Dossier d’œuvre architecture IA91001131 | Réalisé par
  • inventaire topographique
Maison de villégiature, puis maison bourgeoise, actuellement médiathèque, 43 rue Langlois
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Stéphane Asseline, Région Île-de-France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Milly-la-Forêt
  • Commune Milly-la-Forêt
  • Adresse 43 rue Langlois
  • Cadastre 1815 C 699  ; 2025 AI 665
  • Dénominations
    maison
  • Appellations
    médiathèque

Cette demeure située à proximité de la halle du marché constitue une belle illustration de l’architecture bourgeoise du dernier quart du XIXe siècle. Maison de villégiature pendant une grande partie de la seconde moitié du XIXe siècle, elle abrite aujourd’hui la médiathèque communale.

Lors de l’établissement du premier plan cadastral de Milly en 1815, le jardin existant sur la parcelle C 699 appartient à une « bourgeoise »[1], Madame Maillard, veuve de Charles Louis Gabriel Maillard. Originaire de Courances et vivant à Milly, il est probable qu’elle réside dans la maison voisine située au 2 rue Saint-Jacques (C 890) qui lui appartient également, tout comme les parcelles se trouvant dans l’environnement immédiat du jardin (C 698 et C 700 notamment)[2].

Après plusieurs mutations[3], le jardin est acquis au milieu des années 1840 par un Parisien, Antoine Liber Jomeau[4]. Il fait édifier une maison au bord de la rue Langlois, dont la construction est vraisemblablement achevée en 1848[5]. Sur ce point les informations figurant sur la matrice cadastrale diffèrent de celles du registre de recensement des propriétés bâties : alors que ce premier document indique un achèvement des travaux en 1848 et une première imposition en 1851, la nouvelle construction est portée seulement en 1859 sur la matrice cadastrale[6]. Quoi qu’il en soit, cette demeure était la résidence de villégiature d’Antoine Jomeau et de sa femme Louise Élisabeth Bouard. C’est en effet ce qu’indique l’absence de leurs noms sur les registres des recensements de la population milliacoise[7]. En 1872, Antoine Liber Jomeau est d’ailleurs inhumé à Paris, à l’âge de 73 ans, avant que son corps soit finalement exhumé pour être enterré à Milly l’année suivante[8].

Louise Élisabeth Bouard hérite de la propriété[9]. Elle impulse une grande campagne de travaux entre 1882 et 1884[10]. C’est très probablement à ce moment-là qu’est édifié le jardin d’hiver adossé à la maison. À l’origine, comme le montre une carte postale ancienne[11], le mur bahut était orné de balustres et la verrière était composée d’une menuiserie métallique agrémentée d’un décor de rosettes et de volutes dans sa partie supérieure. La maison primitive à elle aussi été modifiée lors de cette campagne de travaux, au moins dans son apparence puisqu’elle a vraisemblablement été « rhabillée » à ce moment-là. Il est aussi très probable que le niveau de comble ait été remanié pendant ces travaux. Ses dispositions actuelles sont en effet très proches de celles du bâtiment des communs situé à l’ouest de la propriété (parcelle C 725), dont la construction est attestée en 1883.

La maison tout comme le chalet deviennent la propriété de Louis Jomeau dans la seconde moitié des années 1880[12], déjà en possession des communs depuis quelques années. La mention du couple Jomeau sur le registre du recensement de la population de 1886 suggère que Louis Jomeau et sa femme Marie Aurélie avaient établi leur résidence « habituelle » dans cette demeure[13]. Ce document précise d’ailleurs l’identité et la fonction des employés qui vivaient alors au sein de la propriété. Ainsi, le couple avait à son service un cocher, un jardinier, une cuisinière, une domestique et une femme de chambre.

La propriété demeure une résidence principale après sa vente au début des années 1900 puisque c’est un Milliacois qui l’acquiert[14].

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[1] La propriétaire est présentée ainsi dans le tableau indicatif ainsi que dans la matrice cadastrale.

[2] AD 91, 3 P 2906, Tableau indicatif, sections A à G, 1817.

[3] AD 91, 3 P 2910, Matrice des propriétés bâties et non bâties, 1822, folio 659. 

[4] Ibid., 3 P 2911, 1822, folio 1180.

[5] AD 91, 2 P 71, Recensement des propriétés bâties, 1835-1910. 

[6] AD 91, 3 P 2911, 1822, folio 1180.

[7] AD 91, 6 M 200, Recensements de population, 1861 ; 1872 ; 1881.

[8] AD 75, Paris, Cimetière du Montparnasse (Paris, France), Registres d'inhumation, 21/11/1872 - 23/12/1872.

[9] AD 91, 3 P 2914, Matrice des propriétés bâties,1882, case 253.

[10] AD 91, 2 P 71, 1835-1910. 

[11] Collection particulière, Carte postale ancienne intitulée « Un coin de Milly », montrant une partie des façades de la maison depuis le jardin, vers 1905.

[12] AD 91, 3 P 2914,1882, case 255. La mutation de propriété est portée sur la matrice en 1889.

[13] AD 91, 6 M 200, Recensement de la population, 1886.

[14] AD 91, 3 P 2914,1882, case 11.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source
    • Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1848, daté par source
    • 1884, daté par source

Cet édifice est aligné sur la rue Langlois mais l’entrée principale donne sur le Parc du Moustier adjacent[1].

Il adopte un plan en L et s’élève sur trois niveaux : un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble. L’entrée principale, située au nord-ouest, s’effectue par un escalier à cinq degrés aménagés dans l’angle des deux élévations antérieures. L’ensemble est coiffé d’un toit brisé. Une extension vitrée, couverte en appentis, est adossée à l’élévation est.

Les façades sont ordonnancées et entièrement enduites, à l’exception du soubassement en meulière rouge avec joints rocaillés, remplacé par un soubassement en ciment côté rue. Les travées – cinq sur la façade sud-est et quatre sur les façades sud-ouest et nord-ouest – sont rythmées, au rez-de-chaussée et au premier étage, par de larges fenêtres cintrées. Celles-ci sont couronnées d’une archivolte et encadrées par un chambranle mouluré dont les angles supérieurs sont ornés de crossettes. Chaque fenêtre est accompagnée d’un garde-corps en ferronnerie surmontée d’une lisse en bois. Les deux premiers niveaux sont séparés par un bandeau mouluré et se distinguent dans le traitement de leurs angles : chaînes d’angle à décor de bossage au niveau du rez-de-chaussée et à table moulurée au niveau de l’étage carré.

Le toit, en ardoise pour les brisis et en zinc pour les terrassons, surmonte un entablement constitué d’une architrave, d’une frise à denticules et d’une corniche à modillons. Les brisis des façades sur rue et arrière sont percés de trois lucarnes rectangulaires en bois coiffées de frontons cintrés, ainsi que de trois œils-de-bœuf en zinc ornés de volutes rentrantes (deux à l’arrière et un au nord-est). Trois souches de cheminées en briques rouges complètent l’ensemble. Enfin, la large verrière métallique de l’ancien jardin d’hiver est couverte en zinc.

La cave occupe toute la surface de la maison et présente donc comme elle un plan en L. L’escalier de communication avec le rez-de-chaussée est implanté au sud-ouest, alors que les trois volumes principaux se trouvent dans la partie est. Ceux-ci sont séparés les uns des autres par des murs de refend maçonnés percés d’un passage ou d’une porte sous arc en plein cintre. Ils sont tous trois couverts par une voûte en berceau continu.  

Le rez-de-chaussée de la demeure se distingue des autres niveaux (étage carré et étage de comble) par son état de conservation. Les sols encore d’origine présentent soit un parquet à lames droites, soit un parquet en points de Hongrie. Dans la partie est, la division initiale en deux pièces distinctes est encore lisible grâce à la conservation des corniches moulurées qui couronnent les élévations. Ainsi, la corniche de l’ancienne pièce nord-est est agrémentée d’un décor de denticules. Les moulures centrales des plafonds, où les motifs végétaux dominent, sont également toujours en place.

[1] La description de l’extérieur de l’édifice a été rédigée par Laura Giat (stagiaire).

  • Murs
    • grès moellon enduit
    • meulière
  • Toits
    ardoise, zinc en couverture
  • Plans
    plan régulier en L
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
  • Couvertures
    • toit à plusieurs pans brisés
  • Typologies
    maison bourgeoise
  • État de conservation
    bon état
  • Techniques
    • ferronnerie
  • Représentations
    • fronton
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Sites de protection
    zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager

Documents d'archives

  • AD 91, 3 P 2906, Tableau indicatif, sections A à G, 1817.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 3 P 2906
  • AD 91, 3 P 2910, Matrice des propriétés bâties et non bâties, folios 541 à 948, 1822.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 3 P 2910
  • AD 91, 3 P 2911, Matrice des propriétés bâties et non bâties, folios 949 à 1468, 1822.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 3 P 2911
  • AD 91, 3 P 2914, Matrice des propriétés bâties,1882.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 3 P 2914
  • AD 91, 6 M 199 à 202, Listes nominatives du recensement de la population, 1836 à 1936.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 6 M 199 à 202
  • AD 91, 2 P 71, Recensement des propriétés bâties, Bulletins de renseignements modèle 11 bis concernant les maisons et usines en construction ou en reconstruction, 1835-1910.

    Archives départementales de l'Essonne, Chamarande : 2 P 71
  • AD 75, Paris, Cimetière du Montparnasse (Paris, France), Registres d'inhumation, 21/11/1872 - 23/12/1872.

    Archives départementales de Paris
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel
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