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usine ex Roussel-Uclaf

Dossier IA93000267 inclus dans ville de Romainville réalisé en 2009
Dénominations usine
Aire d'étude et canton Romainville
Adresse Commune : Romainville
Adresse : 111 route de Noisy

Au début du xxe siècle, de nombreuses usines investissent les Bas-Pays, quartier situé aux limites de Pantin et de Bobigny.

L'entreprise Carnine-Lefrancq s'installe la première, route de Meaux,en 1902, pour y produire le fortifiant qui fera sa renommée. Elle est suivie la même année par la Société des engrais, puis en 1905 par l'entreprise de chaudronnerie mécanique Filho et en 1913 par la SAFT (Société des accumulateurs fixes et de traction). La route de Noisy accueille peu après la société Lalo Mignonac Puech, fabricante de matériel pour les chemins de fer, puis la fonderie d'aluminium Decker et Petit.

Mais une entreprise en particulier va profondément marquer l'identité du quartier et celle de la commune : l'entreprise pharmaceutique Roussel-Uclaf. En 1909, le jeune vétérinaire Gaston Roussel a la charge des chevaux de la Compagnie générale. Cette même année, il fait la découverte d'un sérum contre I'anémie, issu du sang de cheval. L'Hémostyl, le fortifiant ainsi élaboré, s'avère une réussite commerciale. Pour faire face à la demande, Roussel s'associe à deux confrères pour fonder en 1911 l'Institut de sérothérapie hémopoïétique (ISH). Ils installent leur usine à proximité des écuries du Service de nettoiement de la Ville de Paris, au sud de la route de Noisy, dans le quartier des Bas-Pays. L'ISH, fort du succès de l'Hémosty1, diversifie sa production et s'agrandit. A la fin des années 1920, le cheptel nécessaire à la production des divers remèdes compte environ 1400 bêtes.

En 1928, l'entreprise dédie une partie de son activité à la chimie et crée I'UCLAF (Usines chimiques des laboratoires français). En 1947, Gaston Roussel se lance dans la production d'antibiotiques et fonde la Société française de pénicilline (SOFRAPEN) en compagnie du scientifique Henry Prénau. Ce changement de cap dans la production bouleverse l'entreprise : son périmètre va ainsi s'étendre au nord de la route de Noisy pour atteindre 20 hectares de superficie. L'architecte Jean Barot, chargé du chantier, va développer une architecture rationnelle adaptée aux exigences de fabrication par fermentation de la pénicilline. Jean Barot n'en est pas à son coup d'essai en matière d'architecture industrielle, il a réalisé les laboratoires de la parfumerie Coty à Suresnes dont il s'inspire pour le site de la SOFRAPEN. L'ensemble reprend les grands traits de l'architecture moderne (formes géométriques, ouvertures à bandeaux. absence d'ornements) et tranche avec le pittoresque du site d'origine surnommé ""la ferme"" par le personnel. En 1952, le fils de Gaston, Jean-Claude Roussel, réunit l'ensemble des filiales de l'entreprise paternelle et fonde le groupe Roussel-Uclaf. L'entreprise prospère sur les deux sites rebaptisés Usine 1 pour le site d'origine et Usine 4 pour l'ancien site SOFRAPEN.

A partir de 1974, alors que l'établissement regroupe près de 4 500 salariés, un long plan de restructuration est enclenché pour opérer une tertiarisation progressive du site Usine 1 tandis que le site Usine 4, dédié à la production, se modernise. Les espaces autrefois liés à la présence animale sont peu à peu détruits ou délaissés. En 2000, le groupe Aventis est créé et absorbe l'ancien groupe Roussel-Uclaf, devenu entretemps Hoechst-Marion-Roussel.

Le parc technologique Biocitech s'installe sur le site d'origine et ne cesse depuis d'attirer les sociétés à la pointe de la recherche en biochimie. Les bâtiments contemporains se multiplient tandis que les écuries, enclos et autres pâturages sont en attente d'une reconversion.

Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Le bâtiment Pasteur, pivot du site, est construit pour regrouper les laboratoires et les services scientifiques. Autour se déploient les entrepôts, la chaufferie, les bâtiments administratifs et les espaces de service dédiés au personnel (cantines, crèche, amphithéâtre). La production de substances pharmaceutiques extraites de l'animal ne cède pas le pas à la chimie. L'entreprise développe l'hormonothérapie, ce qui nécessite la construction de nouvelles écuries auxquelles s'ajoutent un manège et des enclos de pâturage. Ces travaux sont l'occasion de doter le siège de la société d'une entrée digne de ce nom. Constituée d'un haut porche sous pavillon à faux pans de bois et d'une tour-horloge monumentale, cette entrée ostentatoire, destinée à célébrer l'entreprise, s'inspire de l'architecture régionaliste et des infrastructures hippiques. Le site offre ainsi, au coeur de cette enclave industrielle que sont les Bas-Pays, un visage champêtre à part, où les enclos, les pommiers et les écuries évoquent le bocage normand.

(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Faure Julie