Dossier d’œuvre architecture IA77000417 | Réalisé par
Förstel Judith
Förstel Judith

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.

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  • inventaire topographique
fortification d'agglomération
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Ville de Melun

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Melun
  • Commune Melun
  • Dénominations
    fortification d'agglomération
  • Parties constituantes non étudiées
    ouvrage d'entrée, citadelle

Au 4e ou 5e siècle, un castrum de refuge est construit dans l'île Saint-Etienne. Au début du 13e siècle, Philippe-Auguste ordonne le renforcement des fortifications, avec notamment la construction de deux enceintes sur les rives nord et sud de la Seine. La tâche est répartie entre trois architectes ou ingénieurs : Garnier pour l'île et la clôture du bourg du côté de Bière (= la paroisse Saint-Ambroise), Guillaume de Flamenville et maître Gautier pour le bourg qui se trouve au-delà du petit pont (= la paroisse Saint-Aspais). Les travaux commencent vers 1205 et sont rapidement menés : en 1210 est déjà mentionnée la porte du Marché de Melun. Les trois enceintes médiévales sont renforcées à la fin du 16e siècle, d'abord par les Ligueurs puis par l'ingénieur du roi Ambroise Bachot après la prise de la ville par Henri IV en avril 1590. Les travaux continuent sous le règne de Louis XIII : en 1616-1619, une campagne est menée sous la direction de Jean Fontaine et Rémy Collin, maître des oeuvres des bâtiments du roi. Des bastions, éperons et forts sont ainsi construits, notamment sur les principaux points de passage. Une citadelle est en outre élevée à l'est, sur la colline de Vaux-le-Pénil, mais elle est détruite dès 1615. L'ensemble des fortifications est peu à peu démantelé par les habitants qui, dès la deuxième moitié du 17e siècle, utilisent les murs pour y asseoir leurs maisons, y font des brèches et en pillent les pierres : la porte de Samois et la tour de Guindart sont ainsi incluses dans leur couvent par les Visitandines en 1639. La destruction des fortifications s'accélère au 18e siècle, hâtée par la concession des remparts à la municipalité en 1763. Les portes fortifiées sont détruites et remplacées par de grands pilastres en grès, les fossés, comblés, laissent place à des plantations d'arbres. La destruction s'achève dans la première moitié du 19e siècle. A l'heure actuelle, seuls quelques vestiges de murailles subsistent dans l'île et le quartier Saint-Aspais. Le tracé des fortifications se lit encore dans les boulevards qui ceinturent en partie la ville ancienne.

Le rempart du Bas-Empire, autour de l'île Saint-Etienne, est une fortification en pierre de petit appareil et brique, qui réutilise dans ses fondations des blocs de grand appareil provenant de la parure monumentale de l'agglomération du Haut Empire. Les fortifications du 13e siècle sont des murs en calcaire, hauts de 6 à 7 mètres et épais de 2 mètres. Sur l'île, cette enceinte comprend deux portes flanquées de tourelles, implantées dans l'axe de la Grande rue (auj. rue Saint-Etienne) pour contrôler les ponts. Sur les deux rives de la Seine, les remparts sont flanqués de tours cylindriques et carrées, et percés de sept portes à tourelles : trois sur la rive sud, quatre sur la rive droite. Ce dispositif est complété à la fin du 16e siècle par des éperons au nord (porte des Carmes) et au sud (porte de Bière), ainsi que sur l'île (fort de l'Hirondelle).

  • Murs
    • calcaire
    • moyen appareil
  • État de conservation
    détruit