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Maison Michard, Corbeil-Essonnes

Dossier IA91001045 inclus dans Présentation de l’œuvre de Dominique Zimbacca (1928-2011) réalisé en 2017

Fiche

Marcel Michard a commandé cette maison à Dominique Zimbacca en 1971. Il l'habite toujours aujourd'hui.

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Ile-de-France
Adresse Commune : Corbeil-Essonnes
Adresse : 19 chemin des Longaines
Cadastre : 2015 148-149 000 BP 01

Le premier projet pour cette maison a été conçu par le groupe Art et Habitation en 1973. Il s'agissait d'un petit nombre d'étudiants de l'ESA, réunis par Dominique Zimbacca dans la maison de l'ébéniste avec lequel il travaillait à cette époque M.Jacomi. Ce projet ne convenant pas à M.Michard, D.Zimbacca a fait une nouvelle proposition et a lui même suivi le chantier qui s'est achevé en 1978.

Cette maison applique les principes organiques que Dominique Zimbacca va élaborer puis défendre tout au long de sa carrière. Le choix d'une architecture se développant en fonction de la déclivité du terrain et jouant de son intégration dans le site résonne avec ce projet de maison en contreplaqué de 1974 mais présenté par Patrice Goulet en 2006 dans Extramuros, et sous lequel figure cette légende : " Rien de plus résistant qu'une feuille, même très mince, courbée".

Période(s) Principale : 4e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
Dates 1976, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Zimbacca Jean-Pierre, Raymond, dit(e) Dominique ,
Jean-Pierre, Raymond Zimbacca , né(e) Zimbacca , dit(e) Dominique (1 mars 1928 - 4 janvier 2011)

Étudiant à l’École des Beaux-Arts à partir de 1951, Dominique Zimbacca suit les cours de l'atelier Chappey puis ceux de l'atelier de Jean Faugeron (en 1958). C'est probablement là qu'il rencontre Hervé Baley (1933-2010) avec qui il crée entre 1959 et 1960 l'Atelier d'Architecture et Aménagement. C'est dans ce cadre qu'ils réalisent une première maison à Cholet, dite maison Résibois. Leur collaboration dure quelques années, prenant le plus souvent la forme de création de mobiliers. En 1968, alors qu'Hervé Baley devient professeur à l’École spéciale d'Architecture et fonde l'atelier Sens et Espace, D. Zimbacca donne quelques conférences et fonde le groupe Art et Habitation où il dispense un enseignement informel. En 1968, il épouse Geneviève Fournier. En 1969, il est chargé de la construction du Centre Paroissial Jean XXIII à Saint Quentin (Aisne). C'est à partir des années 70 que son activité de constructeur se développe réellement tout en maintenant une intense activité de concepteur de mobilier (il collabore de façon exclusive avec deux menuisiers successivement, M.Jacobi puis Jacques Mauraisin). Il réalise sa première maison en 1979 à Corbeil-Essonnes, et l'en-tête de son papier à lettres indique alors " Dominique Zimbacca, architecte, création de maisons organiques-architecture d'intérieur-mobilier.".

1979 : Maison Michard à Corbeil-Essonnes (Essonne)

1979-81 : Mobilier de la maison Auriol (architecte Edmond Lay, né en 1930)

1982 : Inscription à l'Ordre des Architectes d'Ile-de-France

1987 : Participation au Salon de la Maison Individuelle, Palais des Congrès, Paris.

1988 : Maison Von Bredow, Yerres (Essonne) sur un terrain lui appartenant (également construction de la maison Bru et de la maison Andrès)

1989 : Maison Étienne, La Chapelle du Mont du Chat (Savoie)

1997 : Construction de sa propre maison à Tourouvre (Orne)

1999 : Mariage avec Lucienne Wack

2002 : Démission de l'Ordre des Architectes

2011 : Décès. Dominique Zimbacca est enterré à Tourouvre, aux cotés de sa première épouse Geneviève Fournier.


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architecte, attribution par travaux historiques

Cette maison de 116m² est construite sur un ancien verger de 2000m2, orienté sud et fortement vallonné. L'édifice est implanté dans la partie supérieure de la parcelle, et son inscription sur le site a déterminé son plan ouvert en éventail, qui permet aux angles à 120° une pénétration d'accueillir la lumière de manière optimale. La façade nord, côté rue, est aveugle et reste peu visible depuis cette dernière. En revanche, la façade sud s'ouvre généreusement sur le vaste terrain du reste de la parcelle.

L'habitation se répartit en deux corps de bâtiments qui s'organisent selon un angle à 120° : une passerelle couverte les relie. L'ensemble est coiffé d'une étroite toiture à double pente recouverte de shingle. Le bras sud de la maison, qui s'avance dans le jardin, comporte également un toit plat aux généreux débords. Cette sous-toiture, reliée aux pentes douces du premier toit par un système de poutraison, offre de larges espaces extérieurs encore ombragés par la maison. Les façades sont quant à elles rythmées par un soubassement de parpaings de Siporex orné de modillons quadrangulaires. De longues baies horizontales, qui au départ devaient se placer dans une simple rainure de ce soubassement, courent de façon continue le long des façades ouvertes sur le jardin. Avec les larges débords du toit plat, elles permettent un prolongement visuel extérieur des lignes intérieures.

La disposition des espaces intérieurs de la maison permet l'orientation privilégiée d'un maximum d'espaces habitables autour d'une cheminée centrale monumentale. Réalisée en parpaings de Siporex, elle forme le véritable pivot de la maison autour duquel s'organise les diverses volées de marches pour assurer la circulation verticale dans la maison. Cette cheminée rejoint même la charpente apparente, pour laquelle les parties lambrissées sont recouvertes, selon le souhait de l'architecte, par des panneaux de liège noir.

Tous les espaces de la maison sont ouverts et communiquent les uns avec les autres. Ils se décomposent comme suit : une cuisine semi-enterrée, ouverte sur le jardin par une longue fenêtre étroite et un petit puits de lumière, conduit par trois petites marches à une première pièce de séjour faisant office de salle-à-manger. Cette dernière, légèrement en dessous du niveau du jardin est marquée par la découpe triangulaire des vitrages. Une nouvelle volée de marches, qui s'apparente davantage à des gradins, permet ensuite de rejoindre l'espace principal du coin salon. Celui-ci se déploie autour de l'âtre, et des banquettes viennent s'encastrer le long des murs. Les baies vitrées à mi hauteur prolongent cet espace pour former l'entrée, et se terminent par une pièce triangulaire ouverte sur le jardin par deux grandes baies : le coin bureau. Face à l'entrée, un escalier en bois à retour, composé de deux rampes droites, dessert les espaces du coin salle-à-manger jusqu'à l'étage, où il longe alors l'arrière du manteau de la cheminée centrale. Au premier étage, une mezzanine, dont la balustre était à l'origine entièrement en parpaings de Siporex, dessert à droite la chambre des parents, puis à gauche la salle de bain et la chambre des deux enfants.

Ouverture des espaces, cheminée centrale formant un axe vertical, développement d'une continuité entre intérieur et extérieur, intégration de la maison sur son site sont des caractéristiques propres aux futures réalisations de Dominique Zimbacca. Elles s'incarnent à Corbeil-Essonnes de manière précoce et affirmée, et cette maison demeure encore aujourd'hui une de ses œuvres les plus abouties et les mieux conservées.

Murs béton parpaing de béton enduit
Toit bitume
Étages 1 étage carré, étage de soubassement, sous-sol
Couvrements charpente en bois apparente
Couvertures
Escaliers escalier intérieur
Techniques maçonnerie

Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Corbeil-Essonnes, archives privées de M. Michard, PC n°91.3.55.381. Arrêté de permis de construire du 9 avril 1973.

Bibliographie
  • AMOUROUX, Dominique. Nouvelle architectures de maisons en France. Paris, Le Moniteur, 1979.

    p.124-131
  • LOMBARDET Annick (dir.). Intérieur Extérieur. Habiter autrement. Exposition d'architecture inaugurée à Rodez, galerie La Menuiserie, le15 mai 2004, La Vacquerie, Cantercel, 2004.

    p.36, p.43
  • TISSOT Ambre. Dominique Zimbacca. Un architecte organicien dans la seconde moitié du XXe siècle. Mémoire d'étude de l’École du Louvre, sous la direction d'Alice Thomine-Berrada, conservateur en chef au Musée d'Orsay, mai 2017.

    p.25-26, 30-32, 37, 39, 46-47, 52, pl. VI-XII, XXXIX, notice II
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Sol Anne-Laure
Anne-Laure Sol

Conservateur du patrimoine, service Patrimoines et Inventaire, Région Ile-de-France.


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- Van Eynde Salomé
Salomé Van Eynde

Étudiante de l'École du Louvre et diplômée d'une licence de philosophie (université Sorbonne-Paris IV), Salomé Van Eynde est l'auteur d'un mémoire, soutenu en juin 2017, sur l'enseignement d'Hervé Baley à l'École Spéciale d'Architecture (1968-1990). Elle réalise un stage au sein du service de l'Inventaire de la région Ile-de-France en mai et juin de la même année, stage au cours duquel elle seconde la conservatrice du patrimoine Anne-Laure Sol dans ses recherches sur Hervé Baley (1933-2010) et Dominique Zimbacca (1928-2011).


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