Selon l'enquête de l'an II, il y avait à Mantes trois moulins à blé en activité : celui du sieur Monet (moulin des Cordeliers) produisait 16 quintaux 50 livres. celui de François Barbet (moulin des Tanneries) produisait 13 quintaux par jour et le plus efficace, celui de la veuve Giroux dont Pierre Lacroix était meunier, (moulin du pont) produisait 30 quintaux. En 1810, le moulin des Tanneries appartient toujours à M. Barbé qui a mis en place des modifications : sans autorisation préalable, il a fait édifier un bâtiment qui renferme la roue et les vannes ouvrière et de décharge de son moulin qui n'a ni déversoir ni régulateur. Il est prié de construire une arche formant déversoir de 1,50 m de large. Ce déversoir est construit en 1812 mais plus élevé de 0,33 cm si bien qu'on lui demande de l'abaisser car le moulin des Cordeliers et les propriétaires des tanneries se plaignent d'inondations causées par la trop grande élévation du barrage du moulin des tanneries. Une visite d'expert constate que l'engorgement est aussi dû à l'encombrement de la rivière à cause des crochets auxquels les tanneurs attachent leurs peaux. Il demande que les tanneurs curent à vif le fond de la rivière.
Les années 1820 voient des aménagements importants. En 1821, le sieur Lefebvre, fait construite le nouveau bâtiment du moulin des Cordeliers (qui porte cette date) et une deuxième roue à l'amont de la première. Le meunier François Barbé demande en 1822 de pouvoir remplacer la roue en très mauvais état du moulin des tanneries par une roue neuve à aubes d'un pied plus petite. En 1830, une demande de nivellement est faite. En 1837, la veuve Lefevre qui a succédé à son mari, se plaint, avec le meunier Vacher du moulin des Tanneries, du tanneur Bernier qui a construit un lavoir à laines sur la Vaucouleurs. La raison de cette plainte est que "les objets placés dans la rivière en interrompraient le cours et feraient refluer l'eau". Ce n'est qu'en 1858 que l'autorisation est accordée à Bernier.
Le moulin des Cordeliers avait été acheté en 1819 par Nicolas Lefevre. Il est autorisé à mettre en mouvement "un second tournant" (une seconde roue) dans son moulin. En 1836 il envoie une pétition demandant à pouvoir commencer "d'augmenter l'étendue des bâtiments de son moulin". En 1851 le moulin appartient à madame veuve Mesnil qui est autorisée à installer une roue nouvelle de 6 mètres de diamètre et 1,33 de large à la place des deux roues.
En 1875, le 1er moulin des tanneries (amont) appartenait à Lereffait. Il comportait deux paires de meules dont une seule en marche. Le deuxième moulin était à Briquenolle et avait quatre paires de meule dont trois en marche. Le conflit entre les deux provient de l'absence de déversoir qui provoque un engorgement des roues en amont. Placées l'une en dessous de l'autre les roues ont respectivement 2,40 et 2,85 mètres de diamètre. La chute et le débit étant faibles, ce sont des roues de côté. Pendant une courte période, de 1876 à 1882 Lerefait est propriétaire des deux moulins. La date précise de l'arrêt des moulins n'est pas connue. ils étaient encore deux en activité en 1899, comme le signale la monographie communale.
Le moulin sur la Seine, lui, s'est effondré en 1871. Il ne reste aucun vestige des moulins rue de la Tannerie. Le moulin des Cordeliers est conservé en élévation mais il n'a aucune trace de son activité ancienne.
Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.