Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

ville de Meaux

Dossier IA77000611 réalisé en 2008
Dénominations ville
Aire d'étude et canton Meaux
Adresse Commune : Meaux

La ville antique, "civitas" des Meldes, s'est développée dans le méandre de la Marne, qui était plus allongé qu'aujourd'hui : le cours de la rivière correspondait à l'actuel Brasset. De nombreux vestiges antiques ont donc été retrouvés dans le faubourg Saint-Faron. Un lieu de culte était d'autre part implanté de l'autre côté de la Marne, sur le site de La Bauve. A la fin de l'Antiquité, la ville s'est repliée au sein d'un "castrum" fortifié de superficie beaucoup plus réduite, dont une portion est toujours debout, le long du boulevard Jean-Rose. C'est au sein de ce "castrum" que se trouve la cathédrale Saint-Etienne. Au Moyen Âge, cette zone est désignée sous le nom de "Ville", par opposition au "Marché" sur l'autre rive de la Marne. A l'époque carolingienne, Meaux est le chef-lieu d'un comté. Au Xe siècle le comte de Meaux devient aussi comte de Troyes : c'est le noyau d'une importante principauté qui connaît un grand essor économique au XIIe siècle, avec les foires de Champagne. Meaux semble cependant rester à l'écart de ce réseau commercial, peut-être parce que le comte devant y partager le pouvoir avec l'évêque, ne souhaitait pas l'y inclure. Mais le "Marché" fait toutefois l'objet d'une importante campagne de fortifications sous Thibaut IV dans les années 1230. L'enceinte de la "Ville" est pour sa part agrandie entre le XIIIe et le XVe siècle. Meaux est durement touché par la guerre de Cent Ans, en 1358 puis en 1422-1439, mais connaît ensuite un nouvel essor à la fin du XVe et au début du XVIe siècle : achèvement de la cathédrale, reconstruction de l'église Saint-Christophe, de la chapelle Jean Rose... Foyer de protestantisme, la ville est à nouveau la proie de troubles importants dans la seconde moitié du XVIe siècle. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la paix revenue, les couvents se multiplient (Visitandines, Ursulines, Capucins, etc.) et l'habitat se renouvelle, avec notamment dans la "Ville", des hôtels particuliers et des maisons canoniales. Au XVIIIe et au XIXe siècle, les fortifications désormais inutiles sont peu à peu démantelées pour aménager des places (place Henri IV, place La Fayette) et des promenades. Au XIXe siècle, Meaux devient sous-préfecture du nouveau département de Seine-et-Marne et demeure siège épiscopal d'un diocèse agrandi. La ville bénéficie d'une augmentation régulière de sa population, qui entraîne l'extension des faubourgs. La construction bat son plein, aussi bien en matière d'habitat que de grands édifices : chapelles, temple, théâtre, écoles, hôtel de ville, hôpital... Sur le plan urbanistique, Meaux connaît aussi d'importantes transformations : des quais sont aménagés le long de la Marne, l'arrivée du chemin de fer, en 1849, coupe en deux le faubourg Saint-Faron et isole la partie nord du reste de la ville. La croissance démographique subit une brusque accélération à partir de la fin des années 1950, lorsque Meaux devient l'un des "trois M", avec Melun et Montereau, où l'on planifie la construction de grands ensembles destinés à désengorger vers l'est la région parisienne. Après un premier projet de Le Corbusier qui n'a pas vu le jour, les quartiers de Beauval et de la Pierre-Collinet sortent rapidement de terre sous la direction des architectes Lods et Ginsberg. Entre ces nouveaux quartiers et la ville ancienne est établie, dans les années 1980-90, l'esplanade de la Cité administrative. D'importantes opérations d'aménagement sont toujours en cours aujourd'hui, avec la destruction ou la résidentialisation des grands ensembles mais aussi le renouvellement du quartier du Marché (ZAC Luxembourg), la rénovation du centre-ville, etc.

Période(s) Principale : Antiquité
Principale : Moyen Age
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

La ville de Meaux se situe dans un territoire en cuvette, parcouru par la Marne. La ville s'étend de part et d'autre d'un méandre de la rivière, qui définit deux quartiers bien différenciés : au sud s'étend le "Marché", dont la fonction commerciale, attestée depuis le XIIIe siècle, est toujours matérialisée par les halles métalliques élevées au XIXe siècle. Au nord se trouve la "Ville", dominée par la cathédrale qui s'élève au sommet du coteau. Les deux quartiers ont longtemps été reliés par un seul pont, le "pont du Marché", jusqu'à la construction de trois nouveaux ponts routiers au XXe siècle : le pont Neuf, le pont Jean-Bureau et le pont Foch. Sur la rive droite, qui abrite la plus grande partie de la superficie habitée, se sont développés tout autour de la "Ville" plusieurs faubourgs : Saint-Rémy à l'ouest, Saint-Faron au nord, Saint-Nicolas à l'est. Le faubourg Saint-Rémy a été en grande partie englobé dans la "Ville" à la fin du Moyen Âge. Il a accueilli la gare au milieu du XIXe siècle. Le faubourg Saint-Faron, qui s'étend du rempart jusqu'au Brasset, est quant à lui resté beaucoup moins habité que la "Ville" jusqu'au XIXe siècle. En 1849, le tracé du chemin de fer l'a coupé en deux parties : au nord, la zone est restée peu urbanisée jusqu'au XXe siècle, avec les enclos de quelques grands établissements (hôpital, abattoirs, petit séminaire, couvent des carmélites) situés à l'écart de la ville. Une partie de ce secteur reste encore non construite, le long du Brasset. Au sud en revanche, le faubourg fait l'objet de nombreuses constructions d'immeubles et surtout de maisons durant tout le XIXe siècle, avec notamment l'aménagement d'un quartier résidentiel "bourgeois" autour du Brasset couvert, le long de la rue Gambetta et de l'avenue de la République, dans les années 1880-1910. Le troisième faubourg de Meaux, à l'est de la "Ville", est le faubourg Saint-Nicolas qui se développe le long de la rue éponyme, ancienne "route d'Allemagne". Ce secteur conserve une structure très particulière : derrière un front de rue bâti en continu, quoique selon un gabarit plus réduit en hauteur que dans la "Ville", s'étendent des jardins desservis par des sentes, qui aboutissent dans des cours communes. Au-delà de ce faubourg ancien s'étendent des secteurs pavillonnaires, le long de la route de Soissons et de la RN 3. Par ailleurs, à l'est se sont développés deux grands ensembles situés de part et d'autre du canal de l'Ourcq : la Pierre-Collinet et Beauval. Les barres et les tours de la Pierre Collinet ont aujourd'hui entièrement disparu. En revanche, Beauval a conservé une partie de ses tours. Beaucoup plus vaste, ce quartier était conçu en lien avec une zone industrielle qui s'étend de l'autre côté de la RN 3. La liaison entre ces grands ensembles et le centre-ville est assurée par le percement d'un grand axe routier, l'avenue Salvador-Allende. Le long de cette avenue est aménagé un nouveau centre administratif.

(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil général de Seine-et-Marne - Förstel Judith
Judith Förstel

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.