milly montrant l’église, CIM éditeur, vers 1955. L’office notarial est visible en bas à droite de l’image, juste au-dessus de la signature.

[10] Collection particulière, Carte postale colorisée intitulée "En avion au-dessus de Milly - Place du Marché", éditions Lapie, n° 6, postée en 1965. L’office notarial est situé en haut à gauche de la photographie. D’après la présence d’une R4 fourgonnette, l’image peut être datée de 1964 (au plus tôt), en corrélation avec la toiture de la nouvelle agence postale, signée par Arretche ; comparée avec ECPAD Défense, collection La Documentation française/Interphotothèque/Photo : Inconnu/ECPAD/Défense, ref. 00030241, prise de vue octobre 1971 [https://imagesdefense.gouv.fr/fr/milly-la-foret-91-vue-generale-du-village.html].

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1849, daté par source

L’office notarial est implanté en alignement de la voie et présente un plan régulier U, orientée nord-sud. Plus précisément, ce plan est composé d’un corps central et de deux petites ailes en retour, plus basses.

 L’immeuble est construit en maçonnerie de moellons de grès, recouverte d’un enduit décoratif. Sa toiture se compose de deux longs pans pour le corps central et de deux longs pans et d’une croupe pour les ailes en retour. L’ensemble est couvert en tuiles plates. Quatre souches de cheminées massives en brique sont réparties à chaque extrémité du bâtiment.

L’édifice principal se développe sur quatre niveaux se déclinant en un rez-de-chaussée légèrement surélevé (par des caves semi-enterrées d’un plan original en forme de H, voûtées en berceau et ventilées par deux soupiraux en façade principale), deux étages carrés et un comble en surcroit. En revanche, les deux ailes en retour s’élèvent sur trois niveaux : un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et des combles.

 La façade principale est orientée au nord. Elle donne directement sur la Grande Rue. Son élévation est ordonnancée et symétrique. La façade est rythmée par cinq travées comprenant un avant-corps central. Elle est pourvue d’un décor d’inspiration néo-classique. Le rez-de-chaussée est orné de faux bossages continus de teinte blanche. Cette modénature est également employée pour souligner la légère saillie de l’avant-corps ainsi que le traitement des extrémités de la façade.

Cette verticalité tranche avec les bandeaux régnants sur les premier et second niveaux, qui accentuent l’horizontalité de la construction. Enfin des denticules ornent la corniche au niveau de l’avant-corps et des pilastres, donnant de l’importance aux modénatures verticales. La composition est couronnée d’un fronton ajouré d’un oculus. Des denticules enrichissent le décor de corniche courant le long de ses rampants, rompant ainsi avec l’écriture classique[1].

 L’entrée principale est aménagée dans l’avant-corps central. Elle est composée d’une porte à deux vantaux en bois. La symétrie de l’ensemble est quelque peu bousculée par l’aménagement d’une porte-fenêtre à l’extrémité ouest de la façade. Les ouvertures du rez-de-chaussée possèdent des plates-bandes à soffite surélevé.

A l’étage, le décor se simplifie et les baies sont soulignées par un ruban légèrement saillant ; les linteaux sont rythmés par une fausse clef et de faux sommiers passant. L’enduit prend une texture plus granuleuse et une teinte rosée.

Le second étage est d’autant plus sobre, qu’il présente ses baies aménagées entre le bandeau du niveau inférieur et la corniche. Seul un fin ruban marque les jambages.

Les fenêtres des étages intègrent des garde-corps en ferronnerie ouvragée, surmontés d’une lisse en bois. Les volets en bois se déclinent au rez-de-chaussée par un panneau plein et des persiennes en partie sommitale, contrairement aux panneaux des étages, pourvus entièrement de persiennes.

 A l’intérieur, l’entrée principale donne sur un sas pavé de dimension réduite, desservant deux degrés. Ces marches montent vers deux ouvrants indépendants, séparés par un trumeau central. Ces vantaux sont vitrés de carreaux transparents blancs et colorés, séparés par des petits bois.

Cette seconde porte dessert un vestibule traversant – nord-sud –, ouvert sur le jardin par une baie à deux vantaux. Cet espace central distribue à l’est deux pièces communicantes par deux doubles-portes à deux vantaux. Ces bureaux possèdent un plancher en chêne. Celui exposé au nord abrite une cheminée adossée au mur est en marbre remarquable par son décor. Celui exposé au sud présente une cheminée adossée sur le même mur, plus modeste, avec un foyer en briques.

Le vestibule distribue à l’ouest une pièce orientée au nord, accessible depuis la rue grâce à la porte secondaire.

 L’escalier tournant à gauche est aménagé dans un retrait de mur, à l’ouest du vestibule. Un passage sous la rampe permet d’accéder à la cave et à une pièce exposée sud-ouest.

 Les deux pièces exposées au sud du corps central distribuent les ailes en retour. L’aile ouest comprend un sas et une pièce agrandie par un bow-window de facture plus récente.

L’aile est est divisée en plusieurs pièces, dont l’une d’elles donne directement sur le jardin.

 A l’étage, l’escalier mène à un grand palier desservant un couloir à l’est distribuant deux pièces. Celle de l’extrémité donne sur l’étage de l’aile est. D’autres pièces sont distribuées par ce palier, dont un grand bureau accueillant une cheminée adossée au mur mitoyen ouest. Le manteau en marbre présente des volumes similaires à celui de la cheminée du rez-de-chaussée nord-est, mais ses décors sont simples. Ce même bureau permet l’accès à l’étage de l’aile ouest.

Le second étage est distribué sensiblement de la même manière.

L’accès au comble se fait par un escalier secondaire à quart-tournant, installé dans une pièce exposée au sud.

Le comble est composé d’une charpente traditionnelle homogène, posée sur le surcroit des murs gouttereaux. Son sol est fait d’un plancher en lattes larges.

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[1] Les denticules remplacent ici les modillons.

  • Murs
    • grès moellon enduit d'imitation
    • crépi
  • Toits
    tuile plate
  • Plans
    plan régulier en U
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés, comble à surcroît
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours cage ouverte
  • État de conservation
    remanié
  • Techniques
    • maçonnerie
  • Représentations
    • fronton
  • Précision représentations

    Fronton ajouré.

  • Statut de la propriété
    propriété d'un organisme professionnel
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
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Documents d'archives

  • AM de Milly-la-Forêt, Plan cadastral de la Commune de Milly, dressé le 20 juillet 1815, par le géomètre Souchard.

    Archives municipales, Milly-la-Forêt
  • AD de l’Essonne, 3 P 2908, Matrice de rôle pour la contribution cadastrale, 1820.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 3 P 2908
  • AM de Milly-la-Forêt, I O 1/1, Plan d’alignement de la Ville de Milly, dressé en 1866 par l'agent voyer du Canton d’Étampes L. Baudet.

    Archives municipales, Milly-la-Forêt : I O 1/1
  • AD 91, 3 P 2911, Matrice des propriétés bâties et non bâties, folios 949 à 1468, 1822.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 3 P 2911
  • AD 91, 3 P 2915, Matrice des propriétés bâties, 1910.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 3 P 2915
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Pierre Clémence
Pierre Clémence

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