La vogue des patinoires démarre à Paris dès la fin du XIXe siècle. Le skating-ring installé dans l’ancienne « Plaza de toros » de la rue Pergolèse est publié en 1890[1] et le « Pôle Nord » de M. Blandin ouvre ses portes en 1892[2]. Divers lieux vont exploiter la saisonnalité de ce modèle et rares sont les structures à avoir pérennisé leur fonctionnement tout au long de l’année. Aujourd’hui, face à un modèle économique difficile à trouver, seule une vingtaine d’équipements sont ouverts en Ile-de-France. Nous avons choisi de porter une attention particulière à cinq établissements emblématiques de l’âge d’or des années 1970, avant les chocs pétroliers et la rationalisation des coûts de ces équipements énergivores.
Dès 1955, Louis Saint-Calbre dessine pour Boulogne-Billancourt un large volume ménagé par six grandes fermes métalliques qui laissent la lumière entrer dans l’édifice par la plus haute façade vitrée[3]. On retrouve ce modèle quelques 20 années plus tard à la patinoire d’Evry qui ouvre ses portes en 1975. Elle accompagne le programme ambitieux de la ville-nouvelle qui entend offrir à ses habitants l’ensemble des infrastructures publiques. La situation s’observe également à Cergy-Pontoise où la patinoire ouvre ses portes en 1976.
Si la patinoire est souvent associée à une piscine, il est rare qu’elle partage le même toit ou qu’elle potentialise les infrastructures techniques des deux équipements. C’est le cas de la piscine-patinoire de Franconville dont les performances énergétiques ont été prises en compte dès l’origine. Ainsi, les calories dégagées par la piscine sont transformées en frigories pour solidifier la glace. Le bâtiment de Michel Delaporte est inauguré en 1974, soit six années après le Nautilud de Reims, qui répondait au même cahier des charges technique (architectes : Roger Dhuit, Jean-Claude Dondel) et utilisait également le lamellé-collé pour la charpente[4].
[1] COMBOUL, ingénieur-constructeur. « Le skating-ring de la rue Pergolèse, à Paris. Vue de la piste. » in Semaine des constructeurs, Février 1890, avec planche.
[2] Deux siècles d’architecture sportive à Paris, 1984, p. 78
[3] Archives nationales du monde du travail, 152 AQ 256
[4] DELORME, Franck, "La piscine-patinoire de Reims - un programme inédit, une innovation architecturale" in Architecture et patrimoine du sport dans le Grand Est, La Nuée bleue, 2025, pp. 245-259