Dossier d’œuvre architecture IA91001135 | Réalisé par
Pierre Clémence (Rédacteur)
Pierre Clémence

Stagiaire à l'Inventaire de mai à novembre 2025.

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  • inventaire topographique
Monument aux morts
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Stéphane Asseline, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Milly-la-Forêt
  • Hydrographies L'Ecole
  • Commune Milly-la-Forêt
  • Adresse place Gallieni
  • Dénominations
    monument aux morts
  • Genre
    communal
  • Destinations
    monument aux morts

La décision d’édifier un monument en l’honneur des milliacois morts durant la « Grande Guerre » est prise par le Conseil Municipal le 29 août 1919[1], soit cinq ans après le début de la Première Guerre mondiale. Une commission spéciale est nommée dans ce but, avec pour mission de gérer les souscriptions et les subventions. La place dite « de Lyon », située à l’angle des actuels boulevards Foch et Joffre, est choisie pour accueillir ledit édicule. Le projet prévoyait donc aussi le réaménagement de cet espace en square.

Alors qu’au début du projet, une démarche est engagée pour faire travailler un marbrier local[2], rapidement la commission élargit l’aire géographique du marché, comme l’attestent les planches de deux projets (non adoptés), signées à Paris[3].

Le 21 octobre 1919, la place de Lyon est rebaptisée place Gallieni[4].

Les projets de réaménagement de cet espace et du monument se poursuivent au cours de l’année 1920 par la recherche de trophées de guerre, comme en témoigne une lettre du préfet de Seine-et-Oise adressée au maire de Milly[5] dans laquelle il annonce « la répartition »[6] de deux canons de tranchées pour la Commune de Milly.

 Le 18 septembre 1921, le préfet approuve le projet de statuaire, signé par G.H. Pounguet[7], associé à la création du square, signé par l’architecte de Corbeil E. Dameron, en date du 4 février de la même année[8].

En parallèle, le maire de Milly recherchait encore des trophées de guerre, comme l’indiquent des échanges[9] entre ce dernier et trois correspondants concernant l’expédition de mortiers ou d’obus. Il obtient finalement gain de cause puisque les photographies et cartes postales anciennes[10] montrent la place peu de temps après son achèvement avec quatre têtes d’obus installé aux coins du monument.

 Le monument aux morts pour la patrie est finalement inauguré le 9 octobre 1921, en présence d’un officier supérieur représentant le Général d’Etat-Major de Seine-et-Oise[11] et d’un député[12].

Peu après, un décret daté du 12 novembre 1921 entérine l’édification du monument aux morts de Milly-en-Gâtinais et charge le ministre de l’Intérieur de sa bonne exécution[13].

Bien que l’édicule soit inauguré, le projet n’est pleinement achevé que deux années plus tard, par la livraison de plaques commémoratives par les Manufactures Nationales de Sèvres[14] et l’installation d’une grille délimitant le square, signée par A. Rousseau, serrurier-mécanicien à Milly[15].

Ce monument aux morts s’inscrit dans l’un des deux champs lexicaux privilégiés par la statuaire figurée pour ces édicules mémoriels : le premier est la glorification, l’allégorie des combattants victorieux, le second s’inscrit en opposition par la représentation de la perte et du deuil. La stèle, plus sobre, est usitée dans un troisième cas.

 Il est par ailleurs intéressant de constater qu’il y a eu pour le monument aux morts de Milly une réflexion autour de ces trois thèmes ; avec dans un premier temps, quelques mois après l’armistice, des propositions inspirées du deuil.

L’une des planches représente une allégorie de la France voilée dans son deuil et portant le drapeau français dans son bras gauche et une couronne de lauriers dans sa main droite, qu’elle tient au-dessus d’une croix tombale.

Le projet adopté est fort probablement le dernier, imaginé plus tardivement. Le discours change alors, par la valorisation des combattants. Un décentrement de la douleur s’est opéré vers l’entretien d’un souvenir glorieux.

Un second projet d’aménagement de la place Gallieni (ou square du souvenir) est imaginé douze ans plus tard. Un plan daté du 9 septembre 1935[16] préfigure l’aménagement de l’espace actuel. Le chantier de terrassement et de maçonnerie est confié à l’entreprise Valadon (souvent embauchée par la municipalité durant cette période[17]), sous la maîtrise d’œuvre de l’architecte Gervaise. La place Gallieni nouvellement remaniée est livrée en août 1936[18].

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[1] AM de Milly-la-Forêt, I M 14, Extrait du registre des délibérations du conseil municipal du 29 août 1919 concernant le vote d’un projet de monument aux morts, sous la mandature d’Emile Chagot, maire.

[2] Ibid., Lettre datée du 7 octobre 1919 du maire à un marbrier local pour la création d’un monument aux morts.

[3] Ibid., Planches présentant deux autres projets pour le monument aux morts, datés des 20 et 22 octobre 1919, signées à Paris par le statuaire (écriture difficilement lisible : « E. Legrand » ?).

[4] Ibid., Extrait du registre des délibérations du 21 octobre 1919.

[5] Ibid., Lettre datée du 18 juin 1920 du préfet de Seine-et-Oise au maire de Milly.

[6] Ibid., terme employé pour le partage des armes et munitions stockées par l’armée et distribuées par la suite aux communes.

[7] Signature au bas du socle de l’œuvre ; AM de Milly-la-Forêt, I M 14, photographie de la statue signée par G. H. Pounguet, à Paris, en 1921.

[8] AM de Milly-la-Forêt, I M 14, Projet du monument aux morts pour la France (planches représentant le plan d’aménagement du square du souvenir ainsi que la statuaire), vu et approuvé par le préfet le 18 septembre 1921, signé par l’architecte E. Dameron, exerçant à Corbeil, le 4 février 1921.

[9] Ibid., Lettre datée du 24 juin 1921, du maire de Milly au Commandant du parc d’artillerie annexe de Bar-sur-Seine, Aube, concernant l’expédition de deux mortiers ; lettre datée du 28 juillet 1921 de l’officier d’administration 1ère classe Renault, comptable, au maire de Milly concernant la session d’obus de 280 ; lettre du 31 août 1921 du maire au directeur de l’atelier de construction à Rennes concernant la livraison d’obus cédés à la Commune de Milly par M. le Sous-secrétaire d’Etat à la liquidation des stocks par l’arrêté du 26 août 1921.

[10] Collection privée, Carte postale ancienne intitulé « Monuments aux morts – Place Galiéni ».

[11] AM de Milly-la-Forêt, I M 14, Lettre du Général Fabia Commandant du département de Seine-et-Oise au maire de Milly, datée du 27 septembre 1921, à Versailles, concernant l’inauguration du monument.

[12] Ibid., Lettre du 23 septembre 1921 d’un député (signature illisible) au maire de Milly, Eugène Aubry, et président du Conseil d’Arrondissement, concernant sa présence à l’inauguration du Monument au morts prévue le 9 octobre 1921.

[13] Ibid., Décret du 12 novembre 1921 comprenant deux articles approuvant la délibération du Conseil Municipal de Milly, en date du 29 août 1919, décidant l’érection d’un monument aux morts et chargeant le ministre de l’Intérieur, M. Marraud de la bonne exécution du présent décret.

[14] Ibid., Lettre de la Manufacture Nationale de Sèvres, du 23 août 1923 au maire de Milly, concernant la livraison de six plaques commémoratives pour les communes du Canton de Milly.

[15] Ibid., Devis pour une grille par A. Rousseau, serrurier mécanicien, daté du 6 septembre 1923 ; extrait du registre des délibérations du Conseil Municipal du 16 octobre 1923, sous la mandature de M. Aubry, maire, concernant les frais de la grille.

[16] Ibid., Plan du square du souvenir signé par Valadon, daté du 9 septembre 1935.

[17] Archives de la Cite de l’Architecture, 76 IFA 3365 / 9, Calculs de structure pour le projet de lanternon du Bain-Douche de Milly, pour l’entreprise Valadon ; 76 IFA 3369 / 12, Calculs de structure pour un réservoir de la Ville de Milly, pour l’entreprise Valadon.

[18] AM de Milly-la-Forêt, I M 14, Mémoire technique daté du 4 août 1936, pour les travaux de terrasse et de maçonnerie par l’entreprise Valadon, repreneur de l’entreprise Brianot, exécutés pour le square du souvenir, sous la maitrise d’œuvre de Gervaise, architecte.

Le monument aux morts de Milly-la-Forêt est composé d’un piédestal et d’une statue sur son socle. Au centre du dé du piédestal est gravée l’épigraphe « La Ville de Milly à ses héroïques enfants morts pour la patrie », au-dessus, une branche de laurier est liée avec une branche d’olivier en bronze, marquant de concert le sacrifice et la victoire ; au-dessus, une croix de guerre en bronze surmonte l’ensemble. Les trois autres pans du dé sont recouverts des noms des milliacois morts durant le Première Guerre mondiale.

Le socle est composé d’une plinthe sur laquelle repose une étiquette gravée avec les années 1914-1918. Les trois autres côtés du socle accueillent des séries de trois petites silhouettes architecturales en pignon avec une baie en creux. Ces éléments pourraient se rapporter à des mausolées. La signature du statuaire est gravée sur le côté sud du socle, dont l’épigraphie est encore lisible aujourd’hui : le monogramme « G.H. » suivit du nom de famille « Pounguet » et de la date « 1921 ».

La statue représente un soldat en uniforme, avec son casque, sa longue capote, son baudrier, ses cartouchières et ses bandes molletières. Les sourcils froncés, les lèvres serrées et le menton vers l’avant, il a un visage fermé mais volontaire. Il tient au bout de ses bras tendus vers le sol, à deux mains, son fusil à l’horizontal (aujourd’hui lacunaire : la crosse et le bout du canon sont manquants[1]). Sa jambe gauche pose un pas en avant de sa jambe droite. Toute sa posture lui confère une allure belliqueuse.

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[1] AM de Milly-la-Forêt, I M 14, photographie de la statue signée par G. H. Pounguet, à Paris, en 1921.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
Pierre Clémence
Pierre Clémence

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