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Relais de poste

Dossier IA95000430 réalisé en 2017

Fiche

Cet ensemble, aujourd'hui connu sous le nom de "ferme Hébert", s'est avéré être, d'après nos recherches en archives, l'ancien relais de poste d'Ecouen, en activité entre le dernier quart du XVIIIe siècle et le milieu du XIXe siècle. Il rappelle le rôle important de la route royale (puis nationale) reliant Paris à Amiens : cet axe routier a longtemps structuré l'organisation de la partie orientale du village et a attiré de nombreux hôtels et auberges, dont les bâtiments sont encore visibles même si leur fonction a aujourd'hui changé.

Destinations relais de poste
Dénominations relais de poste
Aire d'étude et canton Ecouen
Adresse Commune : Écouen
Adresse : 20-22 rue du Maréchal Leclerc
Cadastre : 2014 AD 372-376

La présence d'un relais de poste à Écouen, sur la grande route de Paris à Amiens et Calais, est attestée depuis le début du XVIIe siècle. La première mention de ce relais est fournie par une lettre du 19 juillet 1603 adressée par Henri IV à Sully, dans laquelle le roi rend le maître de la poste d'Écouen responsable de la perte d'un courrier de Sully au roi d'Angleterre : « Nous n'avons pu avoir autres nouvelles de la perquisition de votre paquet perdu, sinon que la faute procède du maitre de la poste d'Escouan, duquel, à cette cause, j'ai commandé au grand prévôt faire la punition qu'il convient ». Auparavant, ce relais se trouvait à Sarcelles, si l'on en croit l'"Etat des Postes assises pour le service du roi Henri III en son royaume" de 1584. On peut supposer que la proximité à la fois politique et amicale entre le roi Henri IV et Henri Ier de Montmorency, que le roi avait nommé connétable de France en 1593, ait été à l'origine de ce détournement de la route des postes royales par Écouen qui permettait de relier plus commodément Paris et les châteaux d'Écouen et de Chantilly, qui appartenaient l'un et l'autre aux Montmorency.

Au XVIIIe siècle, le relais de poste, avec son jardin et ses écuries, était situé en bordure de la route de Paris, face au débouché de la rue Quintinet (actuelle rue Georges Joyeux). Il apparaît sur un plan de 1767 conservé au Musée de Sceaux (photo ci-dessous). Mais il a été presque totalement détruit peu après, à l'occasion de la rectification du tracé de la route : seules en subsistent une dépendance correspondant à l'actuelle petite maison au 16 rue du Maréchal Leclerc et une écurie en fond de cour.

Le relais de poste fut alors déplacé légèrement en contrebas (actuels n°20-22 rue du Maréchal Leclerc) : c'est cet emplacement qui est notamment attesté par les sources cadastrales, à partir de 1830. Le maître des postes était alors Monsieur Ingrain, qui en demeura propriétaire jusqu'à sa fermeture et sa vente, en 1856. Le relais de poste était un établissement important qui employait deux postillons, un conducteur de diligence, trois palefreniers, un garçon maréchal, un commis surveillant et un domestique.

Lors de sa mise en vente en 1856, le relais de poste est décrit comme « une grande propriété sise à Écouen, sur le passage de la grande route de Paris à Amiens au centre du village et connue sous le nom de Poste aux chevaux d'Ecouen, consistant en divers bâtiments d'habitation, écuries, remises, hangars, greniers, grange, toit à porcs, cabanes à lapins, lieux d'aisance, cour pavée et terrain au milieu de ces bâtiments, un puits avec corps de pompe, une auge en pierre ».

Les bâtiments ont ensuite été convertis en ferme. Ils accueillent aujourd'hui des logements et des locaux d'activité. Le souvenir du relais de poste est matérialisé par le panneau en fonte apposé sur la façade de l’autre côté de la rue, proposant aux voyageurs des « chevaux de renfort » pour monter la pente.

Période(s) Principale : 18e siècle , (?)
Principale : 1ère moitié 19e siècle

L'ancien relais de poste se compose de plusieurs corps de bâtiments répartis autour d'une grande cour, ouvrant sur la rue du Maréchal-Leclerc par un passage couvert. Cette disposition générale était déjà présente sur le plan cadastral "napoléonien" (vers 1827) même si quelques annexes sont plus tardives. En revanche, l'ensemble des enduits a été totalement refait lors de la rénovation générale du début du XXIe siècle, lorsque l'édifice a été reconverti en zone d'activités.

La façade sur rue est constituée par un corps de logis en moellons de calcaire enduits, comprenant un étage-carré et un étage de comble, couvert en tuile (tuile plate côté cour, tuile mécanique côté rue). Si ce logis peut remonter au XVIIIe siècle, son élévation a toutefois reprise au XIXe siècle. A cette époque, elle portait un beau décor sur enduit, visible sur une carte postale prise vers 1900, avec notamment un balcon en fonte aujourd'hui disparu.

A l'arrière de ce corps sur rue se trouve une grande cour (parcelle 376) qui dessert plusieurs bâtiments.

Du côté nord (à gauche en entrant), on trouve, de l'ouest vers l'est : une sorte de petit pavillon à un étage, avec des fenêtres cintrées sur le mur oriental (parcelle 374), puis plus à l'est, en décrochement, un bâtiment à 1 étage+comble, couvert de tuiles mécaniques, présentant deux belles lucarnes (également sur la parcelle 374), et dans le prolongement de ce bâtiment, un autre de même gabarit mais sans lucarne, et plus récent (parcelle 372).

Du côté sud s'élèvent aussi trois bâtiments. Le premier est un logis secondaire appartenant à la parcelle voisine (18 rue du Général Leclerc). Plus à l'est se trouvent deux autres bâtiments, sur la parcelle 373 : l'un de petite taille, en rez-de-chaussée, l'autre beaucoup plus imposant, à un étage, percé de fenêtres cintrées. Ce dernier bâtiment, qui paraît remonter au XVIIIe siècle, a pu servir d'écurie.

Enfin, sur le côté oriental de la cour (parcelle 375) s'élève un immeuble contemporain, qui a remplacé un édifice ancien présent sur le cadastre "napoléonien".

Murs calcaire moellon enduit
Toit tuile plate
Étages 1 étage carré, étage de comble
Couvrements
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
Techniques
Statut de la propriété propriété privée
Protections

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Val d'Oise, 2E4 282 : Vente aux enchères de l'ancien relais de poste (avec plan des bâtiments). 20 février 1856.

Bibliographie
  • MARCHAND, Patrick. Le Maître de poste et le messager. Les transports publics en France au temps des chevaux. Paris, Belin, 2006.

    p. 103
  • AUSSEUR-DOLLEANS, Chantal, CREPIN-LEBLOND, Thierry et FÖRSTEL, Judith (avec la collaboration de : Christian Dauchel, Fanny Gosselin, Rémy Guadagnin). Ecouen. Un balcon sur la plaine de France. Collection Patrimoines d’Île-de-France. Lyon : éditions Lieux Dits, 2018. Photographies : Jean-Bernard Vialles, avec la collaboration de Laurent Kruszyk ; plan : Diane Bétored.

    p. 47-50, p. 52-53.

Liens web

(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Förstel Judith
Judith Förstel

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.


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- Ausseur-Dolléans Chantal
Chantal Ausseur-Dolléans

Architecte-urbaniste au CAUE du Val d'Oise.


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