Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
- inventaire topographique
- patrimoine de la villégiature, villégiature en Île-de-France
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- (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Le Plessis-Robinson
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Commune
Le Plessis-Robinson
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Adresse
62 rue du Moulin Fidel
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Cadastre
2020
R
65
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Dénominationsmaison
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Genrede maître
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Précision dénominationmaison de villégiature
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Appellationsdite le moulin Fidel
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Parties constituantes non étudiéesserre, chenil, orangerie, gymnase, bassin, communs, parc
« Pour l’architecte, salutaire sera son contact avec le Maroc. D’abord il deviendra économe (qualité à l’ordre du jour) en appréciant la valeur des murs blancs, des murs tout blancs sans sculptures, sans moulures, sans étalage de vaine science […]. L’architecte trouvera là « un matériau » nouveau : la faïence, les « zelliges », pavages de faïence, exquises symphonies en vert et blanc […] » (Laprade).
Le Moulin Fidel, qui doit son nom à un ancien moulin à vent dont on trouve mention encore en 1833, rivalise avec les folies du XVIIIe siècle. Un plan très original, un grand architecte, Albert Laprade (1883-1978), de retour du Maroc, un riche commanditaire, collectionneur et mécène, le docteur Boucard, qui fréquente de nombreux artistes, tout évoque les riches financiers de l’Ancien Régime.
Pierre Boucard (1875-1967) est un médecin et grand amateur d’art[1] qui a fait fortune grâce à l’invention en 1908 du Lactéol[2]. En 1912, il achète une grande propriété au Plessis-Robinson dénommée Jolie vue, qui se trouve sur le coteau, dominant le val d’Aulnay d’une centaine de mètres[3]. La tour de l’ancien moulin à vent[4] flatte son désir d’originalité et il projette d’emblée de l’aménager, comme le montrent les premières études de l’architecte Laprade, qui dessine trois pièces superposées, dont la dernière comportait un escalier d’accès à une terrasse panoramique[5] qui sera plus tard couverte. Le reste des constructions est voué à la destruction.
Après un long séjour au Maroc pendant lequel il a travaillé à Casablanca et à Rabat, Laprade rentre en France en 1919. Les liens avec Boucard n’ont pas été coupés puisqu’il travaille à la transformation de l’immeuble 30, rue Singer à Passy, que l’industriel vient d’acheter pour y installer le siège de l’entreprise et ses bureaux[6]. Par ailleurs, il présente de multiples projets pour le Moulin Fidel[7].
C’est en 1925 que la maison de villégiature est construite, sur un parti d’une très grande originalité ; le séjour de Laprade au Maroc, son étude de l’habitat et sa participation à la réalisation de la résidence générale de France à Rabat, ainsi que les goûts originaux du commanditaire, ont donné naissance à un édifice singulier.
Avec la demeure est conçu un vaste parc avec des bassins, une orangerie, des serres, un potager, un poulailler, un chenil, ainsi qu’un gymnase, transformé par les propriétaires suivants en centre d’études. En effet, après avoir été malmené pendant la Seconde Guerre mondiale, le Moulin Fidel est acquis par André et Yvonne Chauvin, dirigeants de la société YAC[8]. Ils redécorent l’intérieur selon le goût des années 50. La municipalité leur achète la propriété en 1989 et l’utilise pour des manifestations culturelles.
Une grande partie des aménagements extérieurs et intérieurs a été modifiée ou détruite.
Roselyne Bussière
[1] Les Boucard sont notamment liés à Tamara de Lempicka qui réalise plusieurs portraits de membres de la famille et à Jacques Henri Lartigue, auteur de nombreuses photos de la maison et de la famille Boucard avec leurs amis.
[2] Médicament à base de ferments lactiques. Thierry Lefebvre, Cécile Raynal, « Le laboratoire du Lactéol du Docteur Boucard », Revue d’histoire de la pharmacie, 103e année, n°389, 2016, p. 8-9.
[3] Oudiette vantait déjà les « points de vue très-variés qui s’étendent sur une grande partie de la ville de Paris et des alentours », Oudiette, op. cit.
[4] AM Le Plessis-Robinson, Le Moulin Fidel, aperçu historique, 2015, reprographié, p. 2.
[5] Projets de 1912 reproduits dans Maurice Culot, Ann Lambrichs, Albert Laprade, Architecte, jardinier, urbaniste, dessinateur, serviteur du patrimoine, Paris, Cité de l’architecture, Norma éditions, 2007, p. 352.
[6] Ibidem, p. 356.
[7] AM Le Plessis-Robinson, op. cit.
[8] Produisant des bureaux et classeurs métalliques.
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Période(s)
- Principale : 2e quart 20e siècle
- Secondaire : 19e siècle
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Dates
- 1925, daté par travaux historiques
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Auteur(s)
- Auteur : architecte attribution par source
Alors que seule la tour existait auparavant, la façade blanche se présente comme un agrégat de modules de taille et de formes diverses, comme s’il s’agissait d’une architecture vernaculaire agrandie au fil des besoins. Oubliées les grandes façades monumentales et les imposants escaliers dont les grands prix de Rome sont friands. La tour, qui comporte cinq niveaux, reste un édifice à part, relié au reste du bâtiment par un simple passage au premier étage. Au rez-de-chaussée, une salle de bain, couverte de mosaïques de faïence turquoise et dorée, avec sa baignoire percée dans le sol et un petit jet d’eau, évoque les bains mauresques. Au-dessus, on accède par un escalier étroit à trois pièces intimes, et à la salle panoramique, ouverte sur le paysage par de larges baies horizontales.
La seule grande salle de l’ensemble se trouve à l’autre extrémité de la maison : c’est le salon, tourné vers l’ouest et largement ouvert sur une loggia aux colonnes tronconiques sans base et à chapiteau dorique, c’est-à-dire le modèle le plus simple[1]. C’est dans cette grande pièce carrelée de bleu et or que vivait le docteur au milieu de ses collections, comme le montre une photographie ancienne[2]. L’office et la cuisine se trouvaient derrière. Un petit salon donnant sur une loggia à deux colonnes, tournée vers le sud-ouest, permettait de profiter de la vue sur un jardin mauresque avec un bassin rectangulaire[3]. Entre la tour et la grande salle (surélevée d’un étage ultérieurement), se trouve l’entrée, plutôt discrète, flanquée d’un vestibule éclairé par quatre baies en plein cintre. Puis vient la saillie de la petite tour d’escalier qui dessert l’étage, éclairé de larges baies à petits carreaux. Comme dans l’architecture méditerranéenne, les toitures sont à peine visibles.
[1] Cette loggia a été récemment vitrée.
[2] AM Le Plessis-Robinson, série 23 NUM.
[3] Aujourd’hui disparus de même que le hammam qui se trouvait au sous-sol.
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Murs
- béton
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Toitszinc en couverture, béton en couverture
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Étages1 étage carré
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Couvertures
- terrasse
- toit conique
- toit à longs pans noue
- pignon couvert
- croupe
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour
- escalier demi-hors-oeuvre
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État de conservationrestauré
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Techniques
- céramique
- décor stuqué
- mosaïque
- peinture
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Représentations
- ornement géométrique
- colonne
- scène mythologique
- griffon
- rinceau
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Précision représentations
Décor en stuc d'une bacchanale de quatres personnages dansant, sur la façade est.
Dans le hammam disparu : plafond peint et décor de griffons encadrant un trépied, remplissage par rinceaux.
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Statut de la propriétépropriété publique
- (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France
- (c) Philippe Ayrault, Région Île-de-France
- (c) Philippe Ayrault, Région Île-de-France
- (c) Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France
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Documents d'archives
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Archives municipales, Plessis-Robinson : 23 NUM
Le docteur Boucard dans son salon vers 1930, photographie, Archives municipales du Plessis-Robinson, série 23 NUM
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Archives municipales, Plessis-Robinson
Le Moulin Fidel, aperçu historique, 2015, reprographié
Bibliographie
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Bibliothèque nationale de France, Paris : 709.204 LAPR a
Maurice Culot, Ann Lambrichs, Albert Laprade, Architecte, jardinier, urbaniste, dessinateur, serviteur du patrimoine, Paris, Cité de l’architecture, Norma éditions, 2007
-
Région Île-de-France, Service Patrimoine et Inventaire, Saint-Ouen-sur-Seine
Roselyne Bussière, Marianne Métais, et alii, Châteaux, villas et folies, Villégiature en Ile-de-France, Région Île-de-France, Lieux Dits Editions, 2024
p. 216-217
Périodiques
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Bibliothèque nationale de France, Paris : FOL-O3J-376
Albert Laprade, « Les influences possibles du Maroc sur l’Art français », France Maroc, n°5, 15 mai 1917
-
Thierry Lefebvre, Cécile Raynal, « Le laboratoire du Lactéol du Docteur Boucard », Revue d’histoire de la pharmacie, 103e année, n°389, 2016
Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.
Conservatrice au service Patrimoines et inventaire d'Ile-de-France
Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.