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Villa "Adeline"

Dossier IA95000458 réalisé en 2016

Fiche

Cette maison est l'un des témoins, malheureusement très transformé, de la villégiature du XVIIIe siècle et du XIXe siècle à Ecouen. Elle fut notamment la maison de campagne de l'actrice Adeline de 1787 à 1802, du chansonnier Pierre-Joseph Charrin qui y mourut en 1863, et du peintre Chialiva qui en fut propriétaire de 1874 à 1899.

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Ecouen
Adresse Commune : Écouen
Adresse : 5 rue Adeline
Cadastre : 2014 AD 310-312

Cette villa a été construite dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, un peu en dehors du bourg. Le 13 août 1787, elle est vendue par Charles Martin Doyen caissier du trésor royal, demeurant à Paris, à l'actrice Adeline, l'une des trois soeurs Riggieri-Rombocoli, filles de musiciens vénitiens ambulants venus à Paris, qui furent danseuses et actrices à la Comédie italienne (une autre des trois soeurs, Marie-Catherine, avait quant à elle, reçu en cadeau une somptueuse maison de plaisance dans le village voisin de Saint-Brice). L'acte de vente de 1787 décrit "une maison en forme de pavillon, ayant croisées sur les quatre faces, composée d’un rez-de-chaussée, de deux étages et chambres de domestiques au-dessus, le tout couvert d’ardoises", disposition encore lisible malgré les remaniements.

Adeline conserva cette maison jusqu'au 14 thermidor an X (2 août 1802), date à laquelle elle la revendit à Anne-Françoise de Becdelièvre, veuve de Jean-Louis Guillaume La Planche, comte de Ruillé. En 1816, elle fut achetée par le comte François Raymond Rivière de Narbonne-Pelet (par l'intermédiaire de Claude François Leleu). De 1840 à 1844, la maison fut habitée par Vincent Charles Damoreau, avant d'être acquise comme maison de campagne par le chansonnier Pierre Joseph Charrin, qui y décéda en 1863. Sa veuve la vendit en 1874 à Eugène Joseph Jean Louis Chialiva, artiste peintre, et Mme Elizabeth Corinne Beyac son épouse, demeurant ensemble à Paris. Chialiva fit aménager un atelier en rez-de-chaussée, au pied de la maison : cet atelier de 72 m² était relié à la salle à manger par une véranda, et ouvrait également sur une serre. La propriété a ensuite été achetée en 1899 par Charles Pierre Edmond Parly, négociant parisien, et son épouse.

Cette propriété présente donc une histoire tout à fait remarquable : avec la maison du 22 rue Paul Lorillon, elle témoigne du passé de villégiature "aux champs" qui est une des facettes de l'histoire d'Ecouen au XVIIIe siècle. Malheureusement, si les dispositions d'origine de cette maison de campagne sont encore en place, elle a subi d'importants travaux après la Seconde guerre mondiale, qui ont entraîné la transformation des façades. Parmi les modifications alors apportées à la maison figure un détail amusant : l'ajout d'un épi de faîtage en forme d'avion.

Période(s) Principale : 18e siècle , (?)
Dates

Cette maison de villégiature est de plan carré. Haute de deux étages, elle a un toit en pavillon. Ce toit est aujourd'hui couvert d'ardoises synthétiques, mais une description du XVIIIe siècle montre qu'il était à l'origine couvert d'ardoises. Cette maison présentait à l'origine un décor intéressant mais il a en grande partie disparu à l'occasion des ravalements, sauf au niveau de la toiture où il reste une girouette en forme d'avion et les oeils de boeuf des combles.

La maison a conservé un beau parc, avec des arbres remarquables. Elle est accompagnée d'autres bâtiments : un logis sur la rue Adeline, à droite, et des communs à l'arrière. La propriété présente deux accès, dont l'un a gardé ses chasse-roues.

Murs calcaire moellon enduit
Toit matériau synthétique en couverture
Étages 2 étages carrés, étage de comble
Couvrements
Couvertures toit en pavillon
Typologies maison de villégiature
Techniques
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • AN, MC/ET/LV/80 : Vente de la maison et de son jardin à Adeline, par Charles Martin Doyen, caissier du trésor royal, demeurant à Paris. 13 août 1787.

  • ADVO, 2 E 4 / 479. Vente à M. et Mme Parly, par Eugène Joseph Jean Louis Chialiva, artiste peintre, et Mme Elizabeth Corinne Beyac son épouse, demeurant ensemble à Paris, 48 rue de Douai, d’une maison de campagne située à Ecouen, rue Adeline. 23 juillet 1899.

Bibliographie
  • AUSSEUR-DOLLEANS, Chantal, CREPIN-LEBLOND, Thierry et FÖRSTEL, Judith (avec la collaboration de : Christian Dauchel, Fanny Gosselin, Rémy Guadagnin). Ecouen. Un balcon sur la plaine de France. Collection Patrimoines d’Île-de-France. Lyon : éditions Lieux Dits, 2018. Photographies : Jean-Bernard Vialles, avec la collaboration de Laurent Kruszyk ; plan : Diane Bétored.

    p. 57, 71, 73, 92
  • DAUCHEL, Christian. Adeline, la première « cocotte ». Écouen : Morrigane éditions, 2015.

    p. 59-61, p. 87, p. 94.
  • OUDIETTE, Charles. Dictionnaire topographique des environs de Paris, jusqu'à 20 lieues a la ronde de cette capitale... Paris : J.-L. Chanson, 1821.

    p. 224
  • BADUEL Daniel, BERTRAND Aude et DAUCHEL Christian. L'Ecole d'Ecouen, une colonie de peintres au XIXe siècle. Ecouen : Office de tourisme, 2012.

    p. 41
  • KNOX, Thomas Wallace. The boy travellers in central Europe. Adventures of two youths in a journey through France, Switzerland, and Austria, with excursions among the Alps of Switzerland and the Tyrol. New-York : Harper, 1893.

    p. 161-162
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Förstel Judith
Judith Förstel

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.


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