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maison avec commerce, 22 rue Georges Joyeux

Dossier IA95000444 réalisé en 2018

Fiche

Cet édifice du XIXe siècle, dont le rez-de-chaussée est à usage commercial, est un témoin de la vie du bourg d'Ecouen : il a servi de boulangerie, d'épicerie, de café.

Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonEcouen
AdresseCommune : Écouen
Adresse : 22 rue
Georges Joyeux
Cadastre : 2014 AI 71

Déjà présent au sol sur le cadastre "napoléonien", l'édifice a cependant été très remanié depuis. Au début du XIXe siècle, il appartenait à la famille Bertin : Louis Joseph Bertin, cultivateur à Ecouen, puis son fils Ambroise Nicolas, juge de paix à Ecouen. En 1829, ce dernier vendit la propriété au baron Antheaume de Surval. C'était alors une ferme, comme en témoigne le plan d'alignement de la voie de grande communication n°40 dressé en 1842-1843 et conservé aux archives municipales. En 1844, elle fut acquise par Aimé Désiré Mascret et Arthémise Pourbet son épouse, qui la léguèrent à leur fille, mariée au marchand boulanger Henri Ferdinand Boby.

C'est sans doute à cette époque (3e quart du XIXe siècle) que remonte le bâtiment d'angle qui comporte encore une lucarne à la capucine, aménagement très fréquent dans les boulangeries (on y fixait une poulie pour faire rentrer au grenier les sacs de farine).

En 1872, M. et Mme Boby cédèrent l'immeuble à Eugène Edmond Lavigne et son épouse, négociants. Vers 1900, la devanture portait le nom de "Lavigne" au-dessus de l'entrée, sur le pan coupé de la façade, d'après une carte postale représentant la place du Ponceau. Les inscriptions encore visibles sur l'enduit de façade à l'étage ("Epiceries" à gauche, "Commission" à droite) se rapportent à cette activité. En 1895, Mme Lavigne est signalée comme "veuve" dans la matrice cadastrale, elle devient alors propriétaire d'une maison rue Jean-Hérard. On peut donc supposer que le décor conservé sur l'étage de ce bâtiment a été réalisé entre 1872 et 1895.

La devanture ancienne du rez-de-chaussée, en revanche, n'a pas été conservée ; elle a été remplacée dans les années 1960, pour abriter un bar.

Le bâtiment de droite, quant à lui, est un peu plus récent que la partie en angle et peut dater du 4e quart du XIXe siècle, d'après son style.

Période(s)Principale : 19e siècle , (?)
Dates

L'édifice se trouve à l'angle des rues Auguste Schenck et Georges Joyeux. Il se compose de deux parties distinctes, réunies toutefois sur la même parcelle. L'une, plus ancienne, est en moellons enduits ; l'autre est en briques.

La partie ancienne présente une façade à pan coupé, avec une travée côté est (sur la rue Auguste Schenck), une travée centrale et deux travées côté nord (sur la rue Georges Joyeux). Elle ne possède qu'un étage, plus un niveau de combles dans lequel est percée une lucarne couverte, à croupe saillante. Le toit est couvert par des tuiles mécaniques.

Le rez-de-chaussée est à usage commercial. Il s'agit d'une vocation ancienne, comme l'attestent les cartes postales prises vers 1900, et elle s'est perpétuée jusqu'à nos jours, puisqu'il est actuellement occupé par un bar dont la devanture et le décor datent des années 1960. Au-dessus des fenêtres, des vestiges d'inscriptions anciennes indiquent notamment "Epiceries" et "Commission", traces du commerce précédent.

Cette partie de l'édifice a conservé des éléments de modénatures sur chacune de ses façades (frise, faux pilastres), ainsi que sa corniche moulurée. Certaines fenêtres possèdent toujours leur garde-corps en fer du XIXe siècle.

Dans le prolongement de ce bâtiment, à l'ouest, s'élève un autre corps de logis, long de quatre travées et haut d'un étage. Il présente un aspect beaucoup plus pittoresque, avec chaînages de briques bicolores, frise sous corniche ornée de motifs de couleurs, fenêtres surmontées d'un arc cintré et dotées de garde-corps en fer et de linteaux à décors de céramique. Trois entrées différentes ont été aménagées au rez-de-chaussée : porte piétonne, porte cochère et entrée de garage, cette dernière étant plus récente (aménagée à l'emplacement d'une ancienne fenêtre). La porte cochère est mise en valeur par son décor de briques bicolores reproduisant l'effet de claveaux, et par une corniche en saillie. Certaines des briques portent un cachet : "B" ou "GD".

Murscalcaire moellon enduit d'imitation
brique
Toittuile mécanique
Étages1 étage carré, étage de comble
Couvrements
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturescroupe
Typologiesmaison avec commerce
Techniquescéramique

Précision représentations

Les linteaux des fenêtres du bâtiment en briques sont ornés d'un décor de céramiques ornementales, produites en série, qui représentent une coquille entourée de joncs, une tête de faune entourée de pampres de vigne, ou une fleur de la Passion également encadrée par de la vigne.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Annexe 1 : vente de la propriété à M. et Mme Lavigne, 1872.

    7 septembre 1872. Vente par Henri Ferdinand Boby marchand boulanger et son épouse, à Eugène Edmond Lavigne négociant et son épouse, d’une maison à l’angle de la rue de l’Eglise et de la rue de la Beauvette, comprenant :

    - au rez-de-chaussée, cuisine et trois pièces à la suite

    - au 1er étage, 4 chambres dont deux avec cheminée et glace,

    - au-dessus, grenier et chambre lambrissée,

    - deux caves dessous,

    - grande cour.

    A droite dans cette cour : dessous de porte cochère et trois grandes pièces à la suite, grenier au-dessus ; à gauche, deux écuries et remises, grenier au-dessus, cabinet d’aisance ; caveau et écurie à la suite ; deux pièces au premier étage dont une à cheminée ; grande pièce lambrissée au-dessus.

    Droit aux eaux de la source se trouvant dans la propriété de M. Duru ; auge en pierre dans la cour pour recevoir ces eaux.

    Grand appentis en planche au fond de la cour.

    Tenant le tout, du nord ladite rue de l’Eglise (actuelle rue Georges Joyeux), du midi M. Latrée, du levant la rue de la Beauvette (actuelle rue Auguste Schenck) et du couchant MM. Veron et Deseny.

    Servitudes : le soupirail qui existe actuellement dans la laiterie et qui prend jour sur le jardin de la maison bourgeoise appartenant aujourd’hui à M. Latré continuera à subsister mais garni de barreaux de fer maillés. La fenêtre de la petite chambre au 1er qui donne sur le jardin de la maison bourgeoise, sera supprimée. Les deux lucarnes qui sont dans la grande chambre à blé et prennent vue sur le jardin seront également supprimées mais on peut y conserver des jours garnis de barreaux de fer. Les acquéreurs auront droit dans la proportion d’un tiers à l’eau de la source qui existe et à son réservoir à l’angle du jardin de la maison bourgeoise dans la partie supérieure au couchant, et les tuyaux de conduite qui existent actuellement de la dite fontaine jusqu’à la laiterie leur appartiendront.

    Propriété : Mme Boby en a hérité de Aimé Désiré Mascret et Arthémise Pourbet son épouse, ses père et mère qui l’avaient acheté pour 7000 francs à M. Hugues Achille Antheaume baron de Serval demeurant dans le Calvados, par contrat passé devant Lechat notaire à Villiers le Bel le 4 mai 1844. Le baron de Serval l’avait acquis avec d’autres biens de Ambroise Nicolas Bertin juge de paix du canton d’Ecouen et Mme Marie Charlotte Parent son épouse, demeurant ensemble à Ecouen, suivant contrat passé devant Antheaume à Ecouen le 25 avril 1829. Ledit Bertin tenait cette maison pour partie de son père Louis Joseph Bertin ; et le surplus : constructions et augmentations qu’il y avait faites.

    Source : Archives départementales du Val d'Oise, 2 E 4 / 340.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Val d'Oise, 2 E 4 / 340 : vente de la maison à M. et Mme Lavigne, négociants, 7 septembre 1872. Voir le contenu en "Annexe".

  • AD Val d'Oise, 3 P 260 : matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1911.

    Case 198 : maison en parcelle C 364 p. et 362, achetée en 1895 par la Veuve Lavigne, épicière à Ecouen.
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Förstel Judith
Judith Förstel

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.


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- Ausseur-Dolléans Chantal
Chantal Ausseur-Dolléans

Architecte-urbaniste au CAUE du Val d'Oise.


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